OTS la dramatique dérive de l'Ordre du Temple Solaire

SOURCES LIBRES ET AUTHENTIQUES

CROIX TEMPLIERE DU TYPE UTILISE SUR LES CAPES RITUELLES DES MEMBRES DE L'ORDRE

 

L'ordre du Temple solaire, dit O. T. S., d'abord appelé ordre international chevaleresque de Tradition solaire, est un groupe ésotérique néo-templier fondé en 1 984 à Genève par Luc Jouret et Jo Di Mambro à la suite de la Fondation Golden Way de ce dernier. Ce faux ordre de chevalerie est principalement connu pour des suicides collectifs en Suisse, en France et au Canada ayant fait en tout 74 victimes entre 1 994 et 1 997 et pour les controverses qui ont suivi. L'affaire a été un facteur majeur du durcissement de la lutte contre les sectes en France. En France, l'OTS est considéré comme une secte par le rapport de la commission d'enquête parlementaire de 1 995.

 

Les protagonistes

 

Luc Jouret

 

Luc Jouret est né le 18 octobre 1 947 à Kitwit dans l’ex-Congo belge. Il meurt le 05 octobre 1 994 à Grange sur Salvan en Suisse. C’est ce 05 octobre que 48 membres de l'OTS, dont Jouret et Di Mambro, périssent tués par balle et brûlés lors d'un suicide collectif. Diplômé en médecine à l'université libre de Bruxelles en 1 974, il se spécialise en homéopathie qu'il exercera plus ou moins régulièrement quinze ans durant. Il reliait l'homéopathie au cosmos. Il s'intéresse parallèlement à des thérapies alternatives macrobiotique, iridologie et prend parti pour les guérisseurs à mains nues philippins qu'il a rencontrés à Manille à plusieurs reprises. Après avoir pris la succession du grand maître de l'ordre rénové du Temple, O. R. T., en 1 983, Luc Jouret en est expulsé en 1 984.

 

Joseph Di Mambro

 

Joseph Di Mambro dit Jo Di Mambro est né le 19 août 1 924 à Pont-Saint-Esprit dans le Gard en France, il meurt lui aussi le 05 octobre 1 994 à Grange sur Salvan, canton du Valais en Suisse. Il a été bijoutier et a fait six mois de prison pour escroquerie. Dans les années 1 950, Di Mambro commence à pratiquer le spiritisme. Avant l’OTS, il fréquente un groupement successeur du Service d'action civique (SAC), fondé par Charles Pasqua.

 

Michel Tabachnik

 

Michel Tabachnik, né le 10 novembre 1 942 à Genève en Suisse, est un chef d'orchestre et compositeur suisse de renommée internationale.

 

Passionné par la philosophie, l'ésotérisme et la spiritualité, il rencontre en 1 977 Joseph Di Mambro.

 

En 1 981, Michel Tabachnik devient le président de la Fondation Golden Way que Jo Di Mambro créa trois ans plus tôt à Genève. Dans le cadre de l'OTS créé ensuite, Tabachnik écrit les Archées, textes ésotériques constituant l'enseignement réservé à l'élite de l'ordre.

 

Entre 1 994 et 2 006, à la suite des drames survenus au sein de l'Ordre, il est poursuivi en France pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime. Le 25 juin 2 001, il est relaxé par le tribunal correctionnel de Grenoble. Le parquet ayant fait appel, il est une deuxième fois relaxé en décembre 2 006. L'avocat général avait estimé que Michel Tabachnik n'était pas un membre important de la secte. La justice suisse a prononcé un non-lieu pour les affaires des tragédies de Salvan et Cheiry, en octobre 1994 pour la Suisse et en décembre 1995 pour le dossier du Vercors à Saint-Pierre-de-Chérennes. Il a été défendu par Francis Szpiner.

 

 

Fondation de l'O. T. S.

 

En 1 977, Jo di Mambro rencontre Michel Tabachnik, intéressé par la philosophie, l'ésotérisme et la spiritualité. Les deux hommes décident de créer l'année suivante à Genève la fondation Golden Way. 

 

En 1 981, Michel Tabachnik en devient le président.

 

Après avoir créé en 1 982, le Club Amenta, qui devint Atlanta, Luc Jouret, à la mort de Julien Origas, leader d'un certain Ordre rénové du Temple, voulu comme une résurgence de l'Ordo Templi Orientis, qui avait été créé avec des anciens rosicruciens, lui succède en 1 983, ce qui provoque immédiatement une scission d'où va naître l'ordre chevaleresque international Tradition solaire dont il prend alors la direction.

 

En 1 984, les deux hommes fondent l'ordre du Temple solaire en mêlant divers principes des structures précédentes, Joseph Di Mambro étant le cerveau et maître des finances de l'organisation, et Luc Jouret, le recruteur.

 

Historique

 

Avant les massacres

Selon Françoise Champion, sociologue, ce groupe a une filiation templière bricolée. Jean-François Mayer décrit certaines croyances du groupe, telles que les notions de transit, voyage de l'âme vers une autre planète, par le biais du suicide, notion similaire à celle du groupe Heaven's Gate [voir notes de références A10] ou l'importance de transporter le germe de vie sur une autre planète, comme les causes de la dérive ultérieure. Une bonne part des concepts et principes de l'ordre étaient inspirés des écrits hermétiques de Tabachnik, Les Archées.

 

Les objectifs affichés du groupe étaient :

  • Reconnaître et rassembler une élite spirituelle afin de la préparer, par l'étude des Hautes Sciences, à participer à des Travaux en vue de perpétuer la Conscience UNE et la VIE dans le temps et l'espace ;
  • Prendre une part prépondérante et active à l'édification des Centres de Vie ;
  • Former à travers le monde une chaîne de fraternité véritable, au service des forces positives et du Temple unifié, constitué par l'ordre du Temple solaire ;

La hiérarchie de l'ordre est absolue. Les cérémonies rituelles auraient été mises en scène par un membre du nom de Tony Dutoit. Selon les termes du jugement rendu en 2 001 pour Michel Tabachnik :

 

« Les lieux de culte ont été le théâtre d'apparitions et de manifestations perçues comme surnaturelles au cours de cérémonies rituelles. […] De nombreux témoins ont rapporté avoir vu […] des matérialisations d'objets ou de personnages ». 

 

Une ancienne adepte déclare avoir assisté à l'apparition de Maîtres, du Saint-Graal, de l'épée Excalibur, des douze apôtres et même du Christ.

 

En réalité, les apparitions surnaturelles du Maître, au son d'une musique cosmique assourdissante et au milieu d'hologrammes, ne sont que supercheries, effets spéciaux et surtout la complicité de Jocelyne Di Mambro, l'épouse de Jo, juchée sur un tabouret.

 

La naissance de l'enfant cosmique

Dominique Bellaton, jeune femme toxicomane qui aurait été recherchée par des proxénètes cherchant à l'assassiner, s'intègre à l'ordre à la demande de ses parents. Di Mambro a rapidement le projet d'en faire la mère porteuse de l'enfant cosmique. Une cérémonie dans la crypte de l'ordre, avec effets spéciaux, une épée touche le ventre de la jeune femme devant l'assistance et un éclair de lumière surgit, contribue à confirmer aux membres les pouvoirs surnaturels des dirigeants.

 

Di Mambro appelle son rituel la conception théogamique [Voir notes de références A11], terme repris de la mythologie égyptienne, une conception sans rapport sexuel, alors qu'en fait, Dominique est sa maîtresse et est enceinte depuis quelques semaines. L'enfant, Emmanuelle, naît le 22 mars 1 982. Elle et sa mère meurent lors du premier massacre à Salvan.

 

Premières dissensions

Plusieurs mois avant le premier massacre, certains fidèles évoquent la mégalomanie, les supercheries et les malversations des chefs. Plusieurs donateurs, dont des notables, industriels, propriétaires réclament le remboursement partiel des fonds qu'ils ont engagés alors que cet argent a été détourné pour investir dans des entreprises fictives, propriétés ou pour les fondateurs qui ne se refusent rien, villa, voiture de luxe, voyages.

 

Octobre 1994 : Premier massacre

Le 30 septembre 1 994, au Québec, au 199 chemin Belisle à Morin Heights, 3 personnes sont retrouvées assassinées et deux suicidées, les meurtriers des trois premières, dans un chalet ensuite incendié, comme les autres lieux avec des dispositifs de mise à feu commandés par téléphone.

Le 05 octobre 1 994, en Suisse, 25 personnes sont retrouvées mortes au lieu-dit les roches de cristal à Grange sur Salvan, en Valais, et 23 à la ferme de la rochette à Cheiry, dans le canton de Fribourg. Les victimes étaient, dans la plupart des cas, revêtues d'une cape rituelle blanche, noire ou dorée, selon le degré d'initiation atteint. À Salvan, il se révèle qu'il a été injecté aux victimes ou qu'elles se sont injecté elles-mêmes, un poison à base de curare, d’opioïde et de benzodiazépine. 

À Cheiry, 20 victimes sont mortes d'une ou de plusieurs balles dans la tête, deux étouffées par un sac plastique autour de leur tête et une autre probablement de la même manière.

 

Le juge d'instruction fribourgeois André Piller est chargé de l'affaire. L'affaire se présentant selon lui comme un suicide collectif flagrant, sans indice à rechercher, il ordonne la destruction des lieux pour ne pas choquer les croyants ni attirer les curieux, une décision qui soulèvera des controverses.

 

Thierry Huguenin, ancien membre de l'OTS qui avait alors quitté le groupe, témoigne avoir été appelé le 04 octobre à Salvan sur la promesse que de l'argent qui lui était dû lui serait rendu ce jour-là. Mais, pressentant un danger, il aurait quitté les lieux.

 

Il explique ensuite qu'il pense que le projet était de l'assassiner avec les autres afin d'atteindre le nombre de 54 victimes, en rapport avec les 54 chevaliers de l'ordre du Temple exécutés sur le bûcher le 18 mars 1 314 sous le règne de Philippe IV le Bel.

 

Le matin du 05 octobre, 300 plis destinés aux médias, à d'autres adeptes et à plusieurs personnalités politiques ou publiques, dont Charles Pasqua, seront envoyés par un membre selon les consignes de Di Mambro. Ces courriers divers contenaient principalement des messages extraits des croyances de l'ordre.

 

Décembre 1995 : Deuxième massacre

Dans la nuit du 15 au 16 décembre 1 995, 16 personnes, dont 13 adultes et 3 enfants de 2, 4 et 6 ans, ont été immolées par le feu au lieu-dit le trou de l'enfer, dans une clairière isolée du plateau du Vercors, près de Saint-Pierre-de-Chérennes en Isère.

 

L’UNE DES JEUNES VICTIMES AVEC JOSEPH DI MAMBRO

 

L'enquête menée par la Section de recherche de la Gendarmerie nationale de Grenoble qui a confié les expertises techniques à l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale a déterminé que 14 personnes avaient été tuées par une ou deux balles de pistolet calibre 22 Long Rifle, après avoir absorbé des sédatifs, puis incendiées à l'aide de bois et d'essence. Selon la théorie des enquêteurs, les deux exécuteurs seraient l'inspecteur Jean-Pierre Lardanchet et André Friedli. Ils se seraient tiré une balle de 9 mm parabellum dans la tête, armes qui furent retrouvées près de leurs corps, en se jetant dans le foyer. Le Procureur de Grenoble a alors ouvert une information judiciaire pour assassinats et association de malfaiteurs avec possibilité de complicité extérieure.

 

Mars 1997 : Troisième massacre

Le 22 mars 1 997, 5 autres membres sont retrouvés morts à Saint-Casimir au Québec, dont 3 Français.

 

3 adolescents sont retrouvés vivants, ayant survécu parce qu'ils ont négocié avec leurs parents leur droit à vivre.

 

Suites judiciaires

 

En 1997, du fait de la mort des deux dirigeants à Salvan en 1 994, le chef d'orchestre et compositeur Michel Tabachnik est l'unique prévenu dans le cadre de l'affaire du Temple solaire. Il publie pour sa défense Bouc émissaire. Dans le piège du Temple Solaire, avec une préface de Pierre Boulez.

 

Le 25 juin 2 001, le tribunal correctionnel de Grenoble relaxe Michel Tabachnik au bénéfice du doute.

 

Le parquet, lui reprochant d'avoir par ses écrits ésotériques, poussé les adeptes à un transit vers Sirius, fait appel et Michel Tabachnik est à nouveau jugé en 2 006. L'avocat général, estimant que le prévenu n'était pas membre actif de l'ordre et que sa responsabilité dans les décès n'était pas établie, ne requiert aucune peine contre lui. Il est une seconde fois relaxé en décembre 2 006.

 

Controverses et théories du complot

Suicide ou assassinat

 

Selon Alain Vuarnet, fils et frère de deux des victimes, menant une enquête privée parallèle depuis 1 995, les suicides collectifs des membres de l'ordre du Temple solaire en décembre 1 995 dans le Vercors n'ont toujours pas été véritablement élucidés. Il s'est plaint de l'absence de coopération de la justice, qui a toujours refusé d'enquêter sur la piste d'un assassinat. Selon un expert mandaté par Vuarnet, du phosphore a été trouvé sur les lieux, dénotant l'usage de lance-flammes, ce qui impliquerait qu'il n'y aurait pas eu de suicide mais une mise en scène. Selon Vuarnet :

 

« Nous restons persuadés, mon père et moi, que ce n'est pas avec quelques branchages humides que ces seize corps ont été carbonisés à ce point. »

 

Le résultat des expertises révèle un excès en phosphore de plus de 21 à 40 %. Certaines victimes avaient des sacs en plastique sur la tête, ce qui a été expliqué selon la thèse de l'instruction, comme un signe rituel. Enfin, certaines victimes ont été droguées.

 

Dans le documentaire d'Yves Boisset sur cette affaire, Bernard Geiger, un responsable de la police cantonale du Valais, déclare :

 

« Je le vois davantage comme un meurtre collectif. Je rejette formellement la thèse du suicide collectif décidé par tous, cette idée est du pur cinéma. »

 

Le réalisateur construit son argumentation autour de la question : 

 

« 74 morts et pas de coupable ? »

 

La justice soulignant également, lors du procès de 2 001, le caractère improbable de ce nouveau massacre plus d'un an après la disparition des dirigeants et les investigations qui viennent confirmer un assassinat collectif suivi du suicide des assassins, tout en établissant que, selon les témoins, la plupart des victimes de 1 995, comme celles de 1 994, avaient consenti le sacrifice de leur vie.

 

En plus d'Alain Vuarnet, d'autres membres de la famille des victimes, René et Muguette Rostan, Willy et Giséla Schleimer, ont demandé en 2 001 puis en 2 004 une réouverture de l'instruction afin de contester la thèse du suicide collectif. Réouverture également demandée par Jean-Pierre Brard en 2 006.

 

Maurice Fusier, reporter à Radio France, relance la même thèse de l'assassinat au phosphore en 2006.

 

Piste politico-mafieuse

 

Une thèse présentant une origine politico-mafieuse à l'affaire est étayée par certaines sources, dont le psychiatre Jean-Marie Abgrall, évoquant de possibles liens de Luc Jouret avec des membres de Gladio.

 

Le Gladio le Glaive en italien, désigne le réseau italien des stay-behind, une structure créée sous l'égide du ministre de l'Intérieur, Mario Scelba dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour parer à une menace d'invasion soviétique.

 

On désigne couramment par stay-behind l'ensemble des armées secrètes européennes, dont l'existence a été révélée publiquement le 24 octobre 1 990 par le Premier ministre italien Giulio Andreotti.

 

L'existence de ces unités clandestines de l'OTAN est restée un secret bien gardé durant la guerre froide jusqu'en 1 990, quand une branche de ce réseau international fut découverte en Italie, portant le nom de code Gladio. Alors que la presse affirmait que les unités secrètes stay-behind de l'OTAN étaient le secret politico-militaire le mieux gardé et le plus préjudiciable depuis la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement italien, face aux sévères critiques de l'opinion publique, promit de démanteler son armée secrète. L'Italie insista cependant sur le fait que des unités clandestines similaires existaient dans tous les autres pays d'Europe de l'Ouest. Cette allégation s'est avérée correcte et les recherches qui s'ensuivirent ont permis de découvrir qu'en France l'unité secrète portait le nom de code Plan Bleu, en Belgique SDRA, au Danemark Absalon, en Allemagne TD BJD, en Grèce LOK, au Luxembourg Stay-Behind, aux Pays Bas I&O, en Norvège ROC, au Portugal Aginter Press, en Espagne Red Quantum, en Suisse P-26, en Turquie Özel Harp Dairesi, en Suède AGAG (Aktions Gruppen Arla Gryning), et OWSGV en Autriche.

 

Une structure similaire était également présente en Yougoslavie.

 

Gladio a été mis en place sous l'égide de la CIA et du MI6 comme structure de l'OTAN répondant directement au SHAPE. Elle avait pour fonction de rester derrière en cas d'invasion soviétique, afin de mener une guerre de partisans. Dans cet objectif, des caches d'armes étaient disposées un peu partout en Italie nord-orientale.

 

Ces réseaux fonctionnaient le plus souvent sans que les gouvernements nationaux en aient eu connaissance.

 

L'idée selon laquelle Gladio aurait tenté d'influencer la politique italienne, sous la direction de la CIA, est soutenue par plusieurs historiens et journalistes. Pour d'autres auteurs, tels que Indro Montanelli et Mario Cervi, Gladio était une structure légale et légitime qui aurait dû être supprimée avec l'effondrement de l'idéologie communiste en Europe de l'Est. Payer le salaire des employés d'entités devenues inutiles est une manie italienne et cela provoqua un scandale en Italie.

 

Le même Montanelli a écrit en 1 997 : 

 

« Moi aussi je me sens choqué et un peu offensé. Mais seulement par le fait que personne ne m'a appelé pour l'adhésion à Gladio : j'aurais accepté avec enthousiasme. »

 

Le Département d'État des États-Unis a contesté en janvier 2 006 que Gladio ait participé à une quelconque action terroriste et affirme qu'un des documents avancés pour soutenir cette hypothèse. Un manuel militaire américain de contre-insurrection, est un faux conçu au début des années 1 970 par le KGB en pleine guerre froide.

 

En 2 006, le cinéaste Yves Boisset dénonce également la piste politico-mafieuse, qu'auraient négligée les enquêteurs. Il souligne en particulier les liens de Di Mambro avec Jean-Louis Fargette, un parrain de Toulon assassiné en 1 993. Le cinéaste a réalisé un film, Les Mystères sanglants de l'OTS, pour exposer son point de vue. Il dit voir l'ombre de Charles Pasquadans cette affaire et a parlé de trafics d'armes entre le Canada et l'Angola, ce que le journal Le Monde a nommé Angolagate, lequel article ne faisant aucune référence à l’OTS.

 

Yves Boisset déclare également que le juge Piller aurait brûlé des pièces à conviction en détruisant le chalet, scène du crime. Il déclare également que l'inspecteur Jean-Pierre Lardanchet, trouvé mort dans le Vercors, était un agent des renseignements généraux et proche de Charles Pasqua. Lardanchet est présenté par d'autres sources comme un agent de la Police de l'Air et des Frontières ou comme une taupe infiltrée dans l'ordre.

 

Les cassettes audio

 

Plusieurs mois après l'affaire, deux journalistes de France 2 se rendent dans les décombres du chalet de Salvan et déclarent trouver, dans la poubelle de la cuisine, des cassettes audio en excellent état où sont enregistrées des conversations téléphoniques d'adeptes, espionnés par Di Mambro. Bien que cette découverte semble incroyable, des extraits du contenu des cassettes sont diffusés et jugés conformes aux croyances et thèses de l'ordre.

 

L'affaire Yann Piat

 

L'enquête de Boisset le conduit à trouver un lien avec l'affaire Yann Piat, ex-députée inscrite sur les listes du Front National de 1 986 à 1 988 puis députée de la 3e circonscription du Var sous l'étiquette de l'Union pour la démocratie française (UDF) de 1 988 à sa mort, qui s'était intéressée à un projet immobilier d'un membre de l'OTS peu de temps avant d'être assassinée, en février 1 994 par deux motards.

 

Arnaud Palisson, ancien analyste de la Direction centrale des Renseignements généraux (DCRG) à Paris, considère pour sa part que Boisset s’est fait balayer par les arguments prodigieusement fallacieux de journalistes de province en quête de leur Watergate en Vercors.

 

Texte de Jocelyne Duplessis

 

Lors des fouilles de l'appartement de Joseph Di Mambro un document a été retrouvé, ainsi qu'un exemplaire imprimé dans un chalet, et attribué à Jocelyne Duplessis, épouse de Di Mambro, dont le contenu indique :

 

« Suite au tragique Transit de Cheiry, nous tenons à préciser, au nom de la Rose Croix, que nous déplorons et nous nous désolidarisons totalement du comportement barbare, incompétent et aberrant du docteur Luc Jouret. Prenant la décision d’agir de sa propre Autorité, à l'encontre de toutes nos règles, il a transgressé notre code d'honneur et est la cause d'un véritable carnage qui aurait dû être un Transit effectué dans l'Honneur, la Paix et la Lumière. Ce départ ne correspond pas à l'Éthique que nous représentons et défendons face à la postérité. »

 

La secte en Espagne

 

L'Ordre du Temple solaire est également implanté en Espagne, en particulier dans les îles Canaries.

En 1 984, le fondateur de la secte, Luc Jouret, a donné des conférences à Tenerife. Le leader de l'ordre en Espagne a lui-même vécu dans le sud de l'île, aussi le seul Espagnol qui est mort dans le suicide de l'Ordre du Temple solaire était un barbier précisément de Tenerife. En 1 998, une secte était soupçonnée d'avoir planifié un suicide rituel dans le parc national du Teide qui a été empêché par les autorités. Les polices espagnole et allemande initialement l'ont reliée à l'Ordre du Temple Solaire.

 

LA COMMUNION AVEC LE CORPS ET LE SANG DU CHRIST QUI CONDUIT A LA MORT …