Épiphanie

Auteur : Belfégor

 

En ce premier dimanche de janvier, je me devais de vous faire une chronique sur l'épiphanie. Une des choses qui m’agasse le plus, outre la reprise commerciale (comme pour la Samhain devenue Halloween), est cette récupération religieuse de célébrations purement païenne et bien ancestrale à la naissance d’un certain Jésus.

Il y a encore quelques années l'épiphanie était à date fixe et n’avait lieu qu’une seule fois l’an ! Mais la corporation des Boulangers-Pâtissiers s’est plainte. L'épiphanie tombait trop près des fêtes de fin d’année (Noël et Nouvel An) et elle prétextait que leurs membres (les boulangers) étaient trop « fatigués » pour devoir assurer 3 semaines d’affilées de telles préparations (Buches de Noël, puis gâteaux de la nouvelle année, et enfin galette). De plus cela tombait trop près des soldes d’hiver, et les clients n’étaient plus assez au rendez-vous !

 

Soit ! Il est vrai que maintenant ils doivent faire des galettes de la mi-novembre à la fin février (moins de travail ! Ha si puisqu’elles sont industrielles) et retrouvent largement le produit financier de leurs pseudo investissement …

 

Ceci pour l’aspect commercial !

 

Coté récupération religieuse c’est plus abject !

 

La notion d'épiphanie s'est retrouvée tour à tour dans la fête de la lumière sous l'antiquité, dans les fêtes romaines ceci bien avant d'être sécularisée dans les fêtes chrétiennes. Par sa forme ronde et sa couleur dorée, la galette des rois, partagée à l’Épiphanie, symbolise le soleil. Hé oui … L’on est bien dans le paganisme, la symbolique du culte de Mithra !

 

Mithra ou Mithras est originellement un dieu indo-iranien, fils d'Anahita. Son culte connut un important développement dans la Rome antique aux IIe et IIIe siècles de notre ère.

 

Plusieurs documents hittites attestent son existence dès le IIe millénaire avant l’ère commune. Il fait l'objet, dans la Perse antique, d'un culte important qui commence à être un peu mieux connu. Les travaux de Georges Dumézil ont montré que les dieux Mitra et Varuna (Contrat et Serment) forment un couple dans le panthéon indo-iranien. Ils sont les représentants de la fonction souveraine et à Mitra-Contrat revient la souveraineté juridique, Varuna disposant de la souveraineté magique. Tous deux ont pour fonction de veiller sur la vérité et sur le cours du monde.

 

Une révolution religieuse dont la date n'est pas connue a eu lieu en Iran et a transformé en démons certains dieux. Mitra devient alors le yazata, signifiant dieu Mithra et Varuna devient le Seigneur Sage, Ahura Mazda, le dieu suprême du mazdéisme. Une seconde réforme religieuse, celle de Zarathustra survenue au cours du Ier millénaire d’avant Christ, a orienté la religion mazdéenne vers le monothéisme au bénéfice d'Ahura Mazda entouré d'un certain nombre d'entités comme Mitra Bonne pensée, ce dernier n'étant plus attesté que par quelques formules.

 

Le mithraïsme se développe à Rome probablement à partir de la seconde moitié du Ier siècle de notre ère, sans qu'on connaisse exactement les conditions de son introduction dans l'empire. Selon l'historien Plutarque et des historiens modernes valident cette thèse, il serait arrivé en Italie à l'occasion des expéditions de Pompée en Orient contre Mithridate, et contre les pirates de Cilicie.

 

Mithra était particulièrement populaire dans les armées, essentiellement chez les soldats et les centurions, bien que quelques légats aient comptés parmi ses dévots. Beaucoup d'esclaves et d'affranchis faisaient également partie de ses fidèles. Sénateurs et chevaliers semblent par contre avoir été assez réservés à son endroit ; cependant, dans un temple de Mithra à Rome, des inscriptions datant du IIe siècle nomment deux supérieurs de la communauté mithriaque, tous deux chevaliers. Les femmes étaient probablement exclues de son culte. Celui-ci s'est principalement répandu en Italie, en Grande Bretagne et sur les rives du Rhin et du Danube. Dès la diffusion du christianisme, le culte de Mithra apparaît comme un concurrent majeur aux yeux des auteurs chrétiens et comme une cible privilégiée dans les textes polémiques et quand l'empire adopte officiellement le christianisme, il fait l'objet de persécutions à la fin du IVe siècle.

 

On possède peu d'éléments sur le contenu du mithraïsme et les valeurs qu'il véhiculait. À l'heure actuelle, on estime que les notions d'amitié et de loyauté étaient primordiales. Seules deux scènes de la geste de Mithra sont actuellement bien connues et identifiées : sa naissance et la tauroctonie.

 

La tauroctonie est sans conteste la scène la plus représentée dans les sanctuaires du dieu, qu'il s'agisse de sculptures, de bas-reliefs ou de fresques. Il semble qu'après avoir chassé le taureau, Mithra l'ait rattrapé et tué. Le sacrifice du taureau serait à l'origine de la vie, le sang de l'animal fertilisant la terre.

 

Le mithraïsme est un culte à mystères. Le fidèle devait subir une initiation pour être pleinement accepté parmi les plus fervents fidèles. Ce type de culte, contrairement à ce que l'on a longtemps cru, n'est pas d'origine orientale ; mais grecque. Les initiés portaient chacun un grade bien précis : corbeau (corax), fiancé ou jeune marié (nymphus), soldat (miles), lion (leo), Perse (Perses), Héliodrome (Heliodromus) et Père (pater).

 

Epiphanie, à l'origine, une fête de la Lumière, puisque dans l'antiquité et à l'origine, l'épiphanie tire son fond et son sens des célébrations païennes de la lumière, comme l'indique l'étymologie du mot, le neutre substantivé de l'adjectif grec epiphanios, de epiphanês signifiant : illustre, éclatant, de épi- ayant sens de substentif : sur et phainein pouvant se traduire par : briller.

 

Dans le calendrier solaire, avant de s'inscrire dans le prolongement chrétien de Noël, l'Épiphanie s'inscrit dans le cycle qui commence au solstice d'hiver, se plaçant vers le 20 décembre. Cette nuit du solstice ; la plus longue de l'année ; annonce le rallongement des jours et, par extension, la renaissance de la lumière censée être à l'origine de toutes choses, notamment dans le calendrier agricole. On célèbre alors l'Épiphanie, la manifestation de la Lumière. Elle marquait, ce que les anciens par le douzième jour de la Yule.

 

Les Épiphanes sont, dans la culture grecque, les douze divinités de l'Olympe apparues aux hommes, avec en premier lieu, Zeus, le dieu de la Justice céleste. Il est à noter également que c'est ce jour ; en tout cas son équivalent, car le calendrier julien alors en vigueur diffère du nôtre ; qu'avait lieu dans la Rome antique la fête des douze dieux épiphanes ; autrement dit les douze Olympiens ; plus tard les douze jours de Yule.

 

La notion d'épiphanie a par exemple été retrouvée sur des pièces de monnaie du second siècle avant notre ère. Vers le 6 janvier, les jours commencent à s'allonger de façon sensible, confirmant la promesse de la nuit solsticiale.

 

La Fête romaine des Saturnales, la date de l'Épiphanie correspond aussi, à l'origine, à une fête païenne : sous l'Antiquité, les Romains fêtent les Saturnales qui durent sept jours pendant lesquels la hiérarchie sociale et la logique des choses peuvent être critiquées sinon brocardées et parodiées.

 

À cette occasion, un homme jeune et fort, semble-t-il, représentait le dieu Saturne ; à l’issue de la fête, lui ou son simulacre était sacrifié au dieu pour lui apporter sa force et sa jeunesse, comme aujourd’hui encore on brûle solennellement le bonhomme Carnaval ; parmi les jeunes soldats, un roi était élu et pouvait commander tout ce qui lui plaisait ; plus de maîtres, plus de serviteurs, plus d’esclaves, plus de travail, chacun revêtait comme il lui plaisait les vêtements des autres, buvait et mangeait son saoul. On pouvait opérer ce changement de rôle uniquement durant la fête des Saturnales entre le maître et l'esclave. C’était l’occasion de grandes orgies à caractère homosexuel.

 

L'Épiphanie devient une fête chrétienne qui célèbre le Messie (assimilé à la Lumière) venu et incarné dans le monde et qui reçoit la visite et l'hommage de mages. Rois mages, qui étaient des astrologues magistère, donc des praticiens de haute magie …

 

Elle a lieu le 6 janvier.

 

Pour les catholiques, depuis 1971, dans les régions où l'Épiphanie n'est pas un jour férié, elle peut se fêter le deuxième dimanche après Noël ; c'est-à-dire le premier dimanche qui suit le 1er janvier. En France, c'est le cas depuis 1802, règle qui a été instaurée par un décret du cardinal Caprara, légat du pape Pie VII.

 

La fête s'appelle aussi chez les orthodoxes Théophanie Une théophanie des radicaux grecs théo-, θεός dieu, et phan-, apparition est, dans le domaine religieux, une manifestation divine, au cours de laquelle a normalement lieu la révélation d'un message divin aux hommes ou simplement d'un avertissement.

 

À l'origine, le terme grec θεοφάνια / theophánia désignait, dans la religion antique de ce peuple, une fête pendant laquelle on exposait publiquement la totalité des statues des dieux, surtout à Delphes.

 

Avec l'avènement du christianisme, le terme conserve la signification de manifestation divine : la révélation du Buisson ardent (Lumière) à Moïse et la naissance de Jésus-Christ (Lumière) ainsi que Son baptême dans le Jourdain sont des théophanies essentielles de l'Ancien et du Nouveau Testament.

 

Diverses coutumes sont observées à cette occasion. En France, en Suisse et en Belgique, depuis le Moyen Âge, une galette des rois ou un gâteau des rois, pâtisseries contenant une fève, sont partagées ce jour-là. Initialement la fève était effectivement une graine d’haricot (la fève). Celui ou celle qui trouve la fève dans sa part est surnommé roi ou reine, et comme dans les saturnales romaines se voit pour un temps maître de cérémonie.

 

Le terme d’épiphanie

 

Le substantif féminin Épiphanie est un emprunt, par l'intermédiaire du Latin ecclésiastique Epiphania, au grec ancien Ἐπιφάνεια (Epipháneia) qui signifie manifestation ou apparition du verbe φαίνω (phaínō) pouvant se traduire par : se manifester, apparaître, être évident.

 

L'utilisation du terme est antérieure au christianisme.

 

La symbolique dans le christianisme

 

Le 6 janvier est une date choisie par le Père de l'Église Épiphane de Salamine, dans son Panarion, comme date de naissance de Jésus, afin de réfuter une date concurrente proposée par les gnostiques des Alogo.

 

Jusqu'à la fin du IVe siècle, l'Épiphanie est la grande et unique fête chrétienne de la manifestation du Christ dans le monde. Manifestation exprimée, d'abord, par la venue des mages, puis par différents épisodes : la Nativité, la voix du Père et la présence d'une colombe lors du baptême sur le Jourdain, le miracle de Cana, etc.

Des pères de l'Église comme saint Jean Chrysostome ont fixé des traditions pour commémorer le même jour trois événements lors de la fête de la théophanie : l'Adoration des mages, le Baptême dans le Jourdain trente ans plus tard et les Noces de Cana trente-et-un ans plus tard. Dès le Moyen Âge, la liturgie chrétienne a rassemblé ces trois événements mais la piété et l'art chrétiens ont privilégié l'Adoration des mages.

 

Depuis l'introduction d'une fête de la Nativité (Noël) le 25 décembre, la liturgie actuelle (après le Moyen-Age, ce qui remet en cause l’écriture de la Bible elle-même) l'Épiphanie met l'accent sur des sens spécifiques selon les confessions et les cultures.

 

Depuis le XIXe siècle on l'appelle aussi le jour des rois en référence directe à la venue et à l'Adoration des rois mages.

 

L'Épiphanie chrétienne célèbre, ainsi que le rapportent l'évangile et la tradition, la manifestation publique du fils de Dieu incarné, Jésus, au monde, non pas, comme dans la mythologie grecque, à partir d'une révélation extérieure à l'humanité et faite sous les apparences de l'humanité, mais sous la forme d'un enfant engendré, en un temps historique donné, au sein du peuple juif. Le Messie, qui, après avoir rencontré les petits et les proches (les bergers), prend place et rencontre le monde dans toute sa diversité, telle qu'elle est symbolisée par des mages, que l'on dit être rois ou savants, dits traditionnellement de toutes origines et venus de pays lointains. Bien que le texte évangélique ne donne qu'une indication vague de l'origine des mages, mais parle, cela dit, d'Orient, ce qui indique l'Est (Symbole de naissance de commencement d’arrivée de la Lumière) par rapport à la Terre Sainte. Ainsi est réaffirmée la dimension universelle du message évangélique.

 

Cette fête célèbre la visite et l'adoration de l'Enfant Jésus par les mages, relatée dans l'Évangile selon Matthieu. Bien que la Bible ne donne pas leur nombre et ne parle que de savants venus d'Orient, la tradition a fait qu'ils sont habituellement appelés les trois Rois mages et sont nommés respectivement :

  • Gaspard ;
  • Melchior ;
  • Balthazar ;

Noms dont les initiales reprennent celles de la bénédiction : « Christus Mansionem Benedicat », « que le Christ bénisse la demeure ».

 

Elle est la quatrième des cinq grandes fêtes cardinales de l'année liturgique catholique.

 

Dans certains pays, la célébration liturgique de la fête est reportée à un dimanche, en vertu d'un indult papal. Il s'agit de permettre aux gens de célébrer la fête dans les cas où ils doivent travailler le 6 janvier, si ce jour n'est pas férié. Ainsi, en France et en Belgique, cette fête est célébrée le deuxième dimanche après Noël.

 

Dans l'Église arménienne, la fête est une des plus grandes fêtes de l'année car Noël n'est pas fêté le 25 décembre mais, selon l'usage chrétien ancien, le 6 janvier.

 

Cela correspond aussi aux anciennes traditions des premières églises chrétiennes ; antérieures à la conversion de l’Empire romain, et même aux traditions familiales de l’époque, selon lesquelles un enfant ne devient le fils de son père que le jour de sa présentation à lui et la reconnaissance du fils par son père, et ce jour-là, on rend aussi grâce à la mère pour cet enfant reconnu par son père et qui se soumet à sa volonté.

 

Le baptême de Jésus dans le Jourdain correspond donc à cette présentation du Fils au Père, c’est aussi l’acte de la soumission de Jésus à la volonté divine et c’est aussi la date où le Père se révèle à lui. La nativité fêtée prend alors une signification plus théologique que dans l’Église catholique romaine, puisque c’est aussi traditionnellement la date par laquelle il reçoit du père la révélation de sa mission prophétique : ce qui est fêté est plus la naissance du Christ sauveur et la manifestation de Dieu (théophanie), que celle de l’enfant Jésus, même si cette célébration est directement liée à sa naissance. L'église arménienne procède à la bénédiction des eaux comme dans la tradition byzantine.

 

Tirer les rois

 

La tradition veut que l'Épiphanie soit l'occasion de tirer les rois (terme qui provient des Saturnales romaines et d’une certaine façon de « tirer » les rois dans les orgies sexuelles. Vous ne direz sans doute plus pareillement que vous allez tirer les Rois ! Une fève et parfois une figurine sont cachées dans les pâtisseries ; le convive qui découvre cette fève devient le roi de la journée.

 

Cette pratique trouverait son origine dans les Saturnales de la Rome antique. Pendant ces fêtes païennes célébrées début janvier, les rôles étaient inversés entre les maîtres et les esclaves qui devenaient les rois d'un jour et se faisaient tirer.

 

Ce n'est que vers 1875 que les figurines en porcelaine remplacent les fèves.

 

Depuis le XIVe siècle, on mange la galette des rois et le gâteau des rois à l'occasion de cette fête. La tradition veut que l'on partage la pâtisserie en autant de parts que de convives, plus une. Cette dernière, appelée part du bon Dieu, part de la Vierge ou part du pauvre, est destinée au premier pauvre qui se présenterait au logis.

 

La traditionnelle fève est accompagnée ou remplacée par un petit sujet caché à l'intérieur de la pâte de la pâtisserie. La personne ayant dans sa part la fève est symboliquement couronnée roi ou reine ; de plus en plus, entre amis ou surtout dans le contexte professionnel : le roi se doit d'offrir la prochaine pâtisserie ; et lorsqu'il y a un sujet, celui qui l'a, se doit d'offrir la boisson à tous les convives.

 

Lorsqu'il y a des enfants, l'un d'entre eux le plus jeune se place sous la table ; tandis que la personne qui fait le service choisit une part, l'enfant désigne le destinataire de cette portion.

 

Certaines familles s'arrangent pour que la fève ou la figurine revienne à un des plus jeunes enfants. Il est couronné roi ou reine, et il choisit alors son roi ou sa reine qui est souvent sa mère ou son père.

 

Fréquemment, les rois sont tirés plusieurs fois au cours de la période.

 

En Moselle-Est, des garçons déguisés en rois mages allaient de maison en maison tout en faisant tourner une étoile montée sur un bâton et en chantant :

 

« Es kummen drei Weissen vom Morgenland ».

Trois mages sont venus de l'Orient.

 

Ils obtenaient ensuite des friandises ou des piécettes. Cela ressemble bien à … l’halloween … Non !