Nécromancie

Auteur : Ivivian

 

La nécromancie, en latin necromantia, en grec νεκρομαντία, désigne l’interrogation, dans un but de divination, des personnes décédées qui survivent et communiquent avec les vivants.

 

Le nécromancien obtiendrait des pouvoirs sur la vie et la mort, dans le sens le plus large. Initialement, il s'agit uniquement de divination, mais, dans la culture populaire, le terme s'est adapté et le nécromancien se verrait aussi capable de causer la mort comme d'animer un cadavre sans pour autant lui redonner vie.

 

 

Le mot nécromancie vient du grec νεκρός signifiant : mort et μαντεία ayant sens de : divination. Une signification subsidiaire se remarque dans une forme alternative et archaïque du mot, nigromancie, venant d’une étymologie populaire fondée sur le latin niger, noir, où on acquiert la force magique de « pouvoirs ténébreux » en se servant de cadavres. Issu également du latin necromantia, issu du grec ancien νεκρομαντεία, nekromanteía, la divination par les morts.

 

 

La nécromancie se propose à l'origine notamment dans la culture grecque de donner les clés de l'avenir par l'interrogation des morts. Par extension, il est arrivé que la nécromancie soit en relation avec le chamanisme, qui fait appel des esprits comme les fantômes des ancêtres, alors que la personne usant de nécromancie joue sur la vitalité de ses victimes, se servant des cadavres comme d'esclaves.

 

Ce genre de magicien peut tout à fait réanimer une personne morte depuis quelques heures, qui pourrait ainsi, parler, manger, boire selon sa volonté mais ne serait qu'une « coquille » vide, incapable d'agir par elle-même.

 

On a entendu parler de nécromanciens qui, ne voulant, sans doute, pas gâcher aucune gouttelette de pouvoir, se servaient également de la magie du sang pour connaître des parcelles de la vie de la victime, voire faire appel à l'âme de sa victime, qui asservie serait obligée d'obéir selon ses capacités . Il est apparemment bien plus facile à un nécromancien d'animer un squelette, qu'un cadavre en pleine forme.

 

 

La nécromancie à travers les cultures et les civilisations

 

L’historien Strabon rapporte que la nécromancie était la forme la plus importante de la divination chez les peuples de Perse ; et on croit qu’elle a été aussi répandue parmi les peuples de Chaldée ; en particulier parmi les Sabéens ou les adorateurs des étoiles, d’Étrurie et de Babylonie. Les nécromanciens de Babylone eux-mêmes portaient le nom de Manzazuu ou de Sha’etemmu et les esprits qu’ils invoquaient, celui d’Etemmu.

 

 

Dans l’Odyssée, Ulysse fait un voyage chez Hadès, dans le monde souterrain, et il invoque les esprits des morts en utilisant des formules qu’il avait apprises de Circé. Son intention était d’invoquer l’ombre de Tirésias, mais il se voit incapable de le faire sans l’aide d’autres esprits.

 

 

Un épisode des Métamorphoses d’Apulée raconte comment Zatchlas, un prêtre égyptien, ramena à la vie un mort.

 

 

La Bible contient aussi de nombreuses références à la nécromancie et met explicitement les Israélites en garde contre la pratique cananéenne de la divination par les morts. Quelques exceptions montrent qu'on ne tenait pas toujours compte de cet avertissement : le Roi Saül par exemple demande à la sorcière d'Endor d’invoquer l’ombre de Samuel mais cette transgression est le fait d’un homme abandonné par Dieu.

 

 

Deutéronome 18:10-12 :

 

« Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien, d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Éternel ; et c’est à cause de ces abominations que l’Éternel, ton Dieu, va chasser ces nations devant toi ».

 

 

Galates 5:19-21 :

 

« Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Je vous dis d’avance, comme je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le royaume de Dieu ».

 

 

Apocalypse [Révélation] 21:8 :

 

« Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort ».

 

 

La mythologie nordique montre aussi des exemples de nécromancie, comme la scène du Völuspá où Odin fait revenir des morts une voyante pour qu’elle lui dise l’avenir. Dans le Grogaldr, la première partie du Svipdagsmál, le héros Svipdag appelle d’entre les morts sa mère Groa, pour qu’elle prononce sur lui certaines formules.

 

 

Même au sein de l'aristocratie franque, si l'on en croit les textes de la Congrégation de Saint-Maur, cet art divinatoire était utilisé par le duc Boson par exemple.

 

 

Au XVIIe siècle le rosicrucien Robert Fludd décrit la nécromancie gothique (magie noire) comme : 

 

« Un commerce diabolique avec des esprits impurs, à travers des rites emplis de curiosité criminelle, des chansons et des invocations sacrilèges et l’évocation des âmes des morts ».

 

 

La nécromancie peut aussi se présenter comme sciomancie, une branche de la magie théurgique.

 

 

La nécromancie est abondamment pratiquée dans le vaudou.

 

La nécromancie est donc un art divinatoire utilisant les morts. C'est peut-être par simple curiosité que les hommes préhistoriques éprouvèrent le besoin d'évoquer leurs morts au moyen de la nécromancie au cours de rituels mystérieux. Dans l'Antiquité, on tirait des oracles de l'inspection des cadavres encore chauds. C'est une branche de la nécromancie qui se nomme anthropomancie. Elle consiste à lire l’avenir dans les entrailles d’un cadavre qui peut être animal mais plus souvent issu d'un sacrifice humain ou d'un ennemi mort à la bataille. C’est une divination qui se base sur le postulat que la terreur, entrant dans son paroxysme quand quelqu'un est sur le point de mourir, confère a ses organes un pouvoir de divination. Mais ce pouvoir est limité car il ne permet que la lecture de l'avenir immédiat. Il était donc de coutume chez les anciens grecs de demander l'avenir à son ennemi agonisant avant de lui asséner le coup de grâce.

 

La technique de nécromancie chaldéenne

 

Les Syriens, plus exactement les Chaldéens, et les Hébreux furent également de grands nécromanciens. Leurs pratiques consistaient à arroser de sang encore chaud un cadavre avant de l'interroger. Ce dernier allait leur révéler des réponses concernant l'avenir. Il ne faut pas s'imaginer qu'il s'agissait d'un interrogatoire à la manière d'une garde à vue.

 

Les cérémonies étaient très codifiées et il fallait connaitre des formules dans l'ancienne langue Hébraïque ou Babylonienne. Ces formules se sont perdues et même si on en retrouvait les textes il nous manquerait l'intonation qui est primordiale. N'allez donc pas vous imaginer que vous pourrez de cette façon découvrir par avance les numéros du prochain tirage du loto.

 

La sciomancie des rois d'Israël

 

Les rois d’Israël se livraient également à la nécromancie. La preuve en est que c'est mentionné dans la Bible dans le passage qui relate la pythonisse d’Endor évoquant l’ombre de Samuel. Il s'agit là d'une autre forme de nécromancie qu'on appelle sciomancie. Elle consiste à prédire l'avenir à travers l'ombre des morts. Isaïe dit que les âmes manifestent leur présence par :

 

« Un léger murmure et par des mots prononcés à voix basse ».

 

Les pratiques nécromantiques du Moyen-Âge

 

On ne sait que peu de choses sur ce qui était pratiqué au Moyen-Âge car il n'y a que très peu de témoignages et d'écrits. On sait par contre que les sorciers existaient bel et bien, donc nul doute que certains d'entre eux étaient des nécromants.

 

Il semblerait que les pratiques de ces siècles ponctués par les grandes invasions barbares et les guerres intestines héritèrent des coutumes nordiques et de celles des peuples venant de l'Est. Nous voulons parler des Normands, des Celtes, des Huns, des Vandales et des peuples germaniques. Les méthodes à la mode consistaient plus à utiliser les ossements des morts et non leur chair et leur sang.

 

La Renaissance et le renouveau de la nécromancie

C'est au cours de la Renaissance que la nécromancie connue ses beaux jours en Europe avec l'explosion des Messes Noires. Certains grands noms de l'histoire ont trempé dans de sordides révélations qui firent scandale. On peut citer Charles IX, Henri III, Catherine de Médicis et Jacques VI d’Écosse. Ils avaient tous des sorciers attitrés qui pratiquaient d'infâmes rituels sataniques. Les plus connus sont associés à Catherine de Médicis. On raconte que les nécromanciens sacrifiaient un jeune enfant en lui tordant le cou. Puis ils lui coupaient la tête et recueillaient son sang. La tête était embaumée et salée, puis placée sur un autel recouvert d'une plaque d'or sur laquelle était gravée le nom d'une entité démoniaque. Elle allait servir à tirer les oracles. Le sang recueillit était destiné à un autre usage.

 

Ces cérémonies de messe noire se pratiquaient dans une solennité religieuse presque scientifique, sans aucune émotion ni sentiment. Les opérateurs se contentaient de suivre un certain protocole sans faire preuve d'aucune perversité ni haine. Pour ces sorciers noirs, la dissection d'un corps humain fraichement sacrifié était quelque chose d'aussi naturelle que pour un chirurgien pratiquant de nos jours une opération pour sauver une vie.

 

Ce n'est que plus tard qu'apparurent de nouvelles pratiques découlant des Messes Noires et de la nécromancie de la Renaissance. Au XIX° siècle explosèrent différentes sectes et courants de pensées tels que la Thelema et l'ésotérisme sexuel. Des savants étudièrent la démonologie alors que des adeptes de différents mouvements avaient des penchants pour le tantrisme ou le sadisme pouvant conduire au sacrifice sexuel. Des perversions en tout genre virent le jour en s'éloignant considérablement de la pure nécromancie qui avait comme seul but la prédiction de faits plus ou moins proches.

 

Le miroir noir

Attention !

Certaines personnes peuvent avoir des cauchemars ou des migraines avec cette pratique. Les yeux ne seront pas focalisés, en essayant de se verrouiller sur un objet réel dans les profondeurs du miroir.

 

Utiliser le miroir obscur

 

Pour commencer il vous faut le fabriquer. Vous aurez besoin :

  • Un cadre avec son verre
  • De la peinture noire
  • Un pinceau ou un rouleau à peinture

 

Le verre doit être méticuleusement nettoyé et sec.

 

Appliquez une couche de peinture noire et laissez la sécher.

 

Continuez à appliquer de nouvelles couches sur les couches plus anciennes jusqu'à ce que le verre soit complètement noir.

 

Cela prend beaucoup de temps car il faut attendre que chaque couche soit vraiment sèche, donc patience.

 

Une fois complètement peint et sec, remettez le verre dans le cadre.

 

Vous pouvez maintenant l'utiliser pour le spiritisme ou chercher à communiquer avec les esprits.

 

Il suffit de faire le vide dans votre esprit et de penser à l'esprit que vous souhaitez contacter.

 

Regardez profondément dans le miroir, dans les profondeurs noires. Lentement une image doit apparaître. Beaucoup de gens n'aiment pas cette pratique. Ils sentent que le miroir, comme une planche de ouija, peut devenir un portail vers l'au-delà et vers les profondeurs des Enfers.

 

Bien que je suppose que cela puisse réellement arriver, vous devez le vouloir et réaliser divers rituels.

 

D'autres craignent le miroir parce que de nombreuses images qui apparaissent n'ont rien à voir avec ce que la personne veut obtenir. Tout comme la planche ouija, soit votre esprit fournit les réponses ou les images, de manière inconsciente, soit c'est réellement un esprit.

 

Il arrive que des objets espérés ou au contraire non désirés semblent apparaître. On ressent parfois une étrange présence derrière soi, mais encore une fois, cela pourrait être de l'énergie.

 

Le diable aurait inventé les miroirs

 

Selon certaines légendes, c'est le diable qui aurait inventé les miroirs pour capturer les âmes des défunts. De cette croyance en est resté un rite : autrefois, lorsqu'une personne venait à mourir, il était de coutume de recouvrir tous les miroirs d'un voile noir pour éviter que son âme ne se retrouve emprisonnée. Ensuite, aucun miroir ne devait être accroché dans la pièce où la personne était décédée durant les 16 mois qui suivaient sa mort.

 

La superstition la plus courante veut que celui qui casse un miroir ait à subir sept ans de malheur. Cette superstition nous viendrait directement des romains qui croyaient que les miroirs volaient un peu de l'âme de ceux qui s'y contemplaient. Si le miroir était cassé, alors l'âme du malheureux s'en trouvait brisée elle aussi. Ils pensaient que l'âme humaine évoluait et se régénérait tous les sept ans, c'était donc la date limite pour cette malédiction. Passé sept ans on était certain d'avoir retrouvé une âme neuve.

Ces disparus si présents

 

Deux millénaires de syncrétisme chrétien, en vain, ceci n'est pas sans nous rappeler les croyances antiques, qu'elles soient grecques ou romaines, concernant les hordes de revenants insatiables venant terroriser les vivants et les malmener férocement, à la manière des draugrs de la mythologie nordique.

 

L'étonnante fête des morts mexicaine résume deux mille ans de volonté syncrétique chrétienne qui n'ont pourtant pas réussi à éradiquer les rituels païens en rapport avec la mort. Au Mexique, les croyances ancestrales des Aztèques côtoient les dogmes du christianisme. En effet, les manifestations s'étalent du 31 octobre au 2 novembre et demeurent très festives. Ces réjouissances se déroulent en deux volets dont le premier est consacré aux enfants décédés. Le second s'intéresse aux adultes qui ont trépassé et se termine par une séance d'offrandes (nourriture et fleurs) sur leurs tombes. Ces présents ne sont pas sans rappeler les offrandes et les sacrifices de l'Antiquité à leurs divinités.

 

Les hommages rendus aux morts étaient autrefois également très festifs en Europe. C'était avant que le christianisme ne jette son dévolu sur toutes les fêtes païennes et avant qu'il n'impose la purification de la fin du XVI° siècle. Dans les Flandres il était courant de croquer la tête du mort lors de banquets funéraires festoyants. Après avoir sonné les cloches toute la nuit du 1° au 2 novembre, les jeunes hommes célibataires conduisaient une cérémonie d'apaisement des défunts avant tout destinée à les empêcher de revenir.

 

En Europe, on banquette sur les tombes des proches

 

La mort est un rite de passage fondamental pour les survivants explique l'ethnologue Arnold Van Gennep.

 

En comparaison aux actuelles offrandes de nourriture pratiquées au Mexique, l'Europe du passé avait coutume d'organiser des banquets sur les pierres tombales de ses proches. C'était de véritables rituels d'agrégation entre les vivants et les morts. De cette façon, ces derniers continuaient d'appartenir à la communauté, ce qui était pourtant contraire aux prescriptions de l'Église établie qui insistait lourdement sur leur totale disparition. Le clergé du Moyen-Âge a donc échoué à éliminer les croyances païennes qui voulaient que les morts continuent à vivre parmi les vifs. Ces croyances étaient à la fois partagées par le peuple et par les élites. L’Église s'était pourtant doté d'une belle mécanique avec ses doctrines du XII° au XIV° siècle qui fournissaient des explications rationnelles et plausibles au sujet du devenir des âmes des trépassés :

  • L'enfer
  • L'existence du purgatoire
  • Le paradis

L'invention du purgatoire servait à l'endoctrinement des survivants. Les âmes des défunts y attendaient comme dans une salle d'attente que leur descendance rachète leurs péchés. Après seulement, ils pourraient gagner leur place au paradis des âmes. Ainsi, si les âmes des justes attendaient au purgatoire, les revenants ne pouvaient venir que d'un seul endroit : l'enfer. C'était donc forcément des envoyés du Diable.

 

La Réforme de l'Église

 

La supercherie fut vite démasquée car le clergé profitait du contrôle qu'il opérait sur les récits de revenants et de fantômes pour pousser la population à faire des dons à l'Église contre des rachats de péchés et l'absolution. Ce fut un scandale dénoncé particulièrement par Martin Luther. Selon lui, le salut de l'âme est un libre don de Dieu, reçu par la repentance sincère et la foi authentique en Jésus-Christ comme le Messie, sans intercession possible de l'Église. C'est le début du protestantisme.

 

La Réforme catholique qui s'ensuivit dura dix-huit ans. C'est le 13 décembre 1545 que débute le Concile de Trente. Il se termine le 4 décembre 1563, après vingt-cinq sessions. L’Église finit par distinguer de façon très manichéenne le Bien du Mal, le Paradis de l'Enfer. Dieu est dépeint comme une entité vengeresse qui punit les hommes de leurs péchés. Les hommes doivent durement lutter pour ne pas être séduits par le Diable et pour sauver leur âme. Dans cette optique, le démon prend une grande importance, plus concrète. Il est supposé s'attacher aux pas de sa proie humaine du berceau jusqu'à la tombe. Les démonologues chasseurs de sorcières, Bodin, del Rio, de Lancre et beaucoup d'autres, décrivent son effrayant royaume.

 

En conclusion

 

L'Église n'a pas réussi à éradiquer les croyances populaires malgré différentes inventions manipulatrices. Les morts sont biens présents autour de nous et les vivants continuent d'organiser des fêtes en leur honneur. Ces rites s'apparentent parfois aux offrandes faites aux Dieux Antiques. Ils sont souvent festifs et joyeux. Mais ceci n'empêche pas les esprits, parfois, de revenir. Et même ça, l'Église n'a pas pu l'empêcher.