De la tradition Druidique aux politiciens néo druidiques

Réalisation Orus

 

Druidisme & Néo Druidisme

 

Je ne vais pas m’étendre sur la notion de Tradition, de Continuité et celle des « NEO ». Ceci à fort bien été traité dans l’article : https://zardos.jimdofree.com/16/, Réalisé par notre camarade Belfégor.

 

Nous allons plus simplement essayer de comprendre ce que pouvait être le druidisme ancestral au travers de la religion dite des celtes. Faire le point sur les sources qui tentent de décrire et de décrypter cette période et cette culture. Enfin nous iront faire une incursion dans le monde particulier et frelaté du néo druidisme.

 

Religion des Celtes

 

La religion des Celtes désigne un système de pratiques et de croyances des Celtes basé sur un panthéon mythologique, civique et philosophique.

 

Comme les autres peuples de la protohistoire et de l’Antiquité de l'Europe, les Celtes ont développé un système religieux polythéiste, dans le cadre duquel officiait la classe sacerdotale des druides. Cette religion s’est progressivement dissoute dans la culture de l’Empire romain à partir du Ier siècle avant notre ère à l’exception de l’Irlande où la civilisation celtique a continué d'exister jusqu’à l’évangélisation de l’île au Ve siècle.

 

L'ENSEIGNE GAULOISE DE SOULAC-SUR-MER

 

Sources et documentation

 

Les druides ayant systématiquement privilégié l’oralité, les Celtes ne nous ont pas laissé de témoignages directs sur leurs croyances, leurs dieux et leurs rites.

 

Les trois sources d'informations dont disposent les celtologues sont très indirectes :

  • Les vestiges archéologiques ;
  • Les témoignages de leurs voisins Grecs et Romains ;
  • Les littératures médiévales galloise et irlandaise ;

Les témoignages contemporains

 

Leurs contemporains nous livrent des informations générales.

 

On peut citer, à titre d’exemple :

  • Diodore de Sicile (Bibliothèque historique) ;
  • Strabon (Géographie) ;
  • Pomponius Mela (De Chorographia) ;
  • Lucain (La Pharsale) ;
  • Pline l'Ancien (Histoire naturelle) ;
  • Tertullien et Jules César avec les Commentaires sur la Guerre des Gaules ;

Ces témoignages donnent souvent une image partiale et négative des peuples celtes. Ces informations sont largement déformées par l’interpretatio romana, qui cherche systématiquement un équivalent romain des dieux celtes.

 

On peut aussi parler des témoignages quasi-contemporains écrits par des historiens ou géographes qui décrivent des scènes celtes auxquelles ils ont assisté, mais à une époque plus récente. On peut considérer que le témoignage de Giraud de Barri au XIIe Siècle sur le rituel d'intronisation d'un roi irlandais est l’un de ceux-là.

 

L’archéologie

 

Depuis la loi sur l’archéologie préventive en 1986, les fouilles archéologiques concernant les Celtes ont fait des bonds en avant. Des sites comme le Sanctuaire de Ribemont-sur-Ancre ou le site Oppidum de Corent ont pu donner des informations précieuses sur les offrandes faites, les types de sanctuaires utilisés ou même des renseignements sur le culte des crânes.

 

L’analyse des tombes à char a donné des objets votifs communs à toutes tombes de l’époque comme de la vaisselle, de la nourriture et des bijoux, mais on a parfois aussi trouvé des objets plus emblématiques comme la pendeloque en forme de lyre de Vasseny.

 

Depuis une quarantaine d’années, les pièces de monnaie sont aussi étudiées dans le but de proposer des motifs religieux. Des ex-voto trouvés dans les sources sacrées vont donner des informations sur les dieux, leurs noms et leurs supposées fonctions. 

 

D’autres objets comme une couronne de feuilles de chêne en or, des cônes d’or rituels, le chaudron de Gundestrup ou le char solaire de Trundholm sont peut-être, seulement peut-être celtes.

 

Les littératures médiévales

 

La littérature médiévale remonte à une période où le christianisme s'était déjà généralisé, de sorte qu'elle réinterprète les thèmes et comporte de nombreux récits largement remaniés tels que la légende du roi Arthur ou de Merlin l'enchanteur, où il n'est pas aisé de démêler les thèmes de la religion celtique de l'imagination des conteurs.

 

Les moines enlumineurs cherchaient bien plus à christianiser les coutumes païennes, que vraiment en faire des comptes rendus fiables.

 

De plus, ces informations leurs parvenaient par un « bouche à oreilles » le plus souvent déjà fort remanié, voir amputé de vérités qui auraient risqué d’expédier tout droit le rapporteur devant les tribunaux de l’inquisition et le bûcher. N’oublions pas qu’il s’agit d’une époque où la libre parole (en la libre pensée) n’était pas vraiment de mise, où seul la vision et le concept clérical était admis et admissible. Cela s'appelle la matière de Bretagne. L’hagiographie, du grec ancien ἅγιος - hágios se traduisant par saint et γράφειν- gráphein signifiant écrire, est l'écriture de la vie et de l'œuvre des saints. Pour un texte particulier, on ne parle que rarement d'une hagiographie, sauf dans le sens figuré, mais plutôt d'un texte hagiographique ou tout simplement d'une vie de saint. Le texte hagiographique étant destiné à être lu, soit lors de la prière Chrétienne de la nuit, soit en public dans le cadre de la prédication, on lui donne souvent le nom de légende du latin legenda signifiant ce qui doit être lu, terme utilisé dans son acception la plus littérale et non dans son sens péjoratif de récit dépourvu de tout enracinement dans l'histoire événementielle. Le glissement de sens opéré durant le XVIe siècle au terme légende qui désigne alors un récit à caractère merveilleux où les faits historiques sont transformés par l'imagination populaire ou par l'invention poétique résulte de la nécessité devant laquelle se sont trouvés beaucoup d'hagiographes médiévaux de fournir la matière destinée à alimenter le culte de saints personnages dont ils ignoraient à peu près tout.

 

Un texte hagiographique recouvre plusieurs genres littéraires ou artistiques parmi lesquels on compte en premier lieu la vita, c'est-à-dire le récit biographique de la vie du saint. Une fresque à épisode est également une hagiographie, de même qu'une simple notice résumant la vie du bienheureux.

 

Par rapport à une biographie, l'hagiographie est un genre littéraire qui veut mettre en avant le caractère de sainteté du personnage dont on raconte la vie. L'écrivain, l'hagiographe n'a pas d'abord une démarche d'historien, surtout lorsque le genre hagiographique s'est déployé. Aussi les hagiographies anciennes sont parsemées de passages merveilleux à l'historicité douteuse. De plus, des typologies de saints existaient au Moyen Âge, ce qui a conduit les hagiographes à se conformer à ces modèles et à faire de nombreux emprunts à des récits antérieurs. L'hagiographie est ainsi un récit fortement stéréotypé dont la fonction pastorale est de servir à l'instruction et l'édification religieuse, mais qui peut avoir aussi une fonction normative, politique et de propagande religieuse.

 

Au sens plus large, l'hagiographie désigne l'étude de la littérature hagiographique et du culte des saints. 

 

D'une manière plus polémique, on parle aussi d'hagiographie pour désigner un écrit, une biographie, l'analyse d'un système philosophique, etc. trop favorable à son objet, c'est-à-dire manquant de recul et ne laissant guère de place à la critique.

 

L'hagiographie de certains saints donne aussi des informations concernant la religion celte, soit parce que les saints combattent les païens, soit parce que leur vie est inspirée par les dieux celtes ou la mythologie celte.

 

Táin Bó Cúailnge

 

La Táin Bó Cúailnge, que l’on peut traduit usuellement par la Rafle ou Razzia des Vaches de Cooley est le récit principal et le plus long du cycle d'Ulster qui, avec le cycle mythologique, le cycle fenian, et le cycle historique, constituent le corpus littéraire de la mythologie celtique irlandaise. 

La version manuscrite la plus ancienne date du tout début du XIe siècle, mais sa composition, sous forme de contes oraux, remonte à la période protohistorique.

 

Une coalition des royaumes d’Irlande, emmenée par les souverains du Connaught envahit le royaume d’Ulster pour la possession du taureau fabuleux, le Brun de Cúailnge. Ils doivent affronter le plus terrible des guerriers, Cúchulainn.

 

Manuscrits et versions

 

Il existe deux versions principales du récit :

  • Une partie de la première version est contenue dans le Lebor na hUidre (Livre de la vache brune) qui date du début du XIe siècle, mais la langue utilisée démontre qu’elle appartient au IXe siècle et peut-être au VIIIe siècle. La seconde partie est incluse dans le Yellow Book of Lecan (Livre jaune de Lecan) qui est plus tardif, il date du XIVe siècle. Ces deux ensembles constituent, une fois assemblés, l’histoire complète de la rafle, sans qu’il y ait d’unité littéraire, compte tenu des différentes époques de composition ;
  • La seconde version est incluse dans le Livre de Leinster en gaélique Lebar na Nuachongbala, Livre de la Nouvelle Fondation, manuscrit qui date du XIIe siècle. Cette version a été établie à partir du Lebor na hUidre et du Yellow Book of Lecan, avec incorporation d’éléments originaux.
  • Il existe une troisième version plus tardive et très fragmentaire ;

Ces textes sont écrits en vieil irlandais, langue utilisée du VIIIe au XIe siècle, et en moyen irlandais, utilisé du XIe au XVe siècle. La forme narrative est la prose à l’exception de passages versifiés, qui soulignent l’intensité dramatique.

 

Ces travaux de compilation littéraire ont été réalisés par des clercs, dans le cadre des monastères irlandais. Un vernis chrétien se superpose au substrat celtique.

 

En revanche, la datation de la matière est impossible. Le cadre est indubitablement pré-chrétien et nous décrit une société guerrière de l’âge du fer. La transmission orale s’est faite sur plusieurs siècles. À titre anecdotique, une légende fait du roi Conchobar un contemporain du Christ.

 

L’épopée

 

La trame du récit est la guerre qui oppose l'Ulster aux quatre autres provinces d'Irlande coalisées contre lui.

 

La dispute royale

 

Les souverains du Connaught, la reine Medb et le roi Ailill, sont dans leur résidence royale de Crúachan. La reine rappelle sa prestigieuse généalogie, elle énumère les nobles prétendants qu’elle a éconduits en précisant que son époux devait être un homme sans avarice, sans jalousie et sans peur, car elle-même est généreuse, ignore la jalousie et sait faire preuve de courage, l’égalité convient dans leur couple.

 

La conversation vient sur leurs patrimoines et Medb prétend avoir plus de biens, ce que conteste son époux. On apporte donc toutes leurs affaires et trésors, on compte bijoux, vaisselles, moutons, chevaux, porcs, vaches, mais leurs biens sont égaux en nombre et en valeur, à l’exception d’un veau, le Blanc Cornu, qui appartient au roi. Medb demande à Mac Roth où l’on peut se procurer un animal semblable et il répond qu’en Ulster, un homme du nom de Dáre possède un taureau, appelé le Brun de Cooley.

 

Mac Roth est dépêché sur place pour que Dáre loue l’animal pour une année, contre paiement de cinquante génisses et beaucoup plus si nécessaire. Un autre domaine équivalent au sien, un char valant trois fois sept esclaves et l’amitié de la cuisse de Medb. Dans un premier temps, Dáre accepte la proposition, mais il apprend par l’indiscrétion d’un messager que s’il avait refusé, on lui aurait pris son taureau de force. Il se ravise et refuse de céder son animal.

 

L’invasion de l’Ulster

 

Medb fait venir à Crúachan, les sept « Mane », les fils de Mága, ainsi que Cormac Cond Longas et Fergus Mac Roeg, tous avec leurs armées. Ils demeurent 15 jours à festoyer. Avant de lancer l’expédition, la reine va consulter son druide. Puis c’est une multitude de rois, de guerriers et de peuple qui se dirige vers l’Ulster. Cúchulainn et Sualtam découvrent les armées et vont donner l’alerte. Medb a été informée que Conchobar et les Ulates sont dans l’incapacité de se battre, mais dans le camp irlandais un druide met en garde contre la puissance d’un guerrier royal.

 

Le premier affrontement a lieu à Ath Gabla (le Gué de la Fourche), Cúchulainn décapite les deux fils de Nera et leurs cochers, qui constituaient l’avant-garde des Irlandais et renvoie leurs cadavres. Fergus informe Ailill et Medb que cette tuerie ne peut être que le fait de Cúchulainn, le guerrier le plus redoutable et le plus sanguinaire. Il leur raconte alors l’enfance et les exploits de Setanta.

Le jour suivant, Cúchulainn va au-devant des armées des quatre grands royaumes d’Irlande, il coupe la tête d’Orlám et les trois fils d’Arach, venus l’affronter subissent le même sort. Le lendemain, ce sont cent guerriers qui succombent. La nuit venue, alors qu’il prépare ses armes, ce sont cent autres guerriers qui meurent d’effroi. Changement de stratégie, on décide de le dédommager et de le suborner à plusieurs reprises, mais le champion d’Ulster refuse et trouve plus glorieux de rester à la cour de Conchobar. Les massacres reprennent, chaque fois cent guerriers périssent. Puis il est convenu que chaque jour un guerrier ira combattre Cúchulainn, l’armée pourra avancer le temps du combat, puis s’arrêtera à la mort du guerrier. Suivent de nombreux combats à l’issue invariable.

 

Le Brun de Cooley et ses 50 vaches sont capturées par Buide, fils de Bain Blai. Quinze jours plus tard, les armées des quatre royaumes se rejoignent. Cúchulainn utilise pour la première fois la gae bolga contre Redg, le satiriste de Medb. Les combats se poursuivent, mais les volontaires pour affronter le champion d’Ulster ne sont pas nombreux ; la reine les attire par des promesses, les fait boire et les livre aux caresses de Findabair. Medb envoie 100 guerriers qui sont tués. Les armées des quatre royaumes s’installent dans la plaine de Murthemme et envoient butin et troupeau vers le sud.

 

L’intervention de Lug

 

Un guerrier invisible pour les ennemis des Ulates arrive au campement de Cúchulainn. C’est Lug, le dieu suprême, qui est aussi le père divin du héros. Avec des plantes du Sidh, il soigne les blessures de son fils qui dort pendant trois jours et trois nuits car il n’avait pris aucun repos entre Samain et Imbolc. À l’issue de ce repos, il fait atteler son char de combat et lance l’attaque, cet épisode est connu sous le nom de massacre de Murthemme : six épaisseurs de cadavres de guerriers ennemis s’entassent sur le champ de bataille, cent cinquante rois perdent la vie et un tiers des Irlandais est blessé.

 

Tous les combattants étant systématiquement décapités, Medb fait appel au plus valeureux guerrier, Ferdiad. Grâce à la magie de ses druides, à l’enivrement, aux promesses de trésor et la main de Findabair, elle le contraint à accepter le duel contre son ami. La rencontre a lieu sur le gué et après une longue discussion, l’assaut commence. Cela dure pendant trois jours, les nuits ils se soignent et se restaurent. Au dernier jour, le combat est si violent que la rivière change de cours. Cúchulainn reçoit un coup d’épée dans la poitrine, alors il tue Ferdiad d’un coup de « gae bolga ». Des guerriers Ulates emmènent Cúchulainn pour le laver et le soigner, dans un torrent où les Tuatha Dé Danann ont déposé des herbes médicinales.

 

C’est alors qu’intervient Cethern Mac Fintan, il attaque et dévaste le camp des Irlandais, mais est lui-même blessé. Il est soigné par Fingen, le druide-médecin personnel du roi Conchobar Mac Nessa qui, à la vue des blessures, peut dire qui les a provoquées. Arrivée de Fintan avec trois fois cinquante guerriers, ils livrent trois batailles et tuent trois fois leur nombre avant de succomber.

 

Rochad Mac Fathemain vient prêter main-forte à Cúchulainn, Findabair est incitée par sa mère à passer la nuit avec lui et obtenir une trêve, avant la grande bataille de Gárech et Ilgárech, annoncée par les druides. Les princes de Munster à qui la main de la princesse avait été promise se révoltent et Findabair meurt de honte.

 

Le réveil des Ulates

 

Sualtam, l’un des pères terrestres de Cúchulainn se rend près de son fils agonisant, qui lui demande d’aller chercher de l’aide chez les Ulates. Arrivé à Emain Macha, sa harangue reste sans réponse, car nul ne peut parler avant le roi qui ne peut lui-même parler avant ses druides. Pour avoir harangué le roi de la sorte, le druide Cathbad provoque la mort du messager, mais Conchobar décide de rameuter tous les guerriers d’Ulster. Conchobar et Celtchar, à la tête de trois mille chefs de char et de très nombreux cavaliers foncent sur le camp des Irlandais. Au premier assaut le roi tue huit cents guerriers.

 

Après avoir été observer le camp des Ulates, Mac Roth fait son rapport aux souverains du Connaught et Fergus explique quels sont les nobles qu’il a vus et quelle est leur valeur. Il prédit la défaite de la coalition. C’est alors que Morrigan vient exciter les hommes des deux camps. Cúchulainn, blessé, ne peut assister à la bataille finale, dont le déroulement lui est raconté par son cocher, Lóeg. Les Ulates sont vainqueurs, les vaincus retournent à Crúachan.

 

Le Brun de Cúailnge, pendant ce temps, était arrivé en Connaught. Il doit affronter le Blanc Cornu, le taureau d’Ailill, le combat les fait traverser toute l’Irlande. Après avoir massacré son adversaire, le Brun retourne à Cooley pour y mourir.

 

Analyse

 

Tout au long du récit, les druides sont omniprésents, on sollicite souvent leur avis sur la conduite à tenir et ils annoncent les évènements avant qu’ils ne se produisent. L'étendue de leur science est imagée par l’épisode de Fingen soignant Cethern Mac Fintan : rien qu’en examinant ses blessures, il est capable d’en désigner l’auteur. Le fait le plus révélateur de leur statut dans la société celtique se situe dans l’épisode de la mort de Sualtam. Cathbad le fait mourir parce qu’il a enfreint un interdit, une geis, selon lequel on ne peut prendre la parole avant le roi, qui lui-même ne peut s’exprimer avant ces druides. Cette hiérarchie, qui révèle la primauté de la classe sacerdotale, est conforme à l’idéologie trifonctionnelle des Indo-européens, élaborée par Georges Dumézil.

 

Contrairement à un texte comme Cath Maighe Tuireadh, dans lequel les Tuatha Dé Danann sont des acteurs majeurs, les dieux de la mythologie celtique sont absents de cette guerre, à l’exception de deux d’entre eux. La première apparition est celle de Lug, qui se rend invisible aux yeux des guerriers irlandais. Il intervient en tant que père divin de Cúchulainn, pour le soigner et veiller sur son repos, mais il est aussi le dieu suprême, surnommé Samildanach, le polytechnicien. La seconde divinité est Morrigan, qui attise les guerriers des deux camps avant l’ultime bataille. En tant que déesse de la guerre, sa présence est obligatoire à ce moment du récit.

 

À l’exception de deux mentions relatives aux généalogies respectives de Medb et de Conchobar, il n'y a pas de Ard ri Érenn, roi suprême d’Irlande, dans la rafle. L’île n’est composée que de quatre grands royaumes et ce sont les souverains du Connaught qui réunissent et dirigent la coalition contre l’Ulster, considéré comme un royaume étranger. Cette absence de souveraineté sur l’ensemble de l’île démontre, selon Alain Deniel, l’ancienneté de l’œuvre. Dans d’autres textes de la mythologie, le roi suprême réside à Tara, capitale du cinquième royaume de Mide et les autres rois lui doivent un impôt en bétail, le boroma.

 

Medb, dont le nom signifie ivresse, n’est pas uniquement l’épouse d’Ailill, elle règne conjointement avec lui sur le Connaught, elle lui est égale. Dans d’autres récits, elle est mariée à d’autres rois, dont Conchobar Mac Nessa, lui-même. La considération de la femme dans la société celtique est un thème récurrent, notamment avec la découverte de la somptueuse tombe de Vix. Selon Christian Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, il y a égalité entre homme et femme, même au niveau militaire. C’est la raison pour laquelle, Medb prend part à la bataille finale. Plus généralement, elle représente la souveraineté qu’elle confère à celui qu’elle épouse et l’ivresse du pouvoir.

 

La quasi-totalité des victimes de Cúchulainn sont décapitées, il n’y a qu’Etarcumul qui est coupé en deux d’un coup sur le crâne, Redg et Ferdiad sont victimes du gae bolga. Il s’agit d’un rituel guerrier systématique dans les combats, le vainqueur s’approprie la tête de son ennemi, elle vient orner l’encolure de son cheval ou l’entrée de sa demeure.

 

La faiblesse des Ulates lors de l’attaque de leur pays est un prétexte pour mettre en avant leur champion et ses qualités magico-guerrières. Car, il a été initié en Écosse par la magicienne Scáthach. Les héros se déplacent sur leur char de combat, dirigé par un cocher, qui sert aussi de faire-valoir.

 

Cet ouvrage est consultable via la Bibliothèque de l’Union Associative ORATORIO MAGI : https://union-associative-oratorio-mag.jimdofree.com/

 

Les Commentaires sur la Guerre des Gaules

 

Les Commentaires sur la Guerre des Gaules, en latin : Commentarii de Bello Gallico, ou simplement La Guerre des Gaules, Bellum Gallicum ou De Bello Gallico, sont un ouvrage d'histoire en sept livres où Jules César raconte sa victorieuse guerre des Gaules entre - 58 & - 52. Il est complété par un huitième livre, écrit plus tard par Aulus Hirtius.

 

Les Commentaires sont constitués de notes rédigées au fur et à mesure de la guerre, dans lesquelles il relate ses opérations militaires. Pour une bonne part c'est en fait la collation des rapports qu'il rédigeait, en partie avec ses lieutenants, pour les envoyer au Sénat qui surveillait l'activité des proconsuls tels que César. Les dates et conditions de publication de l'œuvre font débat. Une publication unique après la défaite de Vercingétorix, ou bien sous forme de lettres parues séparément, ou encore une publication en trois fois.

 

La copie la plus ancienne est carolingienne, ce qui en fait une des plus anciennes copies complètes de l'Antiquité classique.

 

Résumé

 

Livre I daté de - 58 : Description des peuples gaulois, migration des Helvètes et campagne contre eux, puis contre les Germains d'Arioviste ;

Livre II daté de - 57 : Campagne contre les Belges ;

Livre III daté de - 56 : Campagne de César contre les Armoricains et de Publius Crassus en Aquitaine ;

Livre IV daté de - 55 : Campagne contre des Germains. Les premiers franchissements historiques du Rhin, première expédition en Bretagne ;

Livre V daté de - 54 : Deuxième expédition en Bretagne, révolte des Éburons et des Trévires ;

Livre VI daté de - 53 : Deuxième franchissement du Rhin, pacification du Nord et du centre de la Gaule ;

Livre VII daté de - 52 : Soulèvement général des peuples gaulois, les sièges Avaricum, Gergovie, Alésia ;

Livre VIII daté de – 51 & - 50 : Pacification, achèvement de la conquête à Uxellodunum, situation en 50 ;

 

Le premier livre s’ouvre sur une description de la Gaule et de ses habitants. Les Belges sont présentés comme les plus braves des Gaulois, et les Helvètes décrits comme un peuple courageux et belliqueux.

 

Insatisfait de la situation territoriale de son peuple, qu’il estime indigne de sa grandeur, Orgétorix l’homme le plus noble et le plus riche d'Helvétie rassemble des forces sous sa conduite. Celui-ci convainc différents chefs de s’allier à lui, et fait préparer des réserves de blé. Les Helvètes apprennent cette tentative de s’emparer du pouvoir et le condamnent. Orgétorix vient avec des milliers de partisans pour se soustraire au jugement, mais finit par mourir, peut-être suicidé. À sa mort, les projets de conquêtes ne s’éteignent pas et les Helvètes partent après avoir brûlé leurs villages. Mais César empêche la migration des Helvètes prévue jusque chez les Santons, sur la côte atlantique, et repousse le Germain (Suève) Arioviste qui s'était installé sur une partie du territoire des Séquanes et augmentait constamment son emprise sur la région en attirant de plus en plus de tribus germaniques sous ses ordres. César n'en dit mot, mais les deux évènements semblent liés, les Helvètes fuyant devant les Germains.

 

Le livre II commence par l'évocation d'un nouveau danger : pour diverses raisons, selon César, les Belges se préparent à attaquer les légions stationnées en Gaule. En 57, il anticipe cette attaque en marchant sur le territoire belge. Les Rèmes, voisins des Belges, se rallient aux Romains et leur fournissent des informations sur la coalition des peuples qui composent les armées belges et l'état des troupes. Les Belges, qui ont été surpris par l’avancée rapide des légions, se regroupent et marchent sur les Romains et leurs alliés. César installe son camp sur les rives de l'Aisne, secourt les Rèmes assiégés dans Bibrax et patiente. Les Belges se retranchent à leur tour dans un camp non loin de celui des Romains. Les deux ennemis s'observent et se testent sans vouloir prendre l'initiative de l'engagement. Enfin la bataille a lieu. Les Belges sont repoussés et subissent de lourdes pertes. Renonçant à mener une guerre offensive, ils décident de maintenir leur alliance pour une guerre défensive. Les Bellovaques, notamment, sont inquiets de l'offensive des Éduens, qui, poussés par César, menacent leur territoire. Les armées belges se retirent.

 

Talonnée par César, l'arrière-garde belge se fait massacrer et la retraite tourne à la déroute. César s'avance alors en territoire belge où il obtient la soumission des Suessions, des Bellovaques et des Ambiens sans coup férir, tandis que les Nerviens et leurs voisins se préparent à résister. Ils s'opposent aux légions sur les rives du fleuve Sabis (la Sambre ou la Selle ou encore la Lys) : c'est la Bataille du Sabis. D'abord pris de court par l'attaque ennemie, les Romains se retrouvent en fâcheuse posture, mais reprennent l'avantage et remportent la victoire malgré la résistance héroïque des Nerviens dont les forces sont quasiment anéanties. César se montre clément envers les survivants qui gardent leurs terres et bénéficient de sa protection. Restent les Atuatuques, retranchés dans une place-forte dont César commence le siège. Impressionnés par la technologie de l'armée romaine, les Atuatuques font mine de vouloir se rendre pour tromper la vigilance des légions et profiter de la nuit pour tenter une sortie. Celle-ci échoue et les Atuatuques paient chèrement leur duplicité. 53000 d'entre eux sont vendus comme esclaves.

 

Les autres peuples gaulois se soumettent, l'autorité de Rome est restaurée. César profite de la paix pour rentrer en Italie en triomphateur. À la fin de cette année 57, l'optimisme de César est grand : « Ces campagnes avaient procuré la pacification de toute la Gaule. [...] En raison de ces événements on décréta, à la suite du rapport de César, quinze jours d'actions de grâce, ce qui n'était encore arrivé à personne ».

 

Dans le troisième livre, Galba est envoyé avec ses troupes dans les Alpes, chez les Nantuates, les Véragres et les Sédunes pour y faciliter le commerce, puis chez les Allobroges pour le repos d’hiver. Sur le chemin, ils sont attaqués par les Véragres qui craignent d’être à leur tour soumis, et qui entendent profiter de l’infériorité numérique des Romains. Leur camp assailli, ils tentent une audacieuse sortie qui surprend l’adversaire et leur permet de l'emporter. Alors que César pense la Gaule entièrement soumise et qu’il part pour l’Illyrie, plusieurs peuples de l’Armorique, à l’initiative des Vénètes, se soulèvent pour récupérer les otages confiés au jeune Publius Crassus, que César avait envoyé. Chaque camp prépare la guerre navale. César insiste beaucoup sur la supériorité de la flotte et du savoir-faire nautique des Vénètes. Mais grâce à la stratégie mise au point pour attaquer un bateau après l’autre, puis à la chute du vent, les Romains triomphent et mettent fin à la guerre. La guerre suivante a lieu en Aquitaine, contre les Sotiates et sous le commandement de Crassus. Divers peuples sont battus avec difficulté malgré l’aide d’alliés de l’Hispanie citérieure voisine. Restent seulement deux peuples insoumis en Gaule, les Morins et les Ménapes, que César fait traquer : il va jusqu’à quadriller d'avenues d'abattis la forêt dans laquelle ils se sont réfugiés.

 

Le livre IV, qui commence au début de l’année 55, sous le consulat de Crassus et Pompée, est celui des guerres de Germanie. Il commence par un terrifiant portrait des Suèves, peuple aussi dangereux par son caractère belliqueux que puissant par son nombre, sa bravoure, et la rudesse de ses mœurs. Les Suèves, agressifs, avaient acculé plusieurs peuples germains sur les rives du Rhin. Craignant que les Gaulois, « peuple pusillanime », ne pactisent avec les Germains, César prend les devants et s’engage vers le Rhin. Il rencontre les émigrants-envahisseurs entre la Meuse et le Rhin. Voyant avancer sa cavalerie, des cavaliers germains moins nombreux l'attaquent par erreur et la mettent en déroute. Après avoir fait prisonniers leurs chefs revenus parlementer, il vainc facilement le reste des troupes. César décide alors de franchir le Rhin, afin de neutraliser toute menace pouvant venir de peuples comme les Suèves ou les Sugambres. Il lance un pont d’un type nouveau, compte tenu de la difficulté du milieu, traverse le fleuve, incendie en représailles les villages désertés des Sugambres, s'enfonce une bonne semaine en territoire suève sans rencontrer personne et estime avoir délivré ainsi les alliés ubiens de la menace qui pesait sur eux. Il repasse le Rhin et coupe le pont. Il décide d’utiliser la fin de l’été pour faire une reconnaissance de la Bretagne, qui avait envoyé des renforts aux Gaulois au cours des guerres. Caius Volusenus envoyé en reconnaissance, César et ses armées partent s’équiper chez les Morins. Ils traversent la Manche au pas de Calais. Les Bretons les attendent en armes sur la côte. Malgré les difficultés liées au combat dans l’eau, les Romains débarquent et obtiennent la reddition des Bretons. Mais ils se trouvent bloqués sur l’île à cause des grandes marées qui détruisent partiellement la flotte qu'ils croyaient avoir suffisamment tirée au sec. Les voyant ainsi affaiblis, sans provisions de blé, sans renfort possible et presque sans cavalerie, les Bretons reprennent la lutte. Les Romains les battent à nouveau et rentrent en Gaule.

 

Au cinquième livre, comme chaque année, César rentre à Rome, pendant que ses hommes constituent une nouvelle flotte, selon un cahier des charges que César lui-même avait établi. Après un détour par l’Illyrie pour régler un problème avec les Pirustes, il retourne en Gaule, ordonne à ses troupes de se masser dans un port pour se préparer à un nouvel assaut sur l'île de Bretagne. En dépit de l’insoumission de certains, vite corrigée, César se fait accompagner par beaucoup de chefs gaulois. Une flotte de huit cents navires arrive en Bretagne. Une tempête oblige à mettre les navires à sec, et, pendant ce temps, l’ennemi rassemble ses forces. César fait ensuite une description géographique et ethnographique de la Bretagne assez juste, bien que grossière (il lui donne la forme d’un triangle, mais l’orientation et les îles évoquées sont aisément identifiables). La poursuite des ennemis mène les légions jusqu’à la Tamise, qu’ils traversent. Les Trinovantes puis d’autres peuples à leur exemple se rallient à César contre Cassivellaunos, le chef des forces bretonnes, qui se rend après plusieurs échecs. Rentré en Gaule, il répartit pour l'hivernage, à cause d'une mauvaise récolte, ses légions dans différentes régions du nord de la Gaule. Les Romains doivent alors affronter un soulèvement de tous les peuples gaulois menés par l’Éburon Ambiorix lors de l'hivernage. Les Gaulois, par ruse, anéantissent une légion et en assiègent deux autres (bataille d'Aduatuca). Le camp romain commandé par Quintus Tullius Cicero réussit finalement à alerter César, qui arrive en urgence avec les renforts disponibles et soumet ses adversaires. C'est ensuite le tour des Trévires de comploter contre Rome. Leur chef Indutiomaros est pourchassé et tué, et la Gaule est désormais presque pacifiée.

 

Le sixième livre décrit que cependant César se méfie encore et se fait envoyer des renforts par Pompée. Effectivement, les Gaulois sont en train de reformer une ligue pour reprendre la lutte. Lorsque César, après avoir écrasé les Nerviens, réunit tous les chefs Gaulois, les Sénons, les Carnutes, les Ménapiens et les Trévires refusent de s’y rendre. Les deux premiers se rallient, effrayés par les légions romaines en marche. Les Ménapes sont défaits facilement. Contre les Trévires, Labienus, qui a la charge de la légion locale, fait mine de s'enfuir, attire les Gaulois sur un terrain défavorable et les vainc. Les Suèves, qui doivent arriver en renfort, rentrent chez eux, mais cela suffit à décider César à refranchir le Rhin. Il apprend par les Ubiens que les Suèves l’attendent en embuscade dans une forêt.

 

César fait une pause dans le récit pour analyser les différences entre Gaulois et Germains. Les Gaulois, à tous les niveaux, sont divisés en deux partis rivaux. Dans la hiérarchie sociale, seuls sont estimés les druides et les chevaliers. Les druides servent aussi d’arbitres dans les conflits privés. Leur prestige est grand, leur fonction difficilement accessible au profane. Selon César, les pratiques druidiques trouveraient leur origine en Bretagne. César ajoute à sa description la pratique du sacrifice humain. Les Gaulois sont très religieux. Ils honorent principalement Mercure (Lug). Quant aux Germains, ils sont moins évolués : ils vivent essentiellement de la chasse et de l’élevage. Pour éviter une sédentarisation qui les amollirait et les détournerait de la guerre, leurs possessions foncières sont limitées à un an. Jadis dominés par les Gaulois, ils sont du temps de César plus puissants, car ces derniers se seraient, au contact de la civilisation hellénistico-romaine habitués au confort et au luxe. César décrit ensuite la forêt hercynienne qui s’étend de l’Helvétie à la Dacie, et les animaux rares qui y vivent.

 

César, refusant de suivre les Germains dans cette forêt, fait surveiller la région pendant qu’il tente de capturer Ambiorix et extermine son peuple. C'est alors que les bagages entassés dans le fort d’Atuatuca attirent les Germains qui infligent de légères pertes aux Romains, se retirent aussitôt et laissent la garnison démoralisée. La description de la bravoure dont fait preuve un soldat romain pendant cette bataille atténue par contraste l'impression négative produite par la situation désavantageuse du camp et le manque de vigilance qui en est à l'origine. En rentrant d'expédition, César reprend en main la situation, avant de retourner à Rome.

 

Au septième livre, la rumeur courant que César, occupé à Rome par les querelles de partis, ne reviendrait pas avant longtemps, les Gaulois programment une nouvelle révolte. C’est à cette nouvelle guerre qu’est consacré le très long livre VII. Vercingétorix, un Arverne, soulève toute sa clientèle et rassemble la majorité des peuples de Gaule sous ses ordres. Investi des pouvoirs suprêmes, il se montre un commandant rigoureux et efficace. Le projet gaulois de prendre Narbonne fait partir César pour la Province. Au prix de gros efforts, il traverse les Cévennes en plein hiver et lance sa cavalerie attaquer les Arvernes. Après une marche record remontant Rhône et Saône, il rejoint Labienus et le gros de l'armée à Agedincum, châtie Cenabum, se porte au secours de Gorgobina assiégée, puis contre Avaricum (Bourges). Vercingétorix fait brûler tout ce qui pourrait servir aux Romains. Le siège est très dur et se termine par le massacre de la population. L'armée finit l'hiver en cantonnement à Bourges. Au printemps, une élection contestée chez les Éduens appelle César comme arbitre à Decize. Puis il partage ses forces. Il envoie Labienus à Lutèce et part pour Gergovie en remontant l'Allier. Vercingétorix, mobile sur la rive gauche, échoue à lui interdire la traversée, et le devance à Gergovie. César envisage d'assiéger la place. Une révolte chez les Éduens oblige César à quitter Gergovie : il réussit de justesse à les maintenir de son côté et revient aussitôt.

 

Contre Gergovie, il a l'idée d'une ruse : tablant sur l'impulsivité des Gaulois, il cache une légion au pied de la « deuxième colline » qu'il voudrait conquérir, envoie la cavalerie se montrer sur l'arrière de la ville où les Gaulois s'activent aux fortifications et monte furtivement en force à l'assaut de la ville dégarnie par-devant. Mais ses soldats attaquent vraiment la ville. La contre-attaque massive des Gaulois les culbute. Une légion sort du petit camp pour les soutenir, ils arrivent à se replier, mais les pertes ont été lourdes. Les Gaulois ne les poursuivent pas. Quelques jours plus tard, César se retire, retraverse l'Allier, la Loire en crue, à un passage où personne ne l'attend et rejoint Labienus. Devant Lutèce, après un premier succès de Labienus, les Gaulois sont ragaillardis par la défaite romaine de Gergovie ; les Romains cherchent alors à se désengager, y réussissent en choisissant le terrain et retournent à Sens. À Bibracte, Vercingétorix est confirmé dans son commandement à la tête de la ligue gauloise. César, après avoir regroupé toute son armée et reçu un renfort de cavaliers germains, rencontre la coalition gauloise, en bat la cavalerie et la poursuit à Alésia.

 

Commence un long siège, dont César décrit minutieusement les travaux. Une armée de secours gauloise est mise sur pied grâce aux émissaires envoyés par Vercingétorix. Une fois parvenue à Alésia, elle tente une attaque de nuit, qui échoue. Elle lance par la suite une nouvelle attaque en colonne sur le point faible des Romains, leur permettant de franchir les lignes d'investissement romaines. La jonction avec les assiégés est alors possible, ce qui constitue un risque pour César. Sur place, Titus Labienus barre le passage avec une troupe réduite. Mais César choisit de venir en renfort avec un effectif solide. Il inflige une forte déroute à l'armée de secours après s'être lancé personnellement dans le combat. Face à la capture de Vercasivellaunos, la troupe gauloise se débande. Le lendemain, Vercingétorix se rend ou est livré à César, qui après la bataille décide de passer l'hiver à Bibracte et répartit en Gaule les cantonnements de ses légions.

 

Enfin au livre huitième, qui fut ajouté postérieurement par Aulus Hirtius, qui, dans le prologue, souligne sa gêne à compléter une œuvre si magistrale, ce huitième livre fait la transition avec les Commentaires sur la Guerre civile. Il raconte les événements jusqu’en 50.

 

César consent au repos de ses troupes qui avaient durement lutté pendant un an entier. Puis, pour prévenir toute nouvelle tentative de soulèvement il sillonne la Gaule à marche forcée, se montrant partout et signifiant ainsi aux Gaulois qu’il serait vain de tenter quoi que ce soit. Il en profite pour arbitrer les conflits entre peuples gaulois, réprimant quiconque tente d’envahir son voisin. Ainsi les Bellovaques, voulant attaquer les Suessions, s’attirent les foudres des Romains : après un long siège, les Bellovaques se décident à attaquer, pour être écrasés par la cavalerie romaine. Les Pictons sont également défaits par la cavalerie avec l’appui de l’infanterie. Le Sénon Drappès et le Cadurque Lucterios tentent ensuite de rallier des Gaulois pour une nouvelle révolte. Le légat Caius Caninius est chargé de les combattre, ce qu’il fait avant de subir de nouveaux affronts de la part de la ville d’Uxellodunum. César en est averti, et décide de s’y rendre lui-même, non parce que le danger est grand, mais pour châtier de manière exemplaire l’opiniâtreté de cette petite ville. Assiégés et privés d’eau, les habitants sont forcés de se rendre et César fait couper les mains des combattants. César se rend enfin en Aquitaine, qu’il n’avait jamais visitée, puis retourne hiverner auprès de ses troupes, en Belgique, avant de rentrer à Rome, auréolé de gloire. Mais déjà se profile la guerre civile, puisque le prestige de César et le soutien de son armée effraient de nombreux Romains. La confrontation entre les partisans de César et ceux de Pompée s’affiche de plus en plus ostensiblement, notamment au Sénat.

 

Un ouvrage d'histoire atypique

 

L'intention avouée de César est, selon Aulus Hirtius, de fournir des documents aux historiens sur des événements si considérables. La Guerre des Gaules n'est donc pas un ouvrage d'histoire traditionnel mais appartient au genre des Commentarii, recueil de notes brutes prises sur le terrain destiné à servir de base factuelle, d'où l'organisation strictement chronologique des huit livres, leur aspect strictement factuel et leur style extrêmement concis. Grâce à l'atelier de production dont il dispose, César peut élaborer son ouvrage en trois mois, au lendemain de la reddition d'Alésia, et ainsi montrer immédiatement l'importance de sa victoire. Entre la mort de César, en 44, et la sienne en 43, Aulius Hirtius écrit un huitième livre afin d'assurer la transition avec la Guerre civile.

 

Réception

 

En tant qu'œuvre littéraire, dès sa parution, l'ouvrage est jugé comme un chef-d'œuvre littéraire. Cicéron admire ces Commentaires […] nus, simples, élégants, dépouillés […] de tout ornement oratoire, et affirme qu'en se proposant de fournir des matériaux où puiseraient ceux qui voudraient écrire l'histoire […] [César] a ôté l'envie d'écrire, car il n'y a rien de plus agréable dans l'histoire qu'une brièveté pure et lumineuse.

 

Si différents auteurs critiquent la véracité des commentaires de César, tous s'accordent pour admirer leur style élégant et limpide, la pureté et l'inimitable polissure de son langage, selon Montaigne.

 

En tant que source historique

 

La Guerre des Gaules est la seule source de première main disponible pour ceux qui s'intéressent à la Guerre des Gaules : les textes de Tite-Live sont perdus, et aucun autre ouvrage contemporain conservé n'évoque le sujet. Son auteur étant le principal protagoniste de la conquête, sa fiabilité a souvent été mise en doute. Tout d'abord par d'autres témoins de l'entourage de César ayant une vision différente, notamment Asinius Pollion, dont ne subsistent malheureusement que quelques fragments, puis par les pourfendeurs du césarisme, comme Montaigne, qui dans ses Essais dénonce les fausses couleurs de quoi César veut couvrir sa mauvaise cause et l'ordure de sa pestilente ambition »10. À partir du milieu du XIXe siècle, le débat passe du plan idéologique au plan beaucoup plus scientifique.

 

Michel Rambaud analyse dans sa thèse les subtils procédés rhétoriques qui permettent de présenter César sous un jour qui convient aux intérêts d'alors du proconsul : descriptions systématiquement mélioratives du général, minoration du rôle de ses légats, valorisation de la vaillance des adversaires dans le seul but de valoriser sa victoire, etc. La Guerre des Gaules est donc un ouvrage de propagande, destiné à valoriser le général vainqueur aux yeux du Sénat, afin qu'il puisse affermir son influence à Rome. Cependant, il faut tempérer ce jugement : la valeur factuelle de l'ouvrage est reconnue, et les spécialistes de l'Antiquité considèrent que César n'aurait pu trop déformer la réalité, étant donnée la multiplicité des sources d'information dont disposaient ses contemporains (notamment par ses lieutenants lors de la campagne, choisis par le Sénat, parfois opposants à César sur la scène politique). Comme toujours, en matière historique notamment, il faut prendre d'indispensables précautions face à un instrument de travail incontournable. Au total, on peut considérer que tout l'art de César à cet égard est de parvenir à un équilibre subtil en présentant les choses à son avantage sans perdre sa crédibilité par des manipulations excessives de la réalité. Pour ce faire, il met en œuvre des techniques qui sont encore fréquemment utilisées dans la propagande. Par exemple, comme le montre Rambaud, César ne nie jamais un fait qui pourrait lui être reproché : il affirme le contraire.

 

Cet ouvrage est consultable via la Bibliothèque de l’Union Associative ORATORIO MAGI : https://union-associative-oratorio-mag.jimdofree.com/

 

Les dieux et l’Autre monde

 

Si certaines figures divines majeures sont communes à l'ensemble du monde celtique, chacune des aires culturelles a développé une mythologie particulière. Au-delà des particularismes locaux, on retrouve le schéma trifonctionnel des Indo-Européens, tel qu'il a été présenté par Georges Dumézil.

 

La mythologie celtique galloise

 

La mythologie celtique galloise, celle des Celtes brittoniques de la protohistoire, nous est parvenue de manière très altérée et lacunaire par des manuscrits du Moyen Âge, tels :

  • Le Llyfr Coch Hergest (Livre Rouge de Hergest) ;
  • Le Llyfr Gwyn Rhydderch (Livre Blanc de Rhydderch) ;
  • Le Livre d'Aneurin ;
  • Le Livre de Taliesin ;
  • Le Llyfr Du Caerfyrddin (Livre Noir de Carmarthen) ;

Parmi les textes en prose du Livre Rouge de Rhydderch et du Livre Blanc de Rhydderch se trouvent les Quatre Branches du Mabinogi et plusieurs autres récits et romans, connus dès le XIXe siècle sous le nom de Mabinogion, titre donné par leur première traductrice lady Charlotte Guest et repris par tous ses successeurs. 

 

Des poèmes tels le Kat Godeu et des listes mnémotechniques comme les Triades galloises et les Tri Tlws ar ddeg Ynys Prydain, contiennent aussi des éléments mythologiques. Ces récits présentent en outre les toutes premières formes de la matière de Bretagne et de la Légende arthurienne, ainsi que l’histoire mythique des rois de l’île de Bretagne.

 

Deux autres sources littéraires en latin peuvent y être associées, sans toutefois relever directement de la mythologie, l’Historia Brittonum de Nennius au IXe siècle et l’Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth au XIIe siècle.

 

Les textes importants

 

Les Quatre Branches du Mabinogi

 

Lludd et Llefelys, est une autre histoire mythologique, usuellement publiée à la suite des Mabinogion, est le conte de Lludd et de Lleuelys. Lludd Llaw Eraint est le roi de l’île de Bretagne et son frère, Llefelys, est le roi de France. Le royaume de Lludd est assailli par trois fléaux :

  • Les Coraniaid, peuple de monstres aux pouvoirs surnaturels ; 
  • Un cri terrible qui retentit tous les 1° mai, qui tue les fœtus, rend fous les enfants et tourmente les hommes. C’est le cri d’un dragon de l’île qui se bat contre un congénère étranger ; 
  • Le troisième fléau est la disparition continuelle des nourritures et des boissons de la cour ;

Lludd demande de l’aide à Llefelys, qui élimine les trois calamités par ruse.

Kulhwch et Olwen, le plus ancien des contes publiés avec les Mabinogion, sa première rédaction est datée du XIe siècle, mais sa composition orale ne peut être datée. Le héros Kulhwch, fils de Kilydd et de Goleuddydd, souhaite épouser Olwen, la fille du chef des géants Yspaddaden. Or, ce dernier est lui-même victime d’un sortilège qui impose qu’il meure, lors du mariage de sa fille. Il doit surmonter des épreuves fantastiques et faire appel à son cousin le roi Arthur pour parvenir à ses fins.

 

De nombreux éléments et thèmes sont empruntés à la mythologie celtique, tout comme certains personnages Amaethon, le dieu-laboureur, Mabon ap Modron, le fils divin de Modron, Gwynn ap Nudd souverain de l’Annwvyn à la fonction psychopompe.

 

La malédiction maternelle dont souffre le héros est similaire à celle de Llew Llaw Gyffes par Arianrhod et son arrivée à la cour du roi Arthur rappelle l’épisode de la mythologie celtique irlandaise où Lug se présente à la cour de Nuada, dans la Cath Maighe Tuireadh.

 

Personnages

 

Les Gallois et, d’une manière générale les Celtes des îles britanniques, ont été christianisés plusieurs siècles avant que leurs mythologies primordiales, transmises oralement de générations en générations, soient écrites. Il s’ensuit une altération importante dans la tradition galloise, où les dieux et divinités ne sont plus que des héros ou des rois. Les interventions divines sont souvent réduites à des rivalités familiales ou claniques.

 

Les enfants de Dôn

  • Dôn, fille de Mathonwy est une mère matriarcale. Son compagnon est Beli Mawr ou Beli le Grand. Ses enfants sont :
  • Arianrhod, déesse de la fécondité, elle est la mère du dieu suprême Llew Llaw Gyffes. Après le viol de Goewin, elle est pressentie pour assumer son rôle de « porte-pieds » du roi, mais lors de l’épreuve de virginité, elle donne naissance à des jumeaux.
  • Gwydion, dieu-magicien qui correspond au Dagda irlandais. Par sa magie, il déclenche une guerre contre Pryderi, pour forcer le roi Math à intervenir et ainsi quitter le giron de Goewin. Cette manœuvre permet à Gilfaethwy de violer Goewin, pendant l’absence du roi.
  • Gilfaethwy.
  • Gofannon, dieu-forgeron équivalent du Goibniu irlandais. Il forge des armes qui tuent à coup sûr. Il brasse aussi une bière qui rend immortel.
  • Amaethon enseigne la magie à son frère Gwydion. Il transforme les arbres en guerriers pour vaincre Arawn.

Auxquels on peut ajouter les fils jumeaux d’Arianrhod, Dylan Eil Ton et Llew Llaw Gyffes. Caswallawn (l’historique Cassivellaunos) est souvent présenté comme un des fils de Beli Mawr.

 

Les enfants de Llyr

 

Llyr, le patriarche de l’autre famille divine est vraisemblablement un emprunt à la mythologie celtique irlandaise du dieu de l’océan Lir. Sa compagne est Penarddum, leurs enfants sont :

  • Manawyddan Fab Llyr ;
  • Bran le Béni ;
  • Branwen ;

Pernarddun a deux autres fils Evnissyen et Nissyen, dont le père est Eurosswydd. Caradawg (l’historique Caratacos) est considéré comme le fils de Bran le Béni.

 

Autres divinités

 

  • Arawn ;
  • Avalloc ;
  • Blodeuwedd ;
  • Ceridwen ;
  • Creiddylad ;
  • Cyhyraeth ;
  • Gwenn Teir Bronn ;
  • Gwynn ap Nudd ;
  • Llefelys ;
  • Lludd Llaw Eraint ;
  • Mabon ap Modron ;
  • Modron ;
  • Rhiannon ; 

Autres personnages

 

  • Goewin ;
  • Gwern ;
  • Math ap Mathonwy ;
  • Matholwch ;
  • Morvran ;
  • Pryderi ;
  • Pwyll ;
  • Taliesin ;
  • Tegid Voel
  • Teyrnon ;

Mythologie celtique irlandaise

 

Alors que la civilisation celtique a essaimé dans une grande partie de l’Europe, c’est en Irlande et en Gaule que l'on trouve la plus importante documentation sur la mythologie celtique irlandaise. Les sources irlandaises sont essentiellement littéraires, rédigées à une époque tardive et lacunaires.

 

Rappel historique

 

L’expansion de l’Empire romain, tant en Gaule que dans la partie sud de l’île de Bretagne, a provoqué l’acculturation des sociétés celtiques, qui à partir du I° siècle avant notre ère ont progressivement adopté la romanisation. L’Irlande n'a pas été envahie par les Romains et son insularité a préservé sa spécificité.

 

La société se divise en trois classes, obéissant en cela à l’idéologie trifonctionnelle des Indo-européens :

  • La classe sacerdotale, composée des druides, bardes et vates ;
  • L’aristocratie guerrière, dirigée par le roi ;
  • Les producteurs-artisans et accessoirement des prisonniers de guerre et des esclaves ;

Si le roi possède la souveraineté, il ne peut agir sans l'avis des druides, qui ont effectivement le pouvoir absolu sur tous les aspects de la vie des Gaëls. Les druides (« les très savants », selon l’étymologie), sont des théologiens, des juristes, des historiens, des philosophes, etc. Ils ont la charge d’administrer le sacré, donc la religion. Le rôle du roi est de garantir la prospérité et de procéder à la redistribution des richesses. Les producteurs (artisans, agriculteurs et éleveurs) ont la charge de pourvoir aux besoins de l’ensemble de la société.

Au Ve siècle, le christianisme va supplanter l'antique religion.

 

Sources

 

C’est ainsi que nous disposons d’une documentation abondante mais lacunaire, que les chercheurs contemporains divisent communément en quatre groupes littéraires :

  • Le Cycle mythologique comprend le Cath Maighe Tuireadh, qui relate les guerres entre les Fomoires et les Tuatha Dé Danann et le Lebor Gabála Érenn, une compilation de l’histoire mythique des occupations de l’Irlande. Le Tochmarc Etaine (La Courtise d’Étain) présente la déesse primordiale Étain, personnification de l’île et ses incursions dans l’Autre Monde ;
  • Le Cycle Fenian est centré sur un héros Finn Mac Cumaill, son fils Oisin et les aventures des guerriers appelés les Fianna. Ce corpus, parfois nommé cycle d’Ossian, est le plus récent et est à l’origine des supercheries de James Macpherson ;
  • Le Cycle historique ou Cycle des rois comprend des récits consacrés à des rois légendaires de l'ère chrétienne.
  • Le Cycle d'Ulster ou Cycle de la Branche Rouge est centré sur le royaume d’Ulster, les aventures du héros Cúchulainn et le règne du roi Conchobar Mac Nessa. La Táin Bó Cúailnge (Razzia des Vaches de Cooley) appartient à ce cycle ;

L’ensemble de ces sources doit être étudié de manière comparative avec la littérature celtique galloise et toute la documentation relative à la Gaule.

 

La matière de Bretagne et le Cycle arthurien reprennent de nombreux éléments des traditions irlandaise et galloise, sans pour autant relever de la mythologie.

 

L’histoire mythique

 

Avant l’installation des Gaëls, l’île a connu plusieurs occupations successives qui sont narrées dans le Lebor Gabála Érenn, un texte dont il existe 5 versions de l’histoire réparties dans 18 manuscrits, rédigés entre le XIIe siècle et le XVIIIe siècle. Les clercs qui ont retranscrit ce mythe fondateur ont rajouté la référence biblique du Déluge, qui est originellement inconnue des Celtes. Ces différentes « races » sont dans l’ordre chronologique :

  • Le peuple de Cesair ;
  • Les Fomoires ;
  • Les Partholoniens ;
  • Les Nemediens ;
  • Les Fir Bolg ;
  • Les Tuatha Dé Danann ;
  • Les Milesiens ;
  • Les Tuatha Dé Danann, tribu de la déesse Dana, sont le peuple des dieux de l’Irlande, ils sont évincés par les fils de Mile et doivent se réfugier dans les sidh. Mile est l’ancêtre des Gaëls ;

Personnages

 

Les dieux de l’Irlande celtique sont les Tuatha Dé Danann, derniers occupants de l’ile avant l’invasion des Milésiens qui vont les contraindre à se réfugier dans le Sidh. Les Sidh (chaque dieu ayant le sien) deviennent donc leur résidence et représentent l’Autre Monde.

 

La société divine reprend la structure trifonctionnelle de la société humaine (classe sacerdotale, aristocratie guerrière, producteurs), de manière plus complexe :

 

Hors classe

  • Lug Samildanach - dieu primordial

Fonction sacerdotale

  • Dagda - dieu-druide

Fonction guerrière

  • Ogme - dieu de la magie guerrière
  • Nuada - royauté

Fonction artisanale

  • Goibniu - dieu forgeron
  • Credne - dieu bronzier
  • Luchta - dieu charpentier

Participent aux trois fonctions

  • Diancecht - dieu-médecin - père de Airmed, Miach et Oirmiach
  • Mac Oc ou Oengus – dieu de la jeunesse

Déesse unique

  • Brigit - déesse des poètes, des forgerons et des médecins, connue sous différents avatars :
  1. Étain ou Eithne, reine d’Irlande, mère de tous les dieux ;
  2. Boand, autre nom de Brigit, déesse éponyme de la Boyne ;
  3. Mórrígan - déesse guerrière, ou bien de la souveraineté ;
  4. Macha, autre aspect de Mórrígan, responsable de la faiblesse des Ulates ;

En rapport avec la Gauloise Epona, de par son caractère équin

 

Les Bansidh, les femmes du sidh sont les messagères des dieux, leur magie est plus puissante que celle des druides, en matière d’amour. Elles apparaissent souvent sous forme de cygnes et attirent des guerriers émérites pour des séjours voluptueux, telles les aventures de Conle, Bran Mac Febail ou Nechtan. Mythologie celtique irlandaise.

 

La mythologie des Irlandais s’inscrit dans la succession des invasions mythiques de l’île. Cette histoire est racontée dans le Lebor Gabála Érenn, le Livre des Conquêtes d’Irlande depuis le Déluge jusqu’à l’arrivée des Gaëls. L’île est successivement occupée par le peuple de Cesair, par les Fomoires, les Partholoniens, les Nemediens, les Fir Bolg et les Tuatha Dé Danann. Ces derniers sont des dieux, venus des îles au nord du monde, amenant avec eux le druidisme. Dans cette chronologie légendaire, ils vont être vaincus par de nouveaux arrivants, les Milesiens, ancêtres des Gaëls et contraints de se réfugier dans leurs sidh.

 

L’Autre Monde celtique

 

L’Autre Monde celtique n'est pas le lieu des morts, même si certains héros de la littérature irlandaise en sont familiers. C’est principalement le séjour des dieux et de leurs messagères les bansidh.

 

Une banshee, banshie ou bean sí est une créature féminine surnaturelle de la mythologie celtique irlandaise, considérée comme une magicienne ou une messagère de l'Autre monde le sidh. Elle est comparable à d'autres créatures mythologiques d'Europe que l’on trouve dans la mythologie galloise ou nordique.

 

La banshee prend tout d'abord l'apparence d'une jeune fille en pleurs pour attirer ses victimes. Quand une personne est suffisamment proche d'elle, la banshee envoûte la personne et fait en sorte qu'elle la suive. La banshee reprend ensuite sa véritable apparence, celle d'une jeune femme aux cheveux blancs ou gris, avec de profonds yeux gris.

 

La banshee a un cri très aigu et très fort, ce cri mélange diverses plaintes humaines et animales, c'est ce qui le rend très dangereux pour l'oreille humaine.

 

La banshee crie très souvent quand quelqu'un est sur le point de mourir.

 

Étymologie

 

La banshee est connue par différents noms, selon les langues et les époques. La désignation actuelle la plus commune est le terme anglais banshee est attesté en 1771 qui dérive du gaélique irlandais par emprunt phonétique.

 

En gaélique d'Irlande, le terme est bean sidhe ou bean sí, anciennement ben síd, en gaélique d'Écosse bean sith, signifiant littéralement la femme du sidh. Le sidh ou sí, síd, sith, sidhe désignant l'Autre Monde dans la mythologie celtique du peuple Gaël, puis ce terme prit ultérieurement le sens de colline, tertre, monticule, donnant accès au royaume des dieux ou de la mort, puis le sidhe ou sith a été confondu avec Aos sidhe puis prit finalement le sens de peuple des collines ou de fée, dérivé de l’anglais fairy.

 

La banshee est parfois désignée d'après son comportement : 

  • En Irlande par bean chaointe ;
  • En écossais par caointeach ;
  • En Angleterre par keening woman ;

C'est-à-dire la femme qui hurle des mélopées funèbres.

 

Dans le sud-est de l'Irlande, la banshee est également désignée par différentes formes dialectales de badhbh. Ce terme dérive de Badh, anciennement Bodhb, nom d'une déesse protectrice ou guerrière dans la mythologie celtique ou médiévale.

 

Mythologie celtique des Gaëls

 

Si la documentation nous provient essentiellement de la littérature irlandaise médiévale, après la christianisation de l'Irlande, la bean sí est probablement d'origine celtique.

 

Il est difficile de déterminer le sens originel de bean sí, en raison du mélange de concepts païens et chrétiens dans les textes médiévaux. Anciennement, bean sí aurait pu désigner, par le terme SI une qualité mystique ou magique, alors que BEAN reste rattachée à une femme. Ce ne serait qu'à partir du VIIIe siècle, que la bean sí prendrait dans les textes le sens de femme de l'Autre monde.

 

Parfois elles accordent leurs faveurs à des hommes, s’ils en sont dignes, c’est-à-dire à des héros ou à des guerriers émérites, tels Conle ou Bran Mac Febail et les emmènent avec elles, dans la Plaine des Plaisirs, Mag Meld, un autre nom du Sidh. Parfois leur apparition provoque une maladie que nulle médecine ne peut guérir, et qui conduit à la mort, à moins d’une intervention divine.

 

Le récit, superficiellement christianisé, de la mort de Muirchertach Mac Erca, titre original : Aided Muir-chertaig Meic Erca, nous présente une bansidh et ses pouvoirs. Dans cette histoire, le héros n’est pas emmené dans le sidh, mais la femme exerce dans le monde avant de se convertir. Sin, la femme de l’Autre Monde, est d’une telle beauté que le roi ne peut résister à la séduction et elle exige qu’il répudie et chasse son épouse. Il lui est interdit de prononcer le nom de la femme, sous peine de mort. Sa magie est telle qu’elle peut créer des armées, changer l’eau en vin, transformer des pierres en moutons et des fougères en porcs, elle peut aussi faire de l’or et de l’argent.

 

Folklore des îles Britanniques

 

La banshee du folklore concerne toutes les légendes et croyances populaires des îles Britanniques, Irlande et Grande-Bretagne. Ces légendes étaient transmises de génération en génération, principalement par voie orale via les contes, récits, chants et rites. Les banshee sont restées un objet de croyance depuis le Moyen Âge jusqu'au début du XXe siècle où les légendes et contes populaires ont été collectés par des chercheurs.

 

Protectrice des terres et familles

 

Chaque grande famille irlandaise avait sa propre banshee. Celle-ci suivait la famille si elle déménageait dans un autre pays.

 

« Une des plus belles superstitions des fictions irlandaises est d'assigner à certaines familles d'une vieille souche et d'un rang distingué, le privilège d'une banshie, ainsi nommée, ou fée domestique, dont l'office est d'apparaître en deuil pour annoncer la mort prochaine d'un membre de cette race ».

 

Souvent, la venue d'une banshee associée à une ancienne famille s'accompagne de celle d'un coche noir, conduit par un fantôme sans tête. C'est lui qui est alors chargé de recueillir l'âme du défunt. En janvier 1804, deux soldats du Coldstream Regiment virent passer un tel attelage à Londres. Lorsqu'ils virent une femme sans tête se déplacer le long du Birdcage Walk en coche, ils eurent une frayeur telle qu'ils durent séjourner quelque temps à l'hôpital.

 

Cette tradition d'une banshee protectrice des familles peut être comparée à d'autres figures légendaires d'Europe, comme les lares de l'Antiquité romaine, d'origine étrusque. Les Lares étant des divinités protectrices particulières à chaque famille.

 

Messagère de mort

 

Une caractéristique majeure du folklore de la banshee est son lien avec l'annonce ou le présage de mort. Dans les traditions et récits médiévaux, la manifestation de la banshee était liée aux aspects guerriers, avec l'annonce des morts durant les batailles sanglantes et la symbolique du passage vers l'Autre Monde. Notion qui est commune dans les récits chrétiens ou paganistes. À l'époque moderne, dans le contexte d'une société paisible, la banshee annonce généralement les morts de cause naturelle au sein d'une famille ou d'une maison.

 

Selon Lysaght, l'origine principale des légendes de Banshee, en tant que messagère de mort, est la figure et le rôle de déesses mythologiques celtiques irlandaises. D'autres origines sont parfois supposées, comme l'ancienne tradition et pratique irlandaise des lamentations funèbres, le folklore anglo-saxon des fées, le folklore médiéval et moderne des fantômes et esprits revenants d'une femme attachée à une famille ou le folklore autour du peuple des monticules, le aos sidhe.

 

Laveuse des morts

 

D'après la tradition orale du XXe siècle, dans le Comté de Galway, à l’ouest de l'Irlande et ses régions limitrophes, la banshee nettoie parfois un linge dans un cours d'eau. A l'identique d'autres légendes de lavandière de nuit, comme le présage de mort de la bean nigh du folklore gaélique d'Écosse ou la kannerezed noz de Bretagne.

 

Selon Lysaght, ce folklore moderne est directement relié aux histoires médiévales irlandaises qui mentionnent que la déesse celte Badb annonçait les morts à la bataille en nettoyant les vêtements ensanglantés des personnes destinées à mourir.

 

Pleureuse

 

Selon la tradition, la banshee annonce parfois la mort par des pleurs, des gémissements ou des lamentations, ou plus exactement, en fait par des mélopées funèbres. Par ce comportement, elle est ainsi dénommée en irlandais bean chaointe, écossais caointeach, anglais keening woman, la femme pleureuse.

 

Ces mélopées funèbres, keening en anglais, font directement référence à l'ancienne pratique gaélique des pleureuses. Des femmes qui improvisaient des lamentations vocales durant les processions funèbres et les enterrements, afin de rendre hommage au mort et à sa famille. Cette pratique funèbre, présente dans plusieurs régions du monde, est attestée en Irlande et en Écosse durant le Moyen Âge. Elle a progressivement disparu, à la suite de l'interdiction de cette pratique par l'Église catholique en Irlande. Ces pleureuses, parfois rémunérées, imitaient généralement les aspects de la banshee légendaire, en portant par exemple leurs cheveux dénoués, une longue robe, les pieds nus. L’on retrouve cette notion de pleureuse en Egypte antique, entre autre.

 

Crieuse

 

Dans le folklore plus tardif, notamment la tradition orale du XXe siècle, la banshee annonce la mort par un cri ou hurlement terrifiant. Cette tradition moderne semble particulièrement présente dans les régions influencées par des cultures non gaéliques, telles que l'Est de l'Irlande, le sud de l'Écosse, le pays de Galles.

 

Le cri de la banshee se distingue clairement d'un cri humain ou animal, et il se fait toujours entendre durant la nuit. Il est entendu le soir par les personnes encore éveillées, ou bien il réveille les personnes durant leur sommeil. Ce cri annonce la mort d'une personne dans la maison ou la famille, ou bien le présage de la mort imminente.

 

Cette banshee crieuse, souvent assimilée à un esprit ou fantôme, est similaire à d'autres figures de revenants du folklore médiéval d'Europe, qui par leurs cris annoncent un décès.

 

Apparence

 

D'après les récits et témoignages collectés, il apparait plusieurs caractéristiques fréquentes sur l'apparence de la banshee. La banshee est toujours un être solitaire.

 

Elle est très souvent décrite portant de longs cheveux, qui sont dénoués et visibles, à l'inverse de l'ancienne tradition irlandaises des femmes cachant leurs cheveux dans un foulard. Quelques légendes mentionnent la banshee se coiffant avec un peigne volé à un humain.

 

La banshee porte généralement une longue robe, à la mode ancienne. Parfois la banshee est pieds nus. Les descriptions reprennent parfois certaines caractéristiques légendaires des fantômes, telle que l'extrême pâleur ou la blancheur de sa peau ou les traits morbides de son visage.

 

Légendes et créatures apparentées

 

D'autres créatures légendaires sont apparentées à la banshee :

  • Les sluagh, sont les esprits des morts sans repos, dans le folklore irlandais et le folklore écossais. Interdits dans l'Autre Monde que l’on parle de Paradis, d’Enfer ou du Sidh, ils apparaissent aux humains et sont souvent décrits comme des créatures perturbatrices ou destructrices ;
  • Le folklore de la Dame blanche se confond parfois avec celui de la banshee, en un personnage trouble ayant les mêmes caractéristiques. La Dame blanche, mythe plus moderne semble clairement dérivé de celui de la banshee. On peut supposer que, fort de son succès, la légende de la Dame blanche a ultérieurement influencé le folklore d'Angleterre, d'Irlande et du pays de Galles, puisqu'on y trouve mention de la Dame blanche en même temps que des banshees. En France, certaines Dames blanches sont parfois comparées aux banshees, à l'exemple de la Dame du palais des Bourbons, qui se manifestait la veille de la mort d’un des membres de cette famille ;
  • D'autres créatures comme Mélusine, Áine, Aeibhinn, Aoibheall, sainte Brigitte ont des caractéristiques parfois comparées à celles de la banshee ;

Selon l’histoire mythique de l’Irlande, rapportée par le Lebor Gabála Érenn (Livre des Conquêtes d'Irlande), les dieux des Tuatha Dé Danann se sont réfugiés dans des tertres, le Sidh où ils ont établi leurs résidences. L’Autre Monde est aussi parfois localisé à l’Ouest de l’Irlande, là où le soleil se couche, ou dans les profondeurs des lacs. L’accès se ferait principalement aux fêtes de Samain et de Beltaine.

 

Les données concernant la vision de l'autre monde celte nous vient essentiellement des imramma comme l'Imram Bran Mc Febal et des echtrai comme l'Echtra Nerae. Certaines Vitae chrétiennes comme le voyage de saint Brendan s'en sont inspirées.

 

La classe sacerdotale

 

La société celtique est une société de type théocratique qui se compose de trois classes sociales aux fonctions spécifiques : 

  • Une classe sacerdotale que l’on désigne globalement sous le terme de druides ;
  • Une aristocratie guerrière, les equites menée par un souverain, roi, prince ou un magistrat suprême ;
  • Une classe de producteurs, les plebs, artisans, agriculteurs, éleveurs qui pourvoit aux besoins de l'ensemble de la société ;

Le titre générique de druide provient de dru-wid-es qui signifierait les très savants. L’étymologie dérivée du mot chêne, donnée par Pline l'Ancien, étant erronée. L’expression classe sacerdotale doit être comprise dans un sens large, car il ne s’agit pas d'un clergé au rôle strictement réservé au domaine religieux. Les druides sont des personnages sacrés, au-dessus des deux autres classes, intermédiaire entre les dieux et les hommes et dont la parole est primordiale. Si les domaines du religieux et du sacré sont de leur ressort, leur compétence s'étend à tout le savoir, notamment la justice et le droit, l'histoire, la magie, la divination, etc. Ils assument l'éducation de certains élèves dont les études peuvent durer pendant 20 ans selon César :

 

« Les premiers s'occupent des choses de la religion, ils président aux sacrifices publics et privés, règlent les pratiques religieuses ; les jeunes gens viennent en foule s'instruire auprès d'eux, et on les honore grandement. Ce sont les druides, en effet, qui tranchent presque tous les conflits entre États ou entre particuliers et, si quelque crime a été commis, s'il y a eu meurtre, si un différend s'est élevé à propos d'héritage ou de délimitation, ce sont eux qui jugent, qui fixent les satisfactions à recevoir et à donner ; un particulier ou un peuple ne s'est-il pas conformé à leur décision, ils lui interdisent les sacrifices. C'est chez les Gaulois la peine la plus grave. Ceux qui ont été frappés de cette interdiction, on les met au nombre des impies et des criminels, on s'écarte d'eux, on fuit leur abord et leur entretien, craignant de leur contact impur quelque effet funeste ; ils ne sont pas admis à demander justice, ni à prendre leur part d'aucun honneur ».

 

Jules César - Commentaires sur la Guerre des Gaules, - Livre VI, chapitre 13

 

La classe sacerdotale se compose de trois spécialisations :

  • Le druide théologien dont les domaines d’attribution sont la religion, le sacrifice, la justice, l’enseignement, la poésie, la divination, etc ;
  • Le barde est spécialisé dans la poésie orale et chantée, son rôle est de faire la louange, la satire ou le blâme ;
  • Le vate est un devin, l'eubage, il s’occupe plus particulièrement du culte, de la divination et de la médecine ;

Les femmes participent à cette fonction de prophétie, telles les Gallisenae de l’île de Sein.

 

Cultes

Rites et sacrifices

 

Comme pour toute religion, la notion de sacrifice est présente dans la spiritualité des Celtes. Il s’agit de rendre sacré, de consacrer à la divinité, un objet, un animal ou un être humain. Le sacrifice requiert un prêtre sacrificateur, obligatoirement un druide, un objet ou un être sacrifié propitiatoire ou expiatoire et une assemblée. Dans le cas d’un animal ou d’un homme, la mise à mort est un retrait de monde, donc une approche du divin. On distingue trois types de sacrifices :

  • Sans effusion de sang, par les éléments (première classe) ;
  • Avec effusion de sang avec utilisation d’une arme (deuxième classe) ;
  • Sans mise à mort (troisième classe) ;

D’autres pratiques nous sont connues par la littérature irlandaise :

  • La geis, qui dans la mythologie celtique irlandaise, est une incantation magique prononcée par le druide. Si le mot n’a pas de traduction littérale, il a le sens d’obligation et d’interdit, basée sur le pouvoir du Verbe, elle est obligatoirement orale. La geis est d’origine divine, seuls les membres de la classe sacerdotale peuvent la mettre en pratique au moyen de leur magie. Cette contrainte n’est pas nécessairement négative, elle peut avoir une connotation positive, mais la littérature ne rapporte généralement que les cas de violation. Elle concerne essentiellement la classe guerrière, et son représentant en la personne du roi, sans qu’il puisse y avoir contestation, rarement des membres de la classe des producteurs et jamais les druides ni les femmes. Cette procédure religieuse comprend trois phases sur la durée de l’existence d’un homme. Le druide prononce l’incantation à la naissance du futur guerrier ou lors de son apprentissage militaire. Il s’agit d’une seule geis ou plus fréquemment de plusieurs geisa qui constituent un ensemble d’interdictions et d’obligations. Cela concerne tous les aspects de la vie de l’individu et s’il n’y a pas de violation, il n’y a aucune conséquence. Au cours de son existence le roi ou le guerrier se trouve dans l’obligation d’enfreindre les interdits le concernant, sous peine de perdre son honneur, c’est l’annonce de sa mort prochaine. Il convient de noter que deux geisa contradictoires sont systématiquement fatales. La violation de la prescription provoque la mort violente du guerrier. L’incantation a force de loi, à la fois religieuse et sociale, c’est un moyen pour la classe sacerdotale de contraindre les guerriers à remplir leurs obligations. Seul un druide a le pouvoir de lever une geis. Cette pratique ne doit pas être confondue avec le Destin, ni avec le défi que se lancent des héros. On ne connaît qu’un cas de geis collective dans le récit de la Razzia des vaches de Cooley, où les guerriers d’Ulster n’ont pas le droit de parler avant le roi et où celui-ci ne peut prendre la parole avant ses druides ;
  • Le glam dicinn est une malédiction suprême, proférée par un file. Il s’agit d'une forme de satire qui provoque instantanément l’éruption de trois furoncles, sur le visage de celui qui en est l’objet. Ces furoncles représentent respectivement la Honte, le Blâme et la Laideur, la satire qui entraine l’exclusion de la victime de toute vie sociale et la voue à la mort. Elle se fait sous forme d’un cri, et si elle est parfaite, la mort peut être immédiate. L’un des exemples les plus connus est celui de l’infâme druide Aithirne Ailgesach qui fait mourir de honte Luaine, la fiancée du roi Conchobar Mac Nessa, parce qu’elle ne veut pas coucher avec lui. Dans la littérature médiévale irlandaise, cette pratique est généralement appliquée au roi ou à une personne de premier plan, qui a refusé un privilège au file ;
  • L’imbas forosnai est une prophétie incantatoire qui relève de la magie druidique et réservée aux filid (druides) les plus élevés dans la hiérarchie druidique, les Ollamh. Ce rituel est décrit dans plusieurs textes mythiques, dont le Glossaire de Cormac et La Razzia des vaches de Cooley. L’expression signifierait grande science qui illumine. Le file mastique un morceau de viande rouge qu’il place ensuite sur une pierre en offrande aux dieux, puis il fait une incantation. Le lendemain, il doit refaire deux incantations, il place les paumes de ses mains sur ses joues et reste ainsi jusqu’à ce qu’il s’endorme. Dans le cas de La Razzia des vaches de Cooley, l’opération n’est décrite que dans la version du Lebor na hUidre et prend la forme d’une prophétie. Medb, la reine du Connaught, se prépare à envahir l’Ulster quand elle rencontre une femme qui dit s’appeler Fedelm et venir d’Écosse, où elle a appris la science des filid. La reine, s’étant assuré que la femme connaît la science des illuminations, l’interroge sur l’issue de son aventure militaire. À trois reprises, Fedelm lui prédit la défaite, mais Medb refuse de croire la prophétie. La pratique de l’Imbas forosnai aurait été interdite par saint Patrick lui-même ;
  • Le dichetal do chennaib cnâime, qui se traduit par incantation par le bout des os ou doigts, semble avoir été une incantation simple et improvisée et sur laquelle la documentation est lacunaire. Le Dichetal do chennaib cnâime, dans la mythologie celtique irlandaise, est réservée aux druides. L’incantation serait incertaine, une improvisation chantée sous forme de prophétie ;

Les fêtes religieuses

 

L’année celtique se décompose en 2 saisons, l'une claire et l'autre sombre.

 

Elle comporte 4 fêtes religieuses, décrites par la littérature irlandaise médiévale :

  • Samain, qui a lieu le premier novembre de notre calendrier, correspond au début de l'année et de la saison sombre. C'est une fête de passage, de transition, elle dure une semaine, trois jours avant et trois jours après. C’est à la fois la fin de l'année qui s’achève et le début de la nouvelle année. Elle est marquée par des rites druidiques, des assemblées, des beuveries et des banquets rituels. Elle a la particularité d’être ouverte sur l’Autre Monde, le sidh des Irlandais et donc de favoriser le rapport des hommes avec les dieux. On la retrouve en Gaule sous le nom de Samonios, sous la mention Tri nox Samoni, les trois nuits de Samain, le mot désigne le mois qui correspond approximativement à novembre, attestée par le calendrier de Coligny.
  • Imbolc, est l’évènement sur laquelle les informations sont les plus lacunaires. Fête religieuse celtique irlandaise, qui est célébrée le premier février de notre calendrier, soit au début du mois d’anagantios selon le calendrier de Coligny dans la mythologie celtique. Elle vient après Yule. Le sens du nom est lustration, il s’agit donc d’une purification qui prend place à la fin de l’hiver. Elle pourrait avoir pour fondement un culte lié à la fécondité. Un rapprochement peut aussi être fait avec la fête romaine des Lupercales, qui avait lieu à la fin de l'hiver. Elle a aussi le sens de lactation ou lait des brebis. La date d'Imbolc correspond d'ailleurs à la période de l'agnelage, et donc au moment où les brebis commencent à allaiter leurs petits. L’on peut citer à ce propos ce quatrain extrait de Hibernica Minora de Kuno Meyer :

« Goûter de chaque nourriture selon l'ordre, voilà ce que l'on doit faire à Imbolc. Se laver les mains, les pieds, la tête, c'est ainsi que je le dis ».

 

  • Il était ainsi d'usage de commencer le repas en buvant un bol de lait de brebis, probablement fermenté, mélangé à de l'alcool de grain. Tout au moins était-ce le cas quand cette fête persistait encore au Moyen Âge tardif. Une source, extrêmement discutable toutefois, suggère que cette pratique était en réalité pratiquée à Beltaine et qu'elle faisait écho à une pratique non documentée, qui aurait pu se tenir à Imbolc et qui aurait consisté en verser à terre le dernier lait et le dernier grain, une obole pour s'attirer les faveurs de Cernunnos pour le début de l'année agraire. Cette hypothèse est vraisemblable, au regard de ce quatrain, car il suggère que, pendant la fête d'Imbolc, on ne devait pas mélanger les nourritures. De manière tout aussi hypothétique, cela laisserait à penser qu'à Imbolc, on commençait par boire. Imbolc était une fête au cours de laquelle on célébrait la déesse celte Brigit. On l'invitait à entrer dans la maison afin de la purifier et de la protéger jusqu'à la prochaine fête d'Imbolc. Il s'agissait donc de fêter un renouveau après les jours les plus sombres de l'année. Des survivances se perpétuent, en France cette fête christianisée serait la Chandeleur, la fête de la purification de la Vierge. En Irlande la célébration de sainte Brigitte à cette date, conduit à penser qu’Imbolc se déroulait sous le patronage de la déesse préchrétienne Brigit. En Suisse, dans le Canton de Genève fête les Failles, dans le hameau de Certoux, sur la commune de Perly-Certoux ainsi que celle de Cartigny au cours du Premier dimanche de carême, tradition consistant à brûler des perches enrobées de paille, de sarments et de roseaux le soir à l'apparition de la première étoile. À cette occasion, on y mange des merveilles, une sorte de beignet. Cette fête serait d'origine celtique et constituerait une survivance d'Imbolc. Cette coutume se nomme les brandons ailleurs en Suisse romande.

 

  • Beltaine, qui a lieu le premier mai, marque une rupture dans l’année, c’est le passage de la saison sombre à la saison claire, lumineuse. Cela entraîne aussi un changement de vie puisque c’est l’ouverture des activités diurnes. Reprise de la chasse, de la guerre, des razzias, des conquêtes pour les guerriers, début des travaux agraires et champêtres pour les agriculteurs et les éleveurs. Il s'agit également d'une fête célébrant la fertilité dédiée à la déesse Mère. Durant une seule nuit, les couples se scindent et sont libres de célébrer les festivités dans les bras d'un autre partenaire. Beltaine, Bealtaine, Beltane ou Beilteine, Beltan, cornique, et gallois, Bealtaine en irlandais et Bealltainn en gaélique écossais est la troisième des quatre grandes fêtes religieuses de l’année celtique protohistorique. C'est aussi le nom du mois de mai en irlandais et le nom du premier mai en gaélique écossais. Elle vient après Samain et Imbolc et elle est en rapport avec Belenos, Lug et Belisama. Le principal rituel de Beltaine consiste en des feux allumés par des druides où le bétail passait afin qu'il soit protégé des épidémies pour l'année à venir. Beltaine est encore fêté aujourd'hui, notamment à Édimbourg lors du Beltane Fire Festival qui se tient chaque année le 30 avril sur Calton Hill, mais également en Touraine, une des anciennes provinces de France, grâce à l'association Les Feux de Beltaine qui organise chaque année un éco-festival costumé en l'honneur de cette fête. Elle marque le début de la saison estivale et a lieu à la pleine lune de mai. Contrairement à Samain, Beltaine n'est pas une fête des trois fonctions de la société celtique. C’est une fête sacerdotale, en Gaule elle est en rapport avec Belisama, la Très Brillante, dont le sens est feu de Bel et Belenos, qui reste l’avatar du dieu primordial Lug sous forme de la lumière, parèdre de la précédente. En Irlande, c’est à cette date que sont arrivés les différents occupants de l'ile, si on se réfère au Lebor Gabála Érenn (les Livres des conquêtes de l'Irlande). C'est donc une fête de renouveau. En ce sens, elle est l’antithèse totale de la fête de Samain. Beltaine est la période de prédilection pour les rites de passage entre les périodes froide et chaude, entre l’obscurité et la lumière, entre la mort psychique symbolique et la renaissance spirituelle. De manière générale, Beltaine est la fête du changement du rythme de vie. Du rythme hivernal, on passe au rythme estival. La fête marque ce passage tant physiquement que spirituellement. Les rites anciens d’enfermement dans les chambres des dolmens se passaient peut-être durant la nuit de Beltaine. Les récits insistent sur les feux allumés par les druides, prononçant des incantations magiques. Le Feu de Beltaine est puissant, sacré et fort, celui qui l’allume doit être une personne de pouvoir. Beltaine est l’exaltation du feu, élément druidique par excellence. On suppose que l'assemblée des druides dans la forêt des Carnutes, attestée par César dans La guerre des Gaules, se tenait à l’époque de Beltaine. Des sacrifices d'animaux et d’enfants avaient lieu à l'époque de Beltaine, tout comme à Samain, ils étaient offerts en offrande aux dieux. Les philologues se plaignent d’une documentation lacunaire et de sources incomplètes sur l’Antiquité de cet événement, alors que le folklore du premier mai est abondant. De génération en génération, le folklore s’est emparé de Beltaine comme des autres fêtes celtiques et il en reste quelques usages comme la danse autour d’un mât de mai. Un grand poteau planté dans le sol, symbole phallique, avec des rubans de toutes les couleurs attachés en son sommet, chaque participant tournant autour du mât avec un ruban dans la main, la pratique de la divination, les rituels de protection des maisons, les cueillettes de plantes, en particulier des orties, les sauts au-dessus des feux pour s’assurer bonheur et fertilité. Lors de la nuit du premier mai, le peuple évitait les lieux fréquentés par les fées et autres créatures du Petit Peuple parce que le voile entre leur monde et le nôtre est plus fin lors de la nuit de Beltaine.

 

  • Lugnasad, l’assemblée de Lug a lieu le premier août, pendant la période des récoltes. C’est la fête royale et plus précisément de la souveraineté dans sa fonction distributrice des richesses et d’équité, sous l’autorité des druides. C'est une trêve militaire qui célèbre la paix, l’amitié, l’abondance et la prospérité du royaume. Elle est obligatoire et réunit les trois classes (sacerdotale, guerrière et artisanale) de la société celtique. Dans la mythologie celtique irlandaise, Lugnasad, en irlandais moderne Lúnasa, qui est le nom du mois d’août, est une fête religieuse dont le nom signifie assemblée de Lug, le dieu-roi qui représente la Souveraineté et l’Homme primordial. Elle a lieu au début du mois d’Elembivios du calendrier de Coligny, approximativement vers le 1er août du calendrier grégorien dans l'hémisphère Nord et le 1° février dans l'hémisphère Sud, symboliquement pendant la période des récoltes. Elle est décrite comme une foire de commerce, mais aussi une occasion de régler les contentieux, de célébrer des mariages, d’entendre des poètes et des musiciens. S’il n’y a pas de cérémonie religieuse, on y fait des jeux et des courses, similaires aux Olympiades grecques. L’équivalent gaulois est le « Concilium Galliarum » : l'assemblée des Gaules.

 Lieux de cultes

 

Les Celtes utilisaient toutes sortes de lieux naturels, les montagnes, les grottes, les sources, les lacs, comme lieux de cultes car ils les considéraient comme des endroits habités par les dieux. Ils utilisaient également, pour faire des sacrifices, des offrandes, des enclos carrés entourés de fossés et de palissades en bois.

 

L’immortalité de l'âme

 

La croyance des Celtes en immortalité de l’âme provient notamment d’un passage de Jules César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules à propos des Gaulois : Rituel guerrier de la décapitation.

« Après une bataille gagnée, les Gaulois coupent les têtes des morts ennemis pour les rajouter à leurs collections de têtes ».

 

Druide

 

DEUX DRUIDES

D'APRES UNE ILLUSTRATION DE ANTIQUITAS EXPLANATIONE

ET SCHEMATIBUS ILLUSTRATA 1719

 

Le druide est un personnage très important de la société celtique, au point qu’il est à la fois ministre du culte, théologien, philosophe, gardien du Savoir et de la Sagesse, historien, juriste et aussi conseiller militaire du roi et de la classe guerrière. Il est en premier lieu l’intermédiaire entre les dieux et les hommes. Il correspond donc à la première fonction de l'idéologie tripartite des Indo-Européens.

 

Dans le récit Táin Bó Cúailnge, la Razzia des vaches de Cooley, le druide Cathbad provoque la mort d'un émissaire qui a parlé sans permission, car « Nul ne parle avant le roi, mais le roi ne parle pas avant son druide ».

 

Il est chargé de la célébration des cérémonies sacrées et lui seul a le droit de pratiquer les sacrifices.

 

Sources et étymologie

 

Comme pour tout ce qui concerne la civilisation celtique, nous ne disposons d’aucun texte d’origine interne. Les druides eux-mêmes sont à l’origine de ce fait : considérant que la parole écrite est morte, ils ont privilégié l’oralité et la mémoire pour la transmission du Savoir. Néanmoins, les Celtes connaissaient l’écriture, ils utilisaient le grec et l’ont utilisée de façon marginale. De plus, les peuples de culture gaélique ont inventé l'écriture oghamique dont trois cents inscriptions à vocation funéraire nous sont parvenues gravées dans la pierre.

 

L'ogam airenach, extrait du Livre de Ballymote

 

L’ogham, écrit aussi oġam avec punctum delens ou ogam, prononcé oh-am en irlandais, o-am en gaélique écossais, et oram en vieil irlandais, ou écriture oghamique, est un alphabet antique utilisé principalement pour l'écriture de l'irlandais primitif, forme dite orthodoxe, du IVe au VIe siècle, et plus tard pour le vieil irlandais, forme dite scolastique ou scolaire, du VIe au IXe siècle.

 

On compte environ 400 inscriptions de forme orthodoxe sur des monuments en pierre en Irlande et en Grande-Bretagne. La majeure partie d'entre elles proviennent du sud de l'Irlande, principalement des comtés de Kerry, de Cork et de Waterford.

 

En dehors de l'Irlande, c'est dans le Pembrokeshire du Pays-de-Galles qu'on en retrouve le plus.

La grande majorité de ces inscriptions sont des textes très courts, composés principalement de noms de personnes.

 

L'étymologie du mot ogham reste totalement incertaine. Dans son dictionnaire étymologique de la langue gaélique (1896), Alexander MacBain notait les formes archaïques oghum et Ogma ma Elathan, c'est-à-dire le fils du savoir, l'équivalent gaélique d'Hercule, tiré probablement du même cognat que le dieu gaulois l'origine du mot au dieu Ogme. Une autre origine possible est la racine gaélique og-úaim qui peut signifier point de taille, se référant alors à la pointe d'une arme tranchante qui pouvait servir pour graver ces inscriptions.

 

La datation de cette écriture est tout aussi complexe. Sans doute apparaît-elle entre le IIIe et le Ve siècle.

 

Les consonnes de l’ogham

Les voyelles de l’ogham*

 

Note : Il s'agit de l'écriture verticale de l'ogham. Sous sa forme horizontale, le côté droit de cette inscription serait dirigé vers le bas.

 

Ce système se compose originellement de vingt lettres, la fid en vieil irlandais qui signifie arbre, formant quatre groupes de 5 lettres, composées de 1 à 5 encoches d'un même type. Plus tardivement, un cinquième groupe de cinq lettres a été ajouté. On nomme ces lettres forfeda ou lettres supplémentaires. Elles servirent peu dans les écrits, car elles représentent des phonèmes manquants ou d'origine étrangère. Dans l'Auraicept na n-Èces, on trouve la définition suivante de l'ogham : 

 

« Ceci est leur nombre. Il y a cinq groupes d'ogham et chaque groupe est composé de cinq lettres, chacune ayant d’une à cinq encoches et on les distingue par leur orientation. Les orientations sont : à droite de la ligne centrale, à gauche de la ligne centrale, de part et d'autre de la ligne centrale, à travers la ligne centrale et autour de la ligne centrale. L'Ogham est construit comme un arbre. »

 

La plupart des textes gravés au moyen de l'ogham le sont en irlandais primitif et en vieil irlandais, mis à part quelques noms en langue picte, en vieux gallois, en vieux norrois et en latin.

 

L'usage de cette écriture semble poser problème. Deux hypothèses contradictoires existent : 

  • La première expose qu'elle était réservée aux représentants de la classe sacerdotale, les druides, qui privilégiaient par ailleurs la tradition orale. L'écriture était proscrite en tant qu'archive ou moyen de transmission du savoir traditionnel parce que, par rapport à la parole, elle est morte et fixe éternellement ce qu'elle exprime ;
  • La seconde hypothèse, privilégie l'origine chrétienne de l'ogham ;

Les premières inscriptions en ogham datent environ du IVe siècle, mais l’on estime, que leur invention serait antérieure, sans doute du Ier siècle avant notre ère.

 

Au niveau archéologique, la majeure partie des écritures oghamiques, dites classiques, retrouvées sur des pierres autour de la mer d'Irlande datent du Ve et vie siècles, mais les phonèmes utilisés prouvent que cet alphabet est antérieur au Ve siècle. On peut aisément penser qu'avant l'écriture monumentale sur des pierres que l'histoire nous a laissée, il y a eu une période d'écriture sur des supports périssables comme le bois par exemple. C'est ce qui peut expliquer la perte de certains phonèmes comme úath (« H ») et straif (« Z » dans la tradition manuscrite, mais probablement « F » de « SW »), getal (représentant la nasale vélaire « NG » dans la tradition manuscrite mais étymologiquement probablement « GW ») qui font partie clairement du système linguistique mais qui ne sont pas attestés dans les inscriptions. Il semble donc que l'écriture oghamique soit calquée sur un autre système d'écriture. Certains considèrent même qu'il s'agit simplement d'un système de chiffrement. Düwel, en 1968 souligne la grande similitude avec les runes dites secrètes dont l'usage était uniquement cryptographique. La majeure partie des spécialistes12 pensent que les oghams proviennent de l'alphabet latin. Cette théorie est la plus facile à établir car à partir du IVe siècle, la langue latine commence à s'implanter dans ces régions, mais cette hypothèse ne résout pas le problème des lettres « H » et « Z » entre autres. Une seconde hypothèse, peu suivie aujourd'hui, est l'influence de la langue grecque, mais qui pose les mêmes problèmes que la langue latine. La troisième hypothèse est le lien avec les runes13. Cette hypothèse permet de résoudre le problème des phonèmes spécifiques (« U » vs « W » en particulier qui est inconnu dans les langues gréco-latines), mais l'influence des runes ne s'était pas encore répandue en Europe continentale au ive siècle.

 

L'alphabet

 

L'alphabet comprend donc vingt lettres différentes, divisées en quatre familles. Chaque aicme était nommée d'après sa première lettre : 

  • Aicme Beith ;
  • Aicme (H)úath ;
  • Aicme Muin ;
  • Aicme Ailm ;

D'autres lettres ont été ajoutées dans certains manuscrits, à une époque plus tardive, et sont appelées forfeda.

 





 

Il n'existait pas de fid pour retranscrire le P, puisque ce phonème avait disparu dès l'irlandais primitif. Ce n'est qu'avec l'arrivée des latins que cette lettre va être rajoutée, pour écrire Patrick par exemple, tout d'abord avec la forfeda IA, puis par la suite, en créant une nouvelle fid.

 

Usage magique

 

Une littérature très abondante, surtout depuis le XIXe siècle, présente l'ogham comme un système magique et divinatoire, à l'usage des druides de l'antiquité. L'archéologie et les pierres monumentales qui sont arrivées jusqu'à nous, tenteraient plutôt de nous montrer le contraire, à savoir que l'ogham est simplement un système d'écriture, facile à graver dans la pierre. Nombre d'auteurs ont confondu et mélangé la culture celte et la culture germano-scandinave, dans le tout ésotérique de la période romantique, alors que ce sont deux cultures totalement différentes, même s'il a existé des ponts entre les deux. Ces mêmes auteurs ont voulu ainsi faire de l'ogham, un système comparable aux runes, à la fois magique et divinatoire. Mais si l'on trouve dans les écritures runiques des formules magiques, des mots magiques, dont l'existence est indéniable, il n'en est absolument pas le cas pour les écritures oghamiques, qui sont, pour la plus grande majorité, de simples épitaphes ou des mémoriaux. De plus, le rattachement de l'ogham à la pratique druidique n'est pas du tout un fait avéré ; il s'agit peut-être d'une écriture chrétienne.

 

La culture druidique était avant tout, contrairement aux Anciens Scandinaves, une culture de la tradition orale.

 

L'usage de petits bâtons de bois gravés avec une lettre en ogham et servant comme une sorte de tarot divinatoire, n'est pas une pratique druidique. C'est une invention moderne, copiée sur l'usage antique des runes.

 

Druides

 

L'étymologie du mot druide, latin pluriel druidæ, non attesté au singulier, est discutée. Si tous les spécialistes s'accordent pour reconnaître dans le second terme de ce composé la racine weid-, signifiant savoir, voir, le premier terme est souvent interprété comme le préfixe intensif indo-européen dru- [δρῦς], se traduisant souvent par durs, forts comme le chêne, d'où la traduction courante : « Les très savants ». 

 

Cette explication a été critiquée, si l’on s’en tient à partir de la base der-w/dr-ew, donnant la notion de ferme, solide. Selon cette étymologie, le druide serait « celui qui sait fidèlement, celui qui a une vision vraie, certaine ».

 

Depuis les Romains, on a longtemps pensé que le mot druide était associé au chêne en grec : δρυς, à cause des rites associés à cet arbre. Les linguistes et philologues ont maintenant établi que ce terme spécifiquement celtique, présent tant dans le texte de Jules César que ceux du Moyen Âge, provenait de dru-wid-es qui signifie « très savants ». On remarquera toutefois que, curieusement, chêne se dit derw ou derv/dero en breton et que sur une racine semblable se forme en gallois le mot derwydd qui signifie druide, ce qui a pu mener à une certaine confusion sur l'origine du mot.

 

Cette thèse est catégoriquement réfutée par Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux pour qui il n’existe aucune possibilité immédiate de relier le nom des druides à celui du chêne.

 

Sources littéraires

 

Deux types de sources nous permettent d’appréhender le sujet :

  • Les témoignages antiques ;
  • La consignation, par des clercs, de traditions orales au Moyen Âge en Irlande ;

Pour la première catégorie, il faut citer notamment Diodore de Sicile (Bibliothèque historique), Strabon (Géographie), Pomponius Mela (De Chorographia), Lucain (La Pharsale), Pline l'Ancien (Histoire naturelle), Diogène Laërce, et surtout César qui, avec ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, nous apporte de nombreuses et importantes informations sur la société gauloise ainsi que sur la religion et ceux qui en ont la conduite. Jean-Louis Brunaux insiste pour sa part sur l'apport de Posidonios d'Apamée, dont nombre d'auteurs anciens se seraient inspirés, parfois très directement.

 

Une deuxième source documentaire vient corroborer la première et l’enrichir d’une origine différente. Il s’agit d’un ensemble important et incontournable de textes irlandais, pour l’essentiel, écrits du VIIIe siècle au XVe siècle. Ils retranscrivent les mythes et épopées de l’Irlande celtique qui se sont transmis oralement de génération en génération. Les collecteurs transcripteurs les ont affublés d’un vernis chrétien, sous lequel l’étude découvre l’original. 

 

De cette littérature, on peut citer :

  • Le Cath Maighe Tuireadh se traduisant par la Bataille de Mag Tured ;
  • Le Tochmarc Étaíne, la Courtise d’Etain ;
  • Le Táin Bó Cúailnge, célèbre Razzia des Vaches de Cooley ;
  • Le Lebor Gabála Érenn ou Livre des Conquêtes ;
  • Les Mabinogion gallois ;

Jules César écrit : « Les premiers [les druides] s'occupent des choses de la religion, ils président aux sacrifices publics et privés et règlent les pratiques religieuses ; les jeunes gens viennent en foule s'instruire auprès d'eux, et on les honore grandement ».

 

Le décalage géographique et chronologique entre les sources continentales et les sources insulaires semble poser problème à certains auteurs. Ainsi, l’archéologue Jean-Louis Brunaux prend le parti d’écarter les sources irlandaises pour ne considérer que les auteurs grecs et latins et étudier les druides gaulois. Mais la plupart, comme Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, considèrent pour les sources galloises et irlandaises, que c’est la retranscription qui est tardive, mais que le fond est archaïque. Albert Grenier note, quant à lui : « Toute cette littérature n'est vraiment étudiée que depuis une soixantaine d’années. On n’en méconnaît plus aujourd’hui la valeur ni l’intérêt. Si mêlée qu’elle soit d’éléments divers, elle n'en plonge pas moins ses racines dans un passé lointain dont l’isolement de l’Irlande a conservé la tradition. Tandis que le continent subissait le bouleversement des invasions barbares, le celtisme insulaire s’est développé, conservant une image de l’ancienne civilisation ».

 

Miranda Jane Green rappelle l'importance des druides dans la mythologie de l’Irlande et note la confirmation des textes classiques par les récits mythiques en ce qui concerne l'existence de trois types de membres de la classe sacerdotale.

 

Archéologie

 

Si l’archéologie nous renseigne sur les sanctuaires et certaines pratiques cultuelles, elle n’apporte rien sur le statut et la fonction. Selon Venceslas Kruta, l'identification archéologique des druides est difficile et même les cas qui peuvent être considérés comme les plus vraisemblables restent incertains.

 

Dans la nécropole de Pogny, dans le département de la Marne, la sépulture d’un guerrier renfermait des instruments comme une patère en bronze et deux cuillères plates que l’on peut voir au musée de Châlons-en-Champagne et que l’on suppose être médicaux. La médecine étant exclusivement du ressort des druides, il est possible que l’homme inhumé dans cette tombe fût l’un d’eux.

 

À Pottenbrunn en Basse-Autriche, l’une des nécropoles, utilisée entre le Ve et le IVe siècle avant notre ère et contient 42 tombes dont l’une, pourrait être celle d’un druide. Un instrument qui semble être une sonde chirurgicale et un pendule en os ont été retrouvés, entre autres objets, à côté du squelette d’un guerrier, âgé de 45-55 ans.

 

En Grande-Bretagne, à Camulodunum, l’oppidum du puissant peuple des Trinovantes était installé à l’emplacement de l’actuelle ville de Colchester, dans le comté d’Essex. Dans ce site archéologique important, on a découvert en février 2008 une sépulture contenant des instruments de divination et des instruments chirurgicaux de type scalpels, scie, aiguilles, sondes, etc., qui pourraient laisser supposer qu'il s’agit, là aussi, de la tombe d’un druide.

 

Origines

 

César évoque une origine insulaire du druidisme « On croit que leur doctrine est née en Bretagne, et a été apportée de cette île dans la Gaule. De nos jours encore ceux qui veulent en faire une étude approfondie vont le plus souvent s’instruire là-bas », mais cette thèse n'est absolument pas confirmée. Il existe plusieurs thèses sur l’émergence de l’institution druidique.

  • Une origine fondamentale et spécifique de la civilisation celtique ;
  • Une origine pré-celtique issue du néolithique ;
  • une création tardive des derniers siècles du Ier millénaire avant notre ère, avec l'apparition d'intellectuels, notamment des savants versés en astronomie, se distinguant de la classe guerrière sur le pourtour de la Méditerranée ;

 

L'ordre sacerdotal

 

Structure de la société celtique

 

La société celtique est divisée en trois ordres sociaux. César, relatant ses opérations militaires, avait noté que les Gaulois, la plèbe, étaient dirigés par deux classes d’hommes, les druides et les chevaliers, nommés les equites : « Dans toute la Gaule, il n'y a que deux classes d'hommes qui soient comptées pour quelque chose et qui soient honorées ; car la multitude n'a guère que le rang des esclaves, n'osant rien par elle-même, et n'étant admise à aucun conseil. […] Des deux catégories sociales privilégiées, l'une est celle des druides, l'autre celle des chevaliers ». On retrouve cette hiérarchie dans la structure de la société divine des Tuatha Dé Danann, les dieux de l’Irlande, qui reproduit le schéma de l’idéologie tripartite des Indo-européens, telle qu’elle a été exposée par Georges Dumézil.

  • L'ordre sacerdotal qui possède le Savoir et fait la Loi ; elle administre le sacré et le religieux ;
  • L'ordre des guerriers qui gère les affaires militaires sous le commandement du roi ;
  • L'ordre des producteurs, les artisans, agriculteurs, éleveurs, etc., qui doit subvenir aux besoins de l’ensemble de la société et en priorité ceux des deux autres classes ;

Hiérarchie et structure de l'ordre sacerdotal

 

L'ordre sacerdotal est lui-même hiérarchisé, et ses membres possèdent des spécialités. Strabon fut l’un des premiers auteurs à décrire cette catégorie sociale :

 

« Chez tous les peuples gaulois sans exception se retrouvent trois classes d'hommes qui sont l'objet d'honneurs extraordinaires, à savoir les Bardes, les Vates et les Druides : les Bardes, autrement dit les chantres sacrés, les Vates, autrement dit les devins qui président aux sacrifices et interrogent la nature, enfin les Druides, qui, indépendamment de la physiologie ou philosophie naturelle, professent l'éthique ou philosophie morale ».

 

Strabon, Géographie, IV, 4.

 

Le mot druide est un terme générique qui s’applique à tous les membres de l'ordre sacerdotal, dont les domaines d’attribution sont la religion, le sacrifice, la justice, l’enseignement, la poésie, la divination, etc. Mais il définit aussi ceux que l'on appelle les druides théologiens.

 

Le barde est spécialisé dans la poésie orale et chantée, son rôle est de faire la louange, la satire ou le blâme.

 

Le vate est un devin. Il s’occupe plus particulièrement du culte, de la divination et de la médecine. Les femmes participent à cette fonction de prophétie, telles les Gallisenae de l’île de Sein.

 

Dans la tradition irlandaise, le file est un devin. Il a remplacé le barde dont il possédait aussi les attributions. 

 

En fonction de leurs spécialités l’on trouve :

  • Le filid qui est sencha, des historiens professeurs ;
  • Le brithem, qui est juge ou juriste ;
  • Le scelaige qui se trouve être le conteur ;
  • Le cainte qui est satiriste ;
  • Le liaig à proprement parlé le médecin ;
  • Le dorsaide qui n’est que simple portier ;
  • Le cruitire qui à charge de harpiste ;
  • Le deog baire ou échanson ;

Le devin est le faith, la prophétesse est banfaith ou banfile. Ollamh est le titre le plus élevé au sens du mot est docteur, savant devant l’anruth, le brillant. L'oblaire étant l'étudiant. 

 

Le rôle du druide dans la société

 

Les druides, représentation fantaisiste de Neuville au XIXe siècle

 

« Idéalement, tout pouvoir est rattaché aux druides et à l’autorité de leur science divine. Le roi est un noble investi d’un mandat de gestion temporel sur la noblesse et les classes laborieuses qui se partagent les devoirs sociaux : respectivement la protection et la satisfaction des besoins de tous ».

Claude Sterckx, Mythologie du monde celte

 

En tant que ministre de la religion, le druide procède à tous les rites cultuels, et en particulier aux sacrifices. Si les sacrifices humains de prisonniers de guerre sont attestés, il semble cependant qu’ils étaient réservés à des circonstances exceptionnelles, les sacrifices animaux, essentiellement des chevaux, taureaux, porcs, moutons ou symboliques étaient plus courants.

 

L’enseignement, c’est-à-dire la transmission orale du savoir, fait aussi partie de ses responsabilités. Il se charge notamment de l'instruction des enfants de l'aristocratie dont certains deviendront druides à leur tour. C’est encore César qui nous apprend qu’un grand nombre de jeunes gens viennent s’instruire chez eux et que les études peuvent durer vingt ans. On cite le chiffre de 150 élèves pour le druide mythique Cathbad, dans la tradition irlandaise.

 

En contrepartie de cette longue initiation, les druides sont exemptés d'impôts et n'ont pas à porter les armes. Ils peuvent cependant participer à la guerre, il n’y a pas d’interdit ni d’obligation. Le druide-guerrier est un personnage assez courant. Ainsi, à titre d’exemple, le druide Cathbad, dont le nom signifie Tueur au combat.

 

Les druides sont peut-être chirurgiens, comme le suggèrent certains sites archéologiques contenant des instruments métalliques tels que des scies, scalpels, pinces, sondes, couteaux en bronze ainsi que des os ressoudés, crânes trépanés.

 

Dans le contexte celtique, le domaine juridique fait partie de la théologie et relève donc de la religion. C’est donc tout naturellement que les druides sont à la fois juristes et juges. Magistrats, ils tranchent aussi bien pour les conflits graves entre les tribus gauloises que pour les litiges entre particuliers. Le non-respect d’un contrat est sanctionné par des peines qui sont codifiées selon la nature de la faute et le rang des parties dans la hiérarchie sociale. Si c’est le roi qui prononce la sanction, c’est le druide qui conseille. Compte tenu de la primauté de son statut, du prestige attaché à sa fonction, et aussi de sa qualité de juriste, il a aussi la charge des relations diplomatiques pour prévenir la guerre ou régler les compensations après l’agression. 

 

Tenant leur assemblée générale annuelle dans la mythique forêt des Carnutes, près de l'actuelle ville de Chartres, selon César, les druides sont des acteurs de l'unité gauloise et considérés comme l'âme de la résistance à la présence romaine.

 

En tant que savant et garant du savoir, il est logique que les domaines de la philosophie, l’histoire, de la généalogie, de la toponymie soient de son ressort, étant entendu que ce que nous appelons mythologie avait une réalité à cette époque. Pour des raisons de légitimité et de souveraineté, ces disciplines se devaient d’être les plus précises possibles. Voyageant pour bénéficier d'échanges intellectuels, il maîtrise plusieurs langues, généralement le grec, l’étrusque et le romain.

 

Les Tuatha Dé Danann, les Gens de la déesse Dana, les dieux de l’Irlande ont un dieu-médecin, Diancecht qui est un expert dans la magie et la médecine, il soigne et rétablit les blessés, il ressuscite les morts en les immergeant dans la Fontaine de Santé, il fabrique une prothèse au roi Nuada qui a eu le bras arraché. Les épopées sont pleines de ces guérisons, où les plantes, les incantations et les breuvages magiques sont utilisés.

 

Leur grande connaissance de l'astronomie leur aura permis de conceptualiser le temps, dont nous avons une idée grâce au calendrier de Coligny, qui date de l’époque gallo-romaine et dont les inscriptions constituent un calendrier en langue gauloise.

 

Le roi ne prend pas la parole avant le druide, mais ils forment une sorte de binôme indispensable et antagoniste. Si le roi exerce la souveraineté, il le fait sous l’inspiration du druide qui lui doit le conseil, il y a dépendance du pouvoir politique au spirituel.

 

Les pratiques

 

Certains textes irlandais font état de l’intervention des druides au moment de la naissance, pour donner un nom à l’enfant et pratiquer une lustration, que l’on assimile à une forme de baptême.

 

L’attention portée aux présages est générale, car ils sont l’expression des volontés divines et donc les présages et la divination ne peuvent relever que du religieux dans la mesure où le druide est l’intermédiaire et sa parole sacrée. C’est donc un domaine illimité dès l’instant qu’il est question de l’avenir.

 

Le mot irlandais geis désigne un interdit qui peut être négatif au sens d’interdiction, ou positif dans le sens d’une obligation. La geis a force de loi. Elle s’adresse principalement au roi et aux membres de la classe guerrière et recouvre l’ensemble des activités de la vie quotidienne.

 

La magie, dont la médecine est un prolongement, fait appel à des techniques rituelles. Les plantes médicinales en sont un élément important, il faut aussi noter l’élixir d’oubli qui affecte la mémoire, la musique, la Fontaine de Santé qui guérit les blessés dans les batailles et ressuscite les morts, la pomme, symbole celtique par excellence de l’immortalité et du savoir, la cueillette du gui sur un chêne, accompagnée du sacrifice de taureaux, et bien d’autres.

 

Les éléments aussi participent à cette religion : 

  • L’eau par son pouvoir de lustration ;
  • Le feu qui sert aux sacrifices ou à la purification des troupeaux ;
  • Le vent qui a le pouvoir d’égarer ou d’anéantir ;
  • Le brouillard qui permet de se déplacer de manière invisible ;

Les incantations sont aussi une pratique très usitée. La littérature irlandaise parle notamment du glam dicinn qui est une malédiction suprême qui entraîne la mort, de l’imbas forosnai qui a le sens d’illumination, et du dichetal do chennaib cnâime, dont la signification est incertaine. Ce chanté de la prophétie serait une improvisation. La louange est de la responsabilité du barde, c'est une forme de poésie qui consiste à mettre en valeur les qualités d’un personnage. Le blâme est de même nature avec l’objectif contraire, à ne pas confondre avec la satire qui est une incantation religieuse et légale qui entraîne généralement la mort. La geis est une incantation constituée d'obligations et d'interdits que les membres de la classe des guerriers doivent respecter, sous peine de mort.

 

Le druidisme

 

Selon le Lebor Gabala, le druidisme a été inventé par les Partholoniens, arrivés en Irlande trois cent douze ans après le déluge et qui vont l’occuper pendant cinq mille ans. Dans la mythologie celtique irlandaise, Partholon est lié au mythe du Déluge, à la disparition et à la renaissance de l'humanité, c'est un prototype que l'on retrouve dans nombre de mythologies. Il est le fils de Sera et de Baath, l'Océan. Dans le Lebor Gabála Érenn ou Livre des Conquêtes d'Irlande, il est présenté comme le chef du premier peuple d'Irlande et le démiurge universel, l'homme premier. Il avait été précédé sur l'île par le peuple de Cesair et les Fomoires.

 

Premier occupant de l'Irlande 278 ans après le déluge, il débarque avec sa femme, ses trois fils et leurs épouses respectives, on dit aussi qu'ils étaient vingt-quatre hommes et vingt-quatre femmes, en provenance de Grèce ou d'Espagne. Cette arrivée aurait eu lieu le jour de Beltaine, le premier mai. Très vite, la population va croître de manière importante. Il crée les sept lacs et les quatre plaines, les rivières, les forêts et les montagnes. Il invente les moyens dont les hommes ont besoin pour leur subsistance, l’agriculture, l’élevage, la chasse, la pêche, Il instaure le druidisme en transmettant son Savoir et entraîne les hommes à la guerre qu'ils devront bientôt livrer aux Fomoires. Ces derniers se réfugieront sur l'Île de Man.

 

Les Partholoniens exploitent les mines d'or, inventent la métallurgie, brassent la bière, pratiquent l'alchimie.

 

Cette ère va durer 300 ans, jusqu'à ce qu’un cataclysme, sans doute une épidémie, détruise toute la population en une semaine, à l'exception d’un seul rescapé Tuan Mac Cairill. Tuan est à la fois l’Homme et le Druide primordial. Il ne doit sa survie qu’à des métamorphoses animales successives, pour finalement revenir à l’état humain, afin de transmettre sa science. Sous Partholon, c’est un homme durant cent ans, puis à l’époque de Nemed, il est un cerf pendant trois cents ans, il est un sanglier ou un bouc sous Senion pendant deux cents ans, il est un rapace sous Beothach durant trois cents ans et encore cent années sous le règne de Mile, il a la forme d'un saumon. Sous cette forme il est attrapé par un pêcheur qui l’offre à la reine Cairill, femme de Muiredach Muinderg. Elle le mange et il redevient humain avec le nom de Tuan Mac Cairill. C'est l'histoire que Tuan raconte à Saint Patrick qui nous donnera l'histoire mythique d'Irlande d'avant le déluge. Giraldus Cambrensis pensait que le personnage de Tuan a été inventé par les Irlandais pour justifier le fait que l'on récitait une généalogie d'une époque d'où personne n'aurait survécu en Irlande.

 

Tuan Mac Cairill représente la préservation du savoir par transmission de génération en génération.

 

César aussi pense que le druidisme est originaire de l’île de Bretagne, puis s’est répandu en Gaule. D’ailleurs il affirme que nombre d’étudiants vont se perfectionner là-bas.

 

Tout ce que l’on peut dire à ce propos ne peut être qu’une émanation de ce que nous savons de ses ministres.

 

Plus qu’une religion, au sens où nous le comprenons aujourd’hui, le druidisme est le fondement même de la civilisation celtique, et le règlement de l’ensemble de la société. Toute la vie des Celtes est sous le contrôle des druides.

 

Les Celtes étaient convaincus de l’immortalité de l’âme, c’est la raison pour laquelle les guerriers n’éprouvaient aucune peur de la mort lors des batailles. Des confusions dans la lecture des textes ont suggéré la notion de réincarnation, mais celle-ci est inexistante. 

 

On a le plus souvent confondu la réincarnation et la métamorphose : les dieux changent facilement de forme et ils ont des symboles zoomorphes, ours, corbeau, sanglier, cygne, etc.

 

Le Sidh est le nom gaélique qui désigne l'Autre Monde celtique. Il se situe à l’Ouest, au-delà de l’horizon de la mer, dans des îles magnifiques. Sous la mer, dans les lacs et les rivières où se situent de somptueux palais de cristal aux entrées mystérieuses. Sous les collines et les tertres. C’est le séjour des dieux.

 

Le culte se pratiquait dans des aires sacrées appelées Nemeton. Le mot gaulois nemeton désigne le sanctuaire, le lieu spécifique dans lequel les Celtes pratiquaient leur culte, sous la direction des druides. L'équivalent gaélique est nemed qui signifie sacré. En brittonique, on trouve nyfed en gallois et neved en breton au sens de sanctuaire. Strabon nous apprend, entre autres, que le nom du sanctuaire des Galates d'Anatolie est Drunemeton.

 

Nemeton est également le nom d'une revue néo druidique créée par Morvan Marchal.

Le terme nemeton est bien attesté dans les inscriptions anciennes rédigées en langue gauloise, utilisant soit l'alphabet grec, soit l'alphabet latin. Il signifie certainement à l'origine bois sacré avant de glisser vers le sens de sanctuaire. Le terme est expliqué tardivement dans une glose de Fortunat :

 

« Loco nomine Vernemetis…quod quasi fanum ingens Gallica lingua refert ».

 

Sous une forme latinisée issue de la forme romane :

 

« De sacris silvarum quae nimidas vocant ».

 

Ces lieux sacrés se retrouvent dans tout le monde celtique aussi bien en Grande-Bretagne qu'en Hongrie, en Allemagne, en Suisse, en République tchèque, et bien évidemment en Gaule où l'archéologie a démontré la richesse et l'abondance de ces sites. L’important nemeton de la forêt du Névet, le mot qui provient du breton neved, signifiant sanctuaire est issu du celtique nemeton, à Locronan dans le département du Finistère en Bretagne, dont le souvenir des rituels druidiques se perpétue de nos jours sous la forme chrétienne de la Grande Troménie.

 

Les enclos rituels celtiques apparaissent à la fin du Hallstatt aux alentours du VIe siècle avant notre ère, comme en attestent notamment les fouilles de celui des Herbues au Mont-Lassois, où l'élite locale est héroïsée.

 

Certains nemetons sont fréquentés jusqu’à la christianisation, après avoir été transformés en fana.

Outre celui précité, on peut citer à titre d'exemple :

  • Gournay-sur-Aronde dans le département de l’Oise ;
  • Mirebeau-sur-Bèze dans celui de la Côte-d'Or ;
  • Navan Fort en Irlande du Nord, capitale mythique du royaume d'Ulster, connue dans la littérature épique sous le nom d'Emain Macha, résidence du tout aussi mythique roi Conchobar Mac Nessa ;
  • Holzgerlingen ou Felbach-Schmieden en Allemagne ;
  • Mšecké Žehrovice et Oppidum Závist en Bohême ;
  • Ludéřov en Moravie ;

Le sanctuaire carnute dont Jules César fait mention dans la Guerre des Gaules n'a pas été localisé. Certains ont proposé qu'il se situe en Sologne, vaste forêt parsemée d'étangs, la Sologne fut à l'époque gauloise une forêt-frontière d'une grande importance. Elle séparait deux importantes nations celtes, les Carnutes au Nord, les Bituriges Cubes au sud, et correspondrait à ce vaste massif appelé par les auteurs anciens Forêt des Carnutes, dans laquelle se trouvait le principal Nemeton de la Gaule, considéré comme particulièrement important puisque commun à toutes les tribus de la Gaule, et témoignant d'un sentiment d'appartenance gaulois au-delà des différences tribales. En Péninsule Ibérique, ce type de structure a été identifié pour la première fois à Matabodes, commune de Beja au Portugal.

 

C'est par le terme allemand Viereckschanze, que les archéologues désignent un espace quadrangulaire, entouré d'un fossé et d'une levée de terre, surmontée d'une palissade en bois. Cependant, l'usage de ce terme technique n'est pas restreint au nemeton qui est seulement un type de Viereckschanze parmi d'autres.

 

L'important site de Gournay-sur-Aronde, est un enclos carré de 40 mètres de côté, qui comporte un fossé de 2 mètres de profondeur et d'une largeur de 2,5 mètres, coupé par une entrée située sur la façade est. Cet accès faisait face à un bâtiment rectangulaire.

 

Pline l'Ancien et Lucain relatent que les druides ne se rencontrent pas dans des temples ou autres constructions, mais dans des vallées sacrées plantées d'arbres. Dans son Pharsale, Lucain décrit un tel lieu près de Massilia dans des termes assez évocateurs d'horreur dans cette pièce de théâtre romain du Ie siècle. Selon lui, aucun oiseau ne nichait dans le nemeton, aucun animal n'osait s'approcher. Les feuilles étaient soumises à un tremblement constant sans qu'aucune brise ne les touche. L'autel se trouvait au milieu ainsi que les statues de leurs dieux. Chaque arbre était souillé du sang sacrificiel. La terre elle-même résistait. Les ifs morts revivaient. Des arbres étaient cernés par le feu sans en être consumés. Des serpents énormes encerclaient les chênes. Les gens avaient peur de s'approcher, et même les druides ne s'y seraient pas aventurés à midi ou minuit de peur de rencontrer leur gardien divin.

 

Les sites qui ont été fouillés livrent des ossements humains et animaux en grande quantité, de nombreuses armes neutralisées, qui sont cassées ou tordues. Il ne fait aucun doute que cela relève de la pratique de sacrifices. Les sacrifices de prisonniers de guerre sont connus, les sacrifices d’enfants et de vierges, restent controversés mais certaines de ces fouilles, aux vus du nombre d’ossements et de leur nature, ne laissent aucun doute sur de telles pratiques. Les restes humains peuvent aussi constituer des ossuaires de guerriers, honorés par une cérémonie.

 

Il est permis de supposer que ces enclos ont servi à l'ensemble des pratiques druidiques, telles que la justice, la magie, la divination, la louange ou la satire.

 

Une déesse Nemetona est attestée chez les Némètes et les Trévires. On trouve son épigraphie à Bath en Angleterre et à Klein-Winternheim en Allemagne où elle est parèdre de Loucetios Mars. A Trèves en Allemagne où elle est parèdre de Mars.

 

Le nemed gaélique, dont la Troménie, procession chrétienne, perpétue le souvenir d’une cérémonie druidique.

 

Il est fort probable que des monuments mégalithiques, tels Carnac ou Stonehenge, aient été récupérés par les druides. Si, à l’origine, le Nemeton fut probablement un endroit ouvert, il a considérablement évolué, pour devenir un enclos, de forme généralement quadrangulaire, comprenant des édifices en bois et un puits à offrandes.

 

Les filid irlandais ont élaboré un système de notation, les ogams, que j’ai détaillé ci-dessus. Ce système parfois appelé écriture oghamique, qui n’a jamais servi à la rédaction de textes, mais à des inscriptions funéraires. Trois cents nous sont parvenues. Des notions incantatoires, gravées dans la pierre ou le bois subsistent encore. Attribué par la tradition à Ogme, le dieu de la magie et de l’éloquence, cet alphabet composé d’encoches et dérivé de l’alphabet latin en association avec des noms d’arbres, resta cantonné à l’Irlande, l’Écosse et le Pays de Galles.

 

La thèse d’une origine chamanique préhistorique fut avancée, mais elle ne résista pas à l’analyse, et fut rapidement abandonnée. Par ailleurs, si le sanglier est l’animal emblématique de la classe sacerdotale, la notion de totémisme est totalement à exclure, ne correspondant pas dans sa définition aux conceptions celtiques.

 

Le druidisme fut une exclusivité de la civilisation celtique et ne résista pas à la romanisation des zones où il était implanté en Europe, ni à la christianisation de l’Irlande. Philippe Jouët tient ces propos sans appels :

 

« L’illusion d’une continuité doctrinale, même partielle, entre druidisme et christianisme repose sur une interprétation erronée ou tendancieuse de quelques textes d'élaboration récente ».

 

Mythologie

 Le dieu-druide

 

Dagda signifie le dieu bon. Il était un des dieux les plus importants de la mythologie irlandaise et était généralement représenté comme un homme rustique traînant une énorme massue montée sur roues. Dagda était considéré comme un dieu sage, érudit et très versé dans l'art de la magie. Il fut un des chefs des Tuatha de Danann. Dagda était également un puissant combattant et l'amant de Morrigane, la déesse de la guerre.

 

Malgré sa force destructrice, il était aussi associé à l'abondance, pouvant assouvir la faim de tous grâce à son chaudron au contenu inépuisable. C'est lui qui installa les Tuatha de Danann sous terre après leur défaite face aux fils de Milesius qui sont les ancêtres des Irlandais.

 

Les druides mythiques

 

Adnae Mac Uthidir est un file important d’Ulster, qui a le rang d’Ollam, docteur en savoir. Il est le père de Néde, l’un des protagonistes de l’Immacallam in Da Tûaraid, le Dialogue des deux Sages.

 

Aithirne Ailgesach est un druide despotique, qui apparaît dans plusieurs récits du Cycle d'Ulster, dont la Courtise de Luaine et le Siège de Howth. Il est connu pour exiger des choses impossibles et se venger en se servant de sa magie, notamment de la satire mortelle du glam dicinn.

 

Amorgen Glungel est le file primordial des Milesiens, les premiers colons Gaels en Irlande. Outre ses fonctions bardiques, c’est aussi un juge, selon le Lebor Gabála Érenn, le Livre des Conquêtes d’Irlande.

 

Armogen Mac Eccit, fils de Eccet Salach, est le druide-poète du roi d’Ulster Conchobar Mac Nessa, c’est aussi un redoutable guerrier, dans le Cycle d'Ulster.

 

Aífé est une druidesse et une guerrière qui réside en Écosse. En conflit avec Scáthach, elle fait la paix avec sa rivale selon la demande de Cúchulainn, avec qui elle a un fils, Conla.

 

Cathbad est l’un des druides les plus connus de la mythologie celtique irlandaise. Il a pour épouse la reine Ness, avec laquelle il a deux enfants, le futur roi Conchobar Mac Nessa et une fille Findchóem. Il est aussi le père des druides Genann Gruadhsolus et Imrinn et le grand-père du héros Cúchulainn. Dans le récit Táin Bó Cúailnge, la Razzia des vaches de Cooley, il provoque la mort de l’émissaire Sualtam qui a parlé sans permission, car selon une geis, il est interdit de parler avant le roi et le roi ne parle pas avant son druide.

 

Coirpre est un file qui apparaît notamment dans le récit Cath Maighe Tuireadh, la Bataille de Mag Tured. Il est le premier druide à composer et prononcer une satire en Irlande, contre Bres, roi provisoire des Tuatha Dé Danann, pendant l’infirmité de Nuada.

 

Corann est le druide du roi Conn Cétchathach. Dans le récit Echtra Conle, les Aventures de Conle, il doit user de toute sa magie pour affronter une Banshee qui a jeté son dévolu sur Conle, le fils du roi. Mais les messagères de l’Autre Monde ont une magie plus puissante que celle des druides pour les affaires d'amour. Il semblerait qu’il est inspiré le personnage de Conan le Barbare ou Conan le Cimmérien qui est un personnage de fiction, dont la première nouvelle a été écrite par Robert E. Howard en 1932. Les histoires ont été initialement publiées au cours des années 1930 dans le pulp Weird Tales. C'est avec ces récits et ceux de Kull, le roi barbare, trois ans auparavant que Howard a donné naissance à la forme moderne du genre littéraire de l'heroic-fantasy.

 

Dubthach Dóel Ulad est un autre druide de la cour du roi Conchobar Mac Nessa. Il est célèbre pour semer systématiquement la zizanie et de proférer des injures gratuitement. Après l’assassinat des trois fils d’Usnech par Conchobar et la fin tragique de Deirdre, il quitte la cour avec d’autres guerriers Ulates et se réfugie en Connaught à la cour de la reine Medb et du roi Ailill. Il est entraîné dans la Razzia des vaches de Cooley, où il combat l’armée d’Ulster, aux côtés des souverains du Connaught.

 

Esras était le druide qui gouvernait l'île de Gorias, une des quatre Îles au nord du Monde, avant l’installation des Tuatha Dé Danann en Irlande. Il était le gardien d’un talisman, la lance de Lug Samildanach, arme mortelle à chaque coup, inséparable du Chaudron du Dagda, dans lequel elle doit plonger pour éviter qu'elle ne détruise tout autour d'elle.

 

Fingen est un autre druide de Conchobar Mac Nessa, particulièrement réputé pour sa connaissance et sa pratique de la magie et de la médecine. Il est expert dans les trois formes de la médecine, celle de la magie, celle végétale et la médecine sanglante. Sa science est telle qu’il peut déterminer le nombre des occupants d’une maison et dire de quelles maladies ils sont atteints, en examinant la fumée qui s’échappe du toit.

 

Fintan est un druide primordial, associé à l’épopée du peuple de Cesair. Après le Déluge, il subit diverses métamorphoses animales qui doivent lui permettre de traverser les millénaires, pour transmettre sa science et son histoire aux Irlandais.

 

Tuan Mac Cairill est également un druide primordial qui a vécu plusieurs millénaires, depuis le Déluge jusqu'à Saint Patrick et ses successeurs immédiats à qui il a transmis son savoir.

 

Gwydion, décrit comme un puissant magicien dans les Mabinogion gallois, est une représentation altérée des druides de l’Antiquité.

 

Ladra, tout comme Fintan, est un druide primordial, de l’épopée de Cesair. Premier amant et premier mort par abus de femmes de l’île d’Irlande, il représente la fertilité et la mort.

 

Mog Ruith, surnommé le Serviteur à la Roue, la roue cosmique bien entendu, est une représentation du dieu-druide le Dagda, dont l’une des particularités est la cécité qui lui donne don de voyance. Druide-guerrier, c’est l’un des plus puissants de la mythologie, sa magie peut donner la victoire, comme le narre le Forbuis Droma Damhghaire, le Siège de Druim Damhghaire. Les premiers chrétiens irlandais en firent l'instigateur de l'exécution de Saint Jean Baptiste, afin de détruire sa réputation.

 

Morfessa était le druide qui gouvernait l'île de Falias, une des quatre îles au nord du Monde, avant l’installation des Tuatha Dé Danann en Irlande. Il était le gardien d’un autre talisman, la pierre de Fal qui symbolise le pouvoir légitime et la Souveraineté. Elle est placée à Tara, le centre mythique de l’Irlande, résidence des Ard rí Érenn.

 

Nédé est un druide redoutable qui, dans l’Immacallam in Da Tûaraid, le Dialogue des deux Sages, prétend au grade d’ollam dans une dispute scientifique face à un autre druide Ferchertne. Il meurt pour avoir commis les trois fautes irréparables du druide l’adultère avec une reine, l’usurpation de la souveraineté royale et la satire abusive, le glam dicinn.

 

Semias était le druide qui gouvernait l'île de Murias, une des quatre îles au nord du Monde, avant l’installation des Tuatha Dé Danann en Irlande. Il était le gardien du chaudron et de la massue du Dagda, autres talismans des dieux d’Irlande.

 

Tlachtga, fille de Mog Ruith, est une bandrui, ce qui signifie femme-druide, réputée pour la puissance de ses pouvoirs. Elle est initiée par son père.

 

Uiscias était le druide qui gouvernait l'île de Findias, une des quatre îles au nord du Monde, avant l’installation des Tuatha Dé Danann en Irlande. Il était le gardien de l’Épée de Nuada, talisman qui représente la Souveraineté et la Guerre, arme infaillible aux blessures mortelles.

 

Vêtement rituélique du druide

 

Le vêtement rituélique du druide est typiquement la saie, longue tunique blanche, un voile en forme de demi-cercle, ou parfois une grande écharpe, un bandeau de tête simple et un ornement de poitrine brodé de la croix druidique, un torque autrefois.

 

Le néo druidisme

 

Le néo druidisme, également appelé druidisme par certains adhérents, qui se doivent ne pas aimer la notion de nouveauté, est une forme moderne de religion ou de spiritualité qui promeut l'harmonie avec la nature, souvent au travers d'une forme de culte de la nature.

 

Ce mouvement d'inspiration maçonnique, essentiellement présent dans le monde anglo-saxon et en Europe dans les pays anciennement celtisés, compterait deux millions d'initiés.

 

Comment un mouvement d’inspiration maçonnique se peut être dans une forme moderne de religion ou de spiritualité qui promeut l'harmonie avec la nature, souvent au travers d'une forme de culte de la nature, quand les plus grands patrons (Grands Maîtres Maçonnique) tel Werner Baumann ou Hugh Grant, sont dirigeants de groupes comme Bayer et Mosanto ?

 

Le néo druidisme, dont les premiers mouvements apparaissent en Angleterre au XVIIIe siècle, relève en partie des premières manifestations de la mouvance néo païenne.

 

Le néo paganisme embryonnaire aux XVIIIe et XIXe siècles, est un mouvement de résurgence du paganisme antique, influencé par l'apport de religions polythéistes extra-européennes, le folklore européen, l'ésotérisme et la sorcellerie.

 

C'est essentiellement à partir de la fin du XIXe siècle que cette mouvance religieuse commença à prendre forme. Toutefois, elle prit de nombreuses voies, parfois différentes dans leur inspiration, tels les néo paganismes les plus connus que sont le néo druidisme et la Wicca.

 

Depuis la fin du XXe siècle, le phénomène est de plus en plus connu du public, poussé par la vague du retour à la terre et du New Age. Il est surtout répandu dans les pays nordiques et anglo-saxons, mais fait de plus en plus d'adeptes en Europe orientale et dans certains pays latins.

 

On estime entre 200 000 et 300 000 le nombre de païens aux États-Unis.

 

Le néo paganisme se réfère au paganisme ancien, sans réelles possibilités de références. Il est dans certains cas de nature reconstructionniste. Selon Stéphane François, cette spiritualité moderne n'a que très peu, voir aucunement à voir avec le paganisme antique et il s’agit d'une réinvention d’une religion qui n’a jamais existé telle quelle.

 

Il en diffère par son individualisme et surtout par son absence de distinction entre sacré et profane.

 

Il peut être considéré comme un héritier du panthéisme du XVIIe siècle.

 

Les principaux mouvements restent dans une diversité liée aux origines. Le néo paganisme comporte différents mouvements dont la nature et la répartition géographique sont liées à celles des religions anciennes dont il s'inspire. L'Odinisme, ou Ásatrú, fondé sur la mythologie nordique, est présent dans les pays nordiques, tandis que le néo druidisme est implanté dans les anciens pays celtiques et le monde anglo-saxon. L'hellénisme ou dodécathéisme est fondé sur la religion grecque antique et Nova Roma sur la religion de la Rome antique. La Wicca, reprenant quelques éléments du folklore anglo-saxon, s'est d'abord diffusée en Grande-Bretagne puis en Amérique du Nord et au Canada.

 

Certains analystes, comme Wouter Hanegraaff, estiment que le New Age a également une composante néo païenne. Cette position est discutée. En effet s'il y a des points communs tels que l'importance accordée à la magie ou à l'harmonie avec la nature, les mouvements comportent aussi des différences marquantes. Le néo paganisme du type ethnico-religieux tel que le néo druidisme ou Asatru se réfère à des religions locales. Ces références ethniques sont absentes du New Age, syncrétisme universaliste. Celui-ci serait plus proche de la Wicca, autre assemblage de références éclectiques prônant des valeurs féministes et écologistes. Selon Reender Kranenborg, le néo paganisme se distingue en outre par sa croyance en des divinités concrètes, et une perception différente de l'autre monde. Les idées de réincarnation ou d'attente d'une ère messianique répandues dans le New Age lui sont étrangères.

 

Le néopaganisme et politique regroupent aujourd'hui de nombreuses tendances hétérogènes dont les divergences sur le plan politique sont souvent notoires.

 

Il existe un néo paganisme de droite, voire d'extrême droite comme dans le cas de l'association française Terre et Peuple. De même, le Nazisme peut influencer certains mouvements qui se disent Germanistes, surtout présents aux USA, et qui rejettent le Christianisme, considéré comme une secte du Judaïsme, n’oublions pas que le Christ était Juif.

 

Toutefois il existe beaucoup d'associations néo païennes de tendance démocratique et quelquefois de sensibilité de gauche ou du centre, comme l'association française Pharia ainsi que les groupes Semat Ankhti, qui sont kémitisme et Agora à tendance hellénisme.

 

Aux États-Unis, des mouvements comme la Wicca, sont plutôt d'une sensibilité de gauche, soutenant des valeurs égalitaires, avec un féministe exacerbé et déviant, le prône de l’homosexualité, non plus comme acceptation mais comme normalité, et des valeurs écologiques plus que discutables, tournées vers une obligation au végétarien ou au végane, une diffusion des informations informatisées, des énergies transitoires plus poluantes qu’autre chose.

 

Ainsi, on peut aussi parler de néo paganisme de gauche, écologiste ou de tendance altermondialiste, tout en sachant que, quel que soit le mouvement, l’intérêt et le profit sont toujours la clef de voûte et le seul objectif.

 

La Wicca, par exemple, est parfois considérée comme une religion, parfois davantage comme une philosophie. Elle inclut des éléments que l'on peut trouver dans nombre de croyances telles que le chamanisme, le druidisme, et les mythologies gréco-romaine, slave, celtique et nordique. Ses adeptes, les wiccans, prônent le culte de la nature, qu'ils dénomment l'Ancienne Religion. Mais usent et abusent de téléphonie mobile polluante et de rassemblements politisés.

 

Ainsi le néo druidisme, dont les premiers mouvements apparaissent en Angleterre au XVIIIe siècle, relève des premières manifestations de la mouvance néo païenne. C'est un mouvement essentiellement présent dans le monde anglo-saxon et en Europe dans les pays anciennement celtisés.

 

Notamment dans les pays restés les plus celtiques, la Grande-Bretagne et l’Irlande, des lettrés recréèrent les gorseddau, mot gallois pour désigner les assemblées de druides, de bardes et de ovates qui arrivèrent bientôt en Bretagne et aux États-Unis.

 

Ces nouveaux druides n'ont pas de continuité avec les druides d'avant l'ère chrétienne. En outre, les Gorseddau ne se considèrent nullement comme relevant du néo paganisme. D'ailleurs, plusieurs ecclésiastiques de haut rang ont été élus à la tête de la gorsedd de Galles. Par ailleurs, la reine Élisabeth II a été reçue à la gorsedd de Galles sous le nom d'Elizabeth of Windsor. La gorsedd de Bretagne se définit comme une société de pensée.

 

Les premiers mouvements néo druidiques, sont donc inspirés par la vision romantique des XVIIIe et XIXe siècles, étaient basés sur des descriptions historiques des druides celtes de l'âge du fer largement erronées. Ces mouvements n'avaient pas, par ailleurs, de relation directe avec les anciens Celtes ou leur civilisation.

 

Pour Iolo Morganwg et la Gorsedd de Galles, il s'agissait toutefois de relier la langue et la culture galloises de son temps à la société brittonique antique dont elles étaient issues.

 

Plus récemment, certains groupes néo druidiques ont tenté de recréer des pratiques plus proches de la réalité historique du druidisme, bien qu'il y ait controverse sur la ressemblance effective que ces mouvements peuvent avoir avec le druidisme historique. La Gorsedd de Bretagne n'adopte l'appellation de druide qu'en simple référence à l’inspiration philosophique des anciens druides.

 

Origines

 

ASSEMBLÉE A STONEHENGE, POUR LE SOLSTICE D’ÉTÉ

PAS GRAND-CHOSE A VOIR AVEC LES TENUES TRADITIONNELLE

UN GRAND FOUTOIR LAISSANT AU LENDEMAIN UN TAS D’IMMONDICES SUR LA PLAINE

 

Le 21 septembre 1717, désolé je n’ai pas l’heure exacte, The Druid Universal Bond plus connu sous le nom de Druid Order (DO), est créé sous l’impulsion de John Toland.

 

Le 21 novembre 1781, Henry Hurle fonde un second mouvement l'Ancient Order of Druids (AOD). Une scission de celui-ci en 1833, va donner naissance à The United Ancient Order Of Druids (UAOD), friendly society.

 

Le 21 juin 1792, Iolo Morganwg réunit à Londres, en présence de John Toland, la première Gorsedd Beirdd Ynis Prydain, un Collège des Bardes de l'Île de Bretagne.

 

En 1838, un groupe de jeunes bretons, parmi lesquels Auguste Brizeux, Auguste du Marhallac'h, Théodore Hersart de la Villemarqué, se rend à Abergavenny au Pays de Galles où se tient l'Eisteddfod et où ils sont accueillis et reconnus comme bardes par la Gorsedd galloise. Alphonse de Lamartine, bien qu'invité, ne put venir et envoya un poème. De retour en Bretagne, La Villemarqué fonde une petite confrérie, la Kenvreuriez Breiz, comprenant un nombre limité d'écrivains bretons auquel il confère des titres bardiques en breton assez solennels, lui-même se baptisant Arc'hkelenner pouvant se traduire par Grand instructeur, rien de moins … Aucune activité publique n'a lieu et aucun texte philosophique ou spirituel n'est publié. Autarcie ou secte ?

En 1899, une délégation bretonne, invitée dans le cadre de l'Eisteddfod de Cardiff, décide à son tour de fonder la Gorsedd de Bretagne en se plaçant sous le patronage de l'Archi-druide de Galles dont ils reçoivent l'agrément. Les futurs dirigeants, Jean Le Fustec, François Jaffrennou dit Taldir, Léon Le Berre seront reçus par la Gorsedd insulaire en 1902, lors d'un voyage en Galles.

 

En 1928, est créée à Boscawen Un en Cornouailles britannique, sous le patronage de l'Archi-druide de Galles, la Gorseth Kernow avec Henry Jenner et Morton Nance.

 

Fondements

 

Le néo druidisme, appelé aussi par les lignées galloises, bretonnes et cornouaillaises, le bardisme, est issu des œuvres de John Toland pour la lignée du Druid Order, de Henry Hurle pour la lignée mutualiste et Iolo Morganwg pour la lignée galloise. Ce dernier a élaboré la doctrine et créé les rites des Gorsedd. Ceci prouvant s’il le fallait encore que le mouvement et non seulement CRÉE de toutes pièces, puisque Iolo Morganwg a bien créé les « RITES », mais de surcroît reste dans une veine doctrinale, puisque le fondateur reconnait avoir élaboré la « DOCTRINE ». À ses écrits parus en 1848 sous le titre Iolo Manuscripts, il faut ajouter ceux de William Ab Ithel, Barddas, parus en 1862.

 

La théologie qui y est développée s'inspire de sources diverses :

  • Folkloriques (il faut bien un peu de fantaisie … Dans la notion de « Sacré ») ;
  • Bouddhistes (Là on peut s’interroger sur les principes le reliant) ;
  • Chrétiennes (Cette même notion qui à contribuer à éradiquer le druidisme de base et de tradition) ;

On constate aucune notion de sacré ou de traditionnel.

 

L'ensemble des Triades de l'Ile de Bretagne, une de ces bases théologiques, est par exemple toujours controversé et suspecté de christianisation.

 

Cependant, Robert Ambelain les défend ainsi :

 

« Il ne faut voir, dans les quelques points de similitude, que le traditionnel accès à des vérités communes à tous les cultes. Et on trouverait autant de traditions védiques dans le bardisme qu'on en pourrait estimer issues du christianisme ».

 

Selon certains partisans du néo druidisme, par exemple Gwenc'hlan Le Scouëzec, cinquième Grand druide de Bretagne, une continuité historique avec les anciens druides aurait existé, mais se serait dissoute dans le temps pour en arriver à des fondements modernistes plus en phase avec l’ère atomique et numérique.

 

D'autres, au contraire, tel Per Vari Kerloc'h, le Grand druide Morgan, successeur de Gwenc'hlan le Scouëzec, se placent simplement sur le plan du symbolisme et non celui de l'Histoire antique. Là au moins c’est clair, c’est vraiment le « on fait style ». En effet, une cérémonie druidique moderne est essentiellement conçue en relation avec les préoccupations contemporaines et ne se soucie pas de reproduire un péplum. Mais ne peut-on pas sans faire du théâtral (type péplum) rester un minimum dans une tradition initiale. Bien certainement il se faudrait en connaitre les vrais rites. Il convient d'ailleurs de préciser que le débat sur la discontinuité entre les druides modernes et les druides anciens doit être distingué de celui sur la survivance partielle, voire parcellaire d'éléments druidiques dans les traditions populaires ou dans certains cultes chrétiens dont l'origine remonte toutefois à l'antiquité celtique. 

 

La notion de filiation est un problème qui ressortit autant, sinon plus, à la théologie qu'à l'Histoire. Un tel concept est en effet directement inspiré de la succession apostolique d'un pape sur le trône de Saint Pierre de Rome. Les néo druides ne peuvent évidemment prétendre à cette faculté mais il leur est loisible également de n'en avoir aucune envie, leur propos n'étant pas forcément de créer une nouvelle Église ni d'imiter l'Église catholique romaine. Pourtant ils usent et abusent de titres et des gradations « ronflants ». Ils se placent en « maître à penser liturgiques ». Mais ce n’est pas une église. Pourtant, au Royaume-Uni, le druidisme, vient d’être reconnu comme religion. Le Réseau des druides Druid Network, a reçu le statut d'œuvre de bienfaisance, en tant qu'organisation religieuse, conféré par la Charity Commission, la Commission des organisations caritatives. En fait cela faisait cinq ans qu’une communauté de druides, le Druid Network, se battait pour qu’on lui accorde ce statut. Le dossier avait d’ailleurs très sérieusement été confié à une organisation gouvernementale qui réglemente les associations caritatives. Finalement cette Commission a estimé qu’il y a dans le druidisme une foi suffisante dans un être ou une entité suprême pour constituer une religion et donc lui accorder le statut d’œuvre de bienfaisance.

 

C’est le premier culte païen à être reconnu comme religion officielle au Royaume-Uni.

 

Concrètement cette reconnaissance implique que le Réseau des druides qui compte environ 350 membres, pourra dorénavant bénéficier d’un statut fiscal très avantageux. Il sera exonéré d'impôts sur les donations, comme les autres religions. Pour ses adeptes c’est une grande victoire qui confère enfin aux cultes païens actuels une vraie légitimité. 

 

De plus, le critère de filiation n'entre pas dans le champ de l'historiographie objective. Il suffit de constater tout simplement qu'aucun texte historique ne soutient directement la continuité d'une communauté de druides depuis l'Antiquité.

 

La plupart des spécialistes du domaine celtique récusent ainsi une quelconque filiation entre le mouvement néo druidique et la civilisation celtique antique. C’est le meilleur moyen pour s’octroyer le droit de faire n’importe quoi en prétextant une absence de filiation et de continuité. Pourtant il semble bien qu’il y avait, selon Jules César, des écoles de druidisme, donc une transmission (certes orale) et une continuité réelle et sérieuse. Dans leur ouvrage La civilisation celtique, Christian-Joseph Guyonvarc'h, philologue spécialiste de l'irlandais ancien, et Françoise Le Roux, diplômée en théologie, écrivent :

 

« Il n'existe pas, en tout cas, pas plus au Pays de Galles et en Bretagne armoricaine, ou, a fortiori en Gaule […] d'organisation ou de groupe, ouvert ou fermé, qui dispose d'une filiation traditionnelle remontant aux druides de l'Antiquité. » 

 

Le druidisme, fondement d'une société celtique indépendante, ne pouvait survivre à la conception étatique imposée par la romanisation et il eut également à subir la condamnation de la nouvelle religion chrétienne.

 

Rites et croyances

 

UN GROUPE DE NEO DRUIDES EN HABITS CÉRÉMONIELS

ON VOIT ICI FORT BIEN LA TENUE TRADITIONNELLE

 

Le mouvement néo druidique est très varié et il n'y a pas un dogme, mais plusieurs selon les diverses obédiences (un peu comme dans la Wicca et ses multiples courants qui s’opposent en se prétendant le seul « VRAI »). Il n’y a pas de système de croyances auxquels tous les groupes souscrivent. Néanmoins, un certain nombre de traits sont communs à la majorité d'entre eux. La croyance principale est que la Terre et la Nature sont sacrées et sont dignes d'être vénérées en tant que telles. Alors pourquoi retrouve-t-on tant de Francs-Maçons parmi le courant druidique ? On ne peut pas vraiment dire que la Franc Maçonnerie respecte et honore, ni la terre, ni la nature !

 

Pour cette raison la plupart des druides sont panthéistes. Le respect des ancêtres et en particulier des ancêtres païens est une autre croyance qui se retrouve souvent à la base de ces mouvements. En cela on se retrouve assez rapidement en nécromancie …

 

Une autre encore, commune à la plupart d'entre eux, est la croyance en l'immortalité de l'âme et en l'évolution des êtres par la métempsycose, la réincarnation si vous préférez. Si la croyance en Dieu figurait dans les règlements intérieurs de la Gorsedd de Bretagne avant la guerre de 1939-1945, celle-ci ainsi que d'autres conceptions philosophiques sont maintenant laissées à l'appréciation individuelle de chaque membre. Les athées et les agnostiques sont admis. Ce même précepte, cette même évolution que l’on trouve en Franc-Maçonnerie.

 

Les néo druides pratiquent leurs rituels en cercle, le plus souvent autour d'une fontaine, ou pour certains d'un autel. Ils se retrouvent parfois autour des cercles de pierres et mégalithes, ceux-ci étant associés aux anciens druides bien que l'origine de ces mégalithes soit antérieure aux Celtes de plusieurs millénaires. Ce type d’agissement n’est-il pas un peu péplum ? C'est notamment le cas de Stonehenge en Angleterre où un rituel druidique a lieu au solstice d'été. Certains portent des habits cérémoniels destinés à imiter ceux que les anciens druides portaient. De nombreux druides se servent également de bâtons rituels. C’est en fait un énorme festival, ou la bière coule à flot et ou les baraques à frites fleurissent. Ceci laissant un champ de désolation au lendemain du solstice.

 

LA PYRAMID - STONEHENGE – 1983

Concert de Hard Rock dans le plus pur style du barde

SOLSTICE D'ÉTÉ - STONEHENGE – 2015

Smartphone & Anorak traditionnels

SOLSTICE D'ÉTÉ - STONEHENGE – 2019

Absolument pas théâtrale ou péplum, la pure tradition ancestrale

STONEHENGE APRES LE PASSAGE AU SOLSTICE D'ÉTÉ DE 2009

36 500 Fêtards dans la tradition druidique, le respect de la Terre & de la Nature

 

Royaume-Uni

 

Le 2 octobre 2010 le druidisme a officiellement accédé au statut de religion au Royaume-Uni et compterait quelque 10 000 pratiquants en Grande-Bretagne. Ce statut est avant tout utile en matière fiscale pour recueillir des dons.

 

Mouvements sectaires

 

La mouvance néo druidique est citée dans le rapport d'enquête parlementaire de l'Assemblée nationale sur les sectes du 22 décembre 1995, et dans l'enquête parlementaire pour la Chambre des représentants de Belgique du 28 avril 1997, où l'on mentionne L'ordre vert druidique et la fraternité du soleil celtique.

 

Des origines druidiques dans la Franc-Maçonnerie

L’origine, l’histoire de la Franc-Maçonnerie est souvent un sujet de contre verse. L’histoire oblige la datation il faudra définir de quelle Franc-maçonnerie l’on parle opérative celle des constructeurs, spéculative celle de la noblesse, des savants, des intellectuels, des bourgeois, des cherchants, des hommes libres.

 

La Franc-Maçonnerie ordre initiatique fraternel fait référence à l’art de la construction, sa méthode est le symbolisme, elle vise à reconstruire une homme neuf, elle puise ses sources dans de multiples traditions qui remontent à des temps immémoriaux, elle un centre d’union pour des hommes de toutes religions, croyances, pour peu qu’ils soient libres de bonnes mœurs ceci n’est qu’un mince aperçu de sa richesse.

 

Le symbolisme de l’arche de NOÉ convient bien aux Francs-Maçons, le patriarche a rassemblé dans son arche tout ce qui était épars, il a pris conscience qu’il fallait sauver le monde, préserver son harmonie, son équilibre, que chacun y avait sa place depuis le plus végétal jusqu’à la forme supérieure de l’animal l’homme.

 

Puis se sont succéder les traditions avec leurs particularités en Orient et en Occident, il y a eu dans le temps des moments clés, des moments ou le compas a pu s’ouvrir sans crainte, ou les cultures ont pu se confronter. Le Miracle Grec sur les rives de la méditerranée, la tradition judéo chrétienne, la tradition Égyptienne, dans notre Europe la tradition Celte. La plupart de ces traditions se sont transmises oralement dans ces chaudrons spirituels que furent Athènes, Alexandrie ou Rome pour notre occident. Les voyageurs de l’esprit ont donné à boire à ceux qui avaient soif de connaissance.

La Franc-Maçonnerie de métier dite opérative fait référence à l’art de la construction, à l’ancienne alliance elle s’inspire de la construction du Temple Salomon temple matériel, puis temple spirituel, puis vint la nouvelle alliance celle du prophète Jésus, la voie de l’amour.

 

En Europe l’on élève des cathédrales. Quand vient l’heure de la fin des constructions de pierre, les Francs-maçons vont accueillir dans leurs Loges des acceptés qui ne sont pas des hommes de métier, mais des savants, des intellectuels, des militaires souvent nobles, puis des bourgeois.

 

Parallèlement des idées nouvelles voient le jour, c’est la fin de la scolastique, le début des Lumières.

 

En Ecosse, en Angleterre, en Irlande on s’oppose à la toute-puissance de Rome et aux papistes comme le dit Isaac Newton. En 1710 les Collèges d’Oxford, la société des Antiquérians, l’Invisible collège, le Trinity collège, la Royal Society se remplissent on y trouve beaucoup de Francs-Maçons, la marmite bouillonne.

 

De nombreuses traditions se mêlent, on rêve comme les Rosicruciens d’une nouvelle société d’amour et de tolérance.

 

En 1678 naît John Aubrey, il va se passionner pour la philosophie, mais aussi pour l’archéologie il s’intéresse en particulier aux sites Mégalithiques qu’il attribue aux Celtes et aux Druides, enseignant au Trinity Collège, il se lie avec Elias Ashmole lui –même archéologue. John Aubrey sera Druide sur la fin de sa vie, il veut remettre au goût du jour le Druidisme, l’idée du Druid Order prend forme.

 

Il se lie avec John Toland Philosophe Irlandais libre penseur, adepte d’une religion naturelle, pas étonnant donc qu’il se rapproche de John Aubrey. John Toland est très proche des Loges Maçonniques, il fût sans doute Franc-Maçon lui-même il a 47 ans en 1717 année de la fondation de la Grande Loge Unie d’Angleterre première puissance Maçonnique organisée. Mais John Toland est avant tout un panthéiste, il sera le premier Grand Druide du Druid Order, il meurt en 1722 après avoir écrit son Panthéisticon qui lui assura la célébrité.

 

Les Francs-Maçons spéculatifs ont donc été proches du renouveau du Druidisme incarné par John Toland, le Rite Ecossais Rectifié et dans une moindre mesure le Rite Ecossais Ancien et Accepté en portent encore les traces. L’influence du Druidisme est également présente dans les Rites Maçonniques Forestiers, la Maçonnerie du bois dont les rituels se déroulent dans la nature et la symbolique proche de celle-ci.

 

Deux courants importants se mêlent dans la source de la Franc-Maçonnerie spéculative :

  • Le courant chrétien libéré, libertaire ;
  • Le courant païen panthéiste ;

Qui se confond avec le Druidisme. Les Francs-Maçons modernes de la période 1717-1724 en se référant aux antiques traditions diverses se sont opposés à l’obscurantisme, aux impérialismes de l’époque religieux ou politiques. Ils rêvaient d’un monde neuf ou les hommes se toléreraient dans un élan d’amour fraternel à mettre en œuvre.

 

Pour aller plus loin dans la connaissance des analogies entre la Tradition Celte portée par le Druidisme, je vous conseille 3 livres de Jean Claude Cappelli un Druide contemporain qui vit en Forêt de Brocéliande. Vous voyez le sérieux de l’auteur. Ses deux ouvrages à lire avec modération :

  • Des origines Païennes de la Franc-Maçonnerie-Tome I ;
  • Des Origines Druidiques et dans le Tome II ;
  • Des Origines Brahmaniques ;

Druidisme et Franc-maçonnerie

 

Il existe de très nombreux ouvrages, articles et quantité d'études sur ce sujet sensible.

 

Quand on examine la question centrale des origines de ces deux mouvements on ne peut que constater les nombreuses passerelles et influences qui existent dans ces deux voies de cheminement et dans ce qui les structure symboliquement et philosophiquement.

 

Bien des druides ou druidesses ont fait partie de la Franc-maçonnerie et inversement et ce plus particulièrement au cours du XVIIIe siècle en Grande Bretagne au point que la Création de la Grande Loge d'Angleterre précédera de très peu la résurgence dans la même rue de Londres d'un Druidisme de nouveau présent sur la scène du monde.

 

Et pour cause bien des membres fondateurs appartenaient à ces deux courants à la fois humanistes, spirituels et philosophiques. Des mouvements qui armeront par la suite l'Europe et les Etats-Unis d'idées révolutionnaires en réaction contre les diktats religieux et politiques de toutes les sortes. L’on constate une fois de plus, dans les idées révolutionnaires un grand respect pour la vie, la Terre et la Nature.

 

Parmi les diverses mouvances qui agitent et animent de l'intérieur ces deux courants de pensée on trouvera non seulement des Druides et des Francs-maçons mais aussi des Rosicruciens, des Templiers modernes, des Compagnons de Divers Devoirs, des Libre penseurs, des passionnés d'Alchimie et d’Exotérisme et même des Pasteurs et des Curés.

 

Parmi les trois grandes branches du druidisme développées au XVIIIe siècle, on trouvera des organisations fonctionnant sur des bases structurelles maçonniques. L'une d'entre elles d'ailleurs délaissera les aspects spirituels et traditionnels pour se consacrer pleinement à des activités humanistes et mutualistes, pour ne pas dire « POLITIQUE », c’est le Courant de Henri Hurle.

 

Trois éléments de référence viendront se heurter au sein de ces organisations :

  • Le monde chrétien ;
  • Le monde païen et les origines celtiques ;
  • Une forme de neutralité non religieuse axée sur l'humain, la libre pensée et la libre conscience ;

Le Collège des Gaules de Bod Koad comportait dans les années 60 et 70 de nombreux Francs-maçons au point de constituer plus de 50 % parfois des membres du Haut Conseil Directeur dont une responsable de la Grande Loge Féminine de l'époque et un futur Maître et Vénérable d'une de principales obédiences actuelles.

 

Le monde des Francs-maçons et celui du Druidisme n'ont pas été épargnés par de nombreuses scissions liées aux conceptions en ce qui concerne les origines, fondements et orientations de leur groupe d'appartenance.

 

Serge Blanchet, dissident de sa loge première, rencontra le druide Gwench'lan le Scouézec et découvrit ses fortes affinités avec le druidisme, mais aussi avec une Maçonnerie du Bois et non plus seulement de la Pierre dans laquelle il s'investira d'ailleurs car très proche de concepts partagés d'un côté et de l'autre.

 

Bernard Babonneau dit Arz Bro Naoned, mettra en rapport, dans un ouvrage érudit, ce qui rapproche selon lui la Franc-maçonnerie du Druidisme et puisera pour cela dans des origines qu'il considérait communes en grande partie. Ainsi l’on trouve en ses écrit :

 

« Le Grands Maîtres du Grand Orient de France avant sa disparition à plusieurs reprises rencontra des Druides afin de s’entretenir de leurs Traditions. On constate facilement sa méconnaissance en terme de druidisme, mais aussi son vif désir de connaître davantage la Tradition à laquelle il portait un réel intérêt.

Humanisme, Libre Conscience et Spiritualité sont loin d'être incompatibles puisqu'ils sont capables de bien fonctionner ensemble et ce, pour le service de la vie et de tout le vivant ».

 

[Ce n’est plus de la spiritualité, sous couvert d’humanisme cela s’approche du dogmatisme politique, du prosélytisme social].

 

« La question qui se pose est la suivante et ce dans le respect des opinions et conceptions des uns et des autres. Que viennent chercher les hommes et les femmes de la Franc-maçonnerie dans le Druidisme qu'ils n'auraient pas chez eux dans leur obédience ? Ayant approfondi cela auprès des intéressés la réponse, unanime, est celle-ci, un supplément d'âmes.

 

Alors de deux choses l'une, ou la Franc-Maçonnerie de ses frères et sœurs est en état d'incomplétude vis-à-vis de leurs attentes fondamentales ou elle possède en son sein, mais sans les réactiver, des fondements druidiques qui seraient de nature à les satisfaire pleinement pour peu qu'ils fassent rejaillir et qu'ils actualisent leurs fondamentaux d'origine.

 

Le troisième courant très humaniste du druidisme se pose depuis peu cette question essentielle, avec celle relative à la place du féminin au sein de leurs loges. Les principaux Vénérables sont venus à la rencontre du druidisme en Armorique afin de débattre avec nous de ces sujets qui agitent fortement leurs frères et leurs sœurs à savoir principalement comment réinjecter une transcendance verticale et spirituelle druidique sur leur horizon à venir ?

 

Nos liens historiques et symboliques, nos combats pour la liberté et la dignité humaine face à toute emprise dogmatique, nous rapprochent grandement dans le respect et la considération des uns et des autres et de leurs particularismes et singularités. Nous pouvons continuer d'œuvrer ensemble au service de ces essentialités et grouper parfois nos moyens, efforts et initiatives pour aider ce monde à retrouver davantage d'équilibre et d'harmonie.

 

Nous sommes fondamentalement bien plus en convergence qu'en divergence et celle-ci ne repose pas sur ces essentialités, mais dans des domaines à la fois formels et relevant aussi d'une nécessaire neutralité. Tout le reste n'est souvent que querelle stérile de personne, d'orgueil, d'intolérance et d'autorité comme il en va dans bien des groupements humains chez nous comme ailleurs ».

 

Druidisme et Internet

 

L'ordinateur et les réseaux d'information auxquels il permet d'accéder offrent une palette de données, aussi diverses que variées avec tous les degrés d'intérêt et de fiabilité des contenus exposés, mise librement à disposition.

 

C'est un foisonnement de publications et la rubrique Druide et Druidisme offre des centaines et des centaines de références, dont certaines des plus sérieuses, d'autres des plus fantaisistes, sans omettre au passage toutes les rubriques mercantiles et charlatanesques du type parasitaire où l'usage détourné de ses termes que l'on ne manque pas de voir défiler sur l'écran.

 

La consultation d'une part non négligeable de ce qui est proposé à la lecture montre combien le déficit de connaissance est énorme.

 

On peut lire ainsi nombre d'absurdités, de projections, d'affirmations erronées, de délires verbaux et pathologiques, qui se veulent affirmer une réalité et une vérité sans la moindre conscience et honnêteté au moins intellectuelle de nuancer et d'argumenter et de sourcer les propos tenus.

 

La libre critique et le libre arbitre s'imposent face à de foisonnement éclectique d'informations et plus encore les capacités de discernement nécessaires pour faire le tri. Aux vues de la montagne d'ignorance qui domine cette vallée du savoir tout arpenteur de cimes devra user et même abuser de toutes ses facultés pour se frayer passage parmi autant de broussailles plus ou moins épineuses et déroutantes.

 

Est-ce que cela démontre si besoin était que les néo druides ont pour mission et fonction majeure en tant que druide ou druidesse d’apporter leurs enseignements, eux-mêmes, soit disant, en adéquation exemplaire et authentique entre concept, pensée et acte non pas seulement un savoir, sauf à développer un savoir être et un savoir-faire, mais des bases de raisonnement, des outils évolutifs de discernement permettant de passer du savoir à une pseudo Connaissance dite Vérité Vraie.

 

Permettre à chacun et à chacune de se faire son idée à son idée avec les outils adéquats pour voir, percevoir, sentir ce qui sonne au plus juste dans les matériaux proposés à l'entendement et à la claire et lucide compréhension.

 

Mais cette vitrine, car cela en est une et des plus considérables, se devrait d’être objective et franche. Elle devrait requérir tous les soins car elle peut être vue de tous et de chacun et à travers elle les expressions de la Tradition et si possible sans vitrage déformant. Ceci restant rare pour ne pas dire inexistant. Il est plus simple d’appâter le chaland avec des pseudos traditions, des ersatz d’écologie, plutôt que de dire la vérité. C’est un mouvement judéo-chrétien, Maçonnique politisé.

 

Quand ils mettent en ligne leurs travaux et pensées à travers une soit disant Tradition qu’ils se prétendent représenter, ils se devraient peser leurs mots et leurs significations et formulations afin de ne pas nuire d'une façon ou d'une autre à l'image ou à la figure du visage qu’ils veulent donner à voir de ladite Tradition.

 

Ils usent d'une liberté d'expression, mais oublient le corollaire de cela qui implique un sens aigu de la responsabilisation dans les propos émis et les images projetées.

 

Lutter contre l'ignorance est l'un de leurs axes majeurs de développement et d'évolution au sein de la société qui se veut être la leur, mais ils ne veillent au bien fondé de leurs communications et portent atteinte à la Tradition qui se veulent représenter.

 

A travers les écrans, ils se veulent être des ambassadeurs et ambassadrices de Tradition, considérant que celle-ci s'apprécie à travers ce que nous pouvons à comprendre, à lire, à percevoir, à découvrir d'Elle. Mais ils faussent eux-mêmes le jeu, et infusent de fausses informations, afin de mieux séduire et attirer le client. Prétendant une Tradition, qu’ils ne sont clairement pas à même de transmettre, puisque plus de mille an de rupture orale nous sépare de cette Tradition.

 

Ils ne donnent pas la Tradition son visage fondamentalement et essentielle, mais celui de leurs propres projections, voir déjections.

 

Il y a donc dans leurs enseignements majeurs à faire état des outils permettant de lutter contre l'ignorance et à les employer au service de la Connaissance en apprenant à chacun et chacune la ou les façons de discerner ce qui en lui sonne juste ou non dans l'écho et la résonance produite. Pourtant, cet enseignement ne conduit, non pas à l’approche de la Tradition perdue, mais au dogmatisme politisé.

 

Ils prétendent que Con-naître (Naître avec) implique un accord, une confiance, un ajustement, une adéquation, un entendement, des affinités, une ouverture, un libre arbitre et une libre critique, une honnêteté intellectuelle, un sens de l'éthique, une cohérence, une lucidité et une conscience toujours à l'œuvre. Mais qu’est vraiment leu connaissance ?

 

300 ans de la Franc-Maçonnerie moderne

300 ans de la résurgence de la Pensée Druidique

 

Article : « Les dits du corbeau noir »

Cercle druidique La Clairière Kan ar Vuhez

Bran du 27 février 2017

 

Le Président de la République est reçu par le Grand Orient de France ce jour 27 02 2017.

 

C'est une première, toutefois l'ancien Président F Mitterrand avait reçu le G. O. D. F à l’Élisée lors de son mandat.

 

Cette visite est motivée par les 300 ans de la pratique maçonnique et d'un hommage rendu à cette société qui ne se veut ni occulte ni subversive par rapport à l'Etat et à ses institutions.

 

Elle se veut un Institution honorable, essentiellement culturelle, garante du principe de la Laïcité un cadre qui permet de vivre ensemble dans le respect de notre différence.

 

Il est à noter que la Franc-maçonnerie a été à l'origine de la loi de 1905 sur le principe de séparation des Eglises et de l'Etat, mais aussi de celle relative à l'école laïque et obligatoire.

La loi de séparation entre Eglises et Etat devait être inscrite dans la Constitution, mais ne l'est toujours pas.

 

Le temps où les Francs-Maçons influençaient directement l'avenir politique de la nation, lors de la troisième république est révolu. 

 

Christophe Habas Grand Maître de la G O D F.

 

Cette société fraternelle faite d'hommes et de femmes célèbre ses 300 ans d'investissements au service de la société française, de la République, de la laïcité, toujours malmenée et incomprise d'ailleurs et ce, en mettant au centre de l'engagement et du service, la dignité humaine.

 

Il s'agit, dans les loges, de réfléchir sur une politique qui soit capable de changer la vie au bénéfice de tous les citoyens et citoyennes.

 

Elle est ouverte à tous et à toutes et organise des colloques publics pour aller à sa rencontre et à sa découverte.

 

Elle juge durement la politique politicienne et considère que bien des élus en charge de postes importants ne sont que des mauvais économistes et non des politiques au sens plein et digne du terme.

 

Le responsable actuel du G O D F, la plus puissante et importante institution F.M. en France affirme que la F.M. n'exerce plus de poids et d'influence notable sur les lois de la République.

 

Qu'elle se veut une importante institution culturelle, une force de proposition, de réflexion, d'innovation intellectuelle.

 

Il s'agit de féconder les grands défis posés à notre société contemporaine et à son devenir.

 

Quoi qu'il soit fait les images et projections plus ou moins sulfureuses faites sur la F.M. continueront de défigurer celle-ci d'où l'importance de renforcer et d'accroître un dialogue clair et serein et une large ouverture avec le public.

 

Ce n'est pas un pur hasard si la FM et les fraternités druidiques fêtent en 2017 leur tricentenaire.

Elles ont en commun d'avoir en Angleterre en 1717 fréquenté à Londres un même quartier et d'avoir échangé leurs réflexions et préoccupations.

 

Elles ont donc un même berceau sans avoir exactement le même acte de naissance. Toutefois, l'Histoire nous confirme que des liens étaient tissés et entretenus entre les uns et les autres dès ledit berceau.

 

John Toland, rénovateur de la pensée druidique était en relation étroite et fraternelle avec d'autres libres penseurs lesquels étaient pour la plupart membres d'une Loge.

 

Il est à noter que :

  • Le 24 juin 1717, était fondée à Londres la Grande Loge Maçonnique d'Angleterre ;
  • Le 22 septembre 1717, après une annonce faite en 1716 sur la colline de Primrose Hill, l'irlandais John Toland établit L'Ancient Druidic Order ;

Le catholique John Toland se fit libre-penseur, puis se tourna vers l'anglicanisme inclinant ensuite vers un déisme qui faisait place à l'ancienne religion des Celtes.

 

Un Conseil suprême fut institué. Cet ordre prit le nom de The Druid Universal Bond dit D.O.

 

John Toland en fut le chef jusqu'en 1767, puis ce fut William Stukeley.

 

Une autre institution néo-druidique est due à Henry Hurle qui fonda l'Ancient Order of Druids (A.O.D) le 28 novembre 1781, duquel émanèrent d'autres sociétés au XIXe siècle.

 

La solidarité mutualiste propre à cette lignée lui assura une expansion large et durable dans laquelle les références celtiques ou druidiques n'ont plus de signification.

 

La convention F.M. dite d'Anderson prendra position au profit d'un Grand Architecte de l'Univers et fera jurer les adeptes, disciples et initiés sur... la Bible.

 

Cela ne sera pas sans incidence sur la nature des relations qui oscilleront entre divergence et convergence, entendement et incompréhension et ce encore de nos jours.

 

Toute personne qui douterait de ces liens très anciens devrait étudier très sérieusement et très objectivement l'évolution de ces deux communautés fraternelles.

 

Elles partagent en commun une éthique humaniste qui implique la défense de la laïcité afin de pacifier et de garantir légalement les saines et bonnes relations liées à la pratique et les différences religieuses.

 

C'est en se portant signataire de la charte sur la laïcité que les druides du Canada ont obtenu une reconnaissance de la part du gouvernement Canadien.

 

Les buts affichés et exprimés dans le discours du Grand Maître du Grand Orient convergent en entendement sur l'essentiel de nos démarches respectives en terme d'humanisme et de laïcité [Ils le jurent sur la Bible, comme preuve de laïcité].

 

N'oublions pas que l'initiative prise en 1717 par John Toland sera à l'origine d'un renouveau de la pensée druidique laquelle se développera sur trois branches issues d'une même racine et souche. Et parmi celles-ci l'A O D et V A O D qui aujourd'hui encore se développent en de nombreux pays sur des bases essentiellement humanistes et laïques.

 

C'est de ce rameau primordial que surgira le concept de Mutualité puis d'Economie sociale avec tout le succès que nous leur connaissons.

 

Il est à noter d'ailleurs que cette troisième branche de l'Arbre druidique, dont le siège est en Suisse et qui est représentée en de nombreux pays est venue à notre rencontre il y a quelques années afin de réfléchir et d'échanger des expériences et visions du monde en terme de spiritualité, de cultes et de mixité et d'égalité entre hommes et femmes.

 

Le regretté druide Odaccos, Yvon Lozarc'h de la Comardiia Druudiacta Aremorica est l'un des fondateurs en 2005 d'une association type loi 1901 appelée Confraternité des Pays Celtes incluant des liens avec le V A O D (Ancien Ordre Druidique). Il fut aussi Vénérable d'une grande loge.

 

Cette association est pour l'heure actuellement en sommeil, mais la C D A réfléchit à son devenir, voire, éventuellement, à sa réactivation et à son nouveau déploiement.

 

Toutefois, il s'agit ici d'une horizontalité et verticalité totalement et exclusivement Druidique et non Franc-Maçonne.

 

Au cours des 300 ans écoulés de nombreuses passerelles seront lancées entre la F.M. et les Communautés Druidiques.

 

De très nombreuses druidesses et de très nombreux druides ont été et sont encore aujourd'hui des Francs-Maçons et des Franc-Maçonnes et même pour certains ou certaines des Vénérables.

 

J'ai, personnellement, connu et grandement apprécié, une druidesse qui était responsable national de loges féminines.

 

Le Conseil des Anciens et Anciennes du Collège des Druides, Bardes et Ovates et Eubages des Gaules était en grande partie composé de Frères et de sœurs également Franc-Maçon et Franc-Maçonnes.

 

Mais si de nombreuses convergences favorisaient cette double appartenance, des divergences conceptuelles existaient également qui dans certains cas débouchaient sur des conflits et oppositions.

 

Par ailleurs, le festiaire étant en partie fixé à des dates identiques cela rendait la présence simultanée aux deux fêtes impossible.

 

De même qu'assurer efficacement les hautes responsabilités fonctionnelles en tant que druide et vénérable en se répartissant entre les deux communautés relevait d'un exploit. 

 

Notre clairière a reçu, notamment une délégation d'une loge armoricaine, et continuera de recevoir et d'accueillir en son sein et en son cercle des frères et sœurs membres de la Franc-Maçonnerie, respectueux de notre pensée humaniste, culturelle, traditionnelle, philosophique, écologique et spirituelle.

 

 Francs-Maçons et Druides ont vocation en tant que sagesse, force de réflexions, de propositions et d'innovations, pour co participer, dans le respect des Institutions et de la Laïcité, à la mise en œuvre d'un changement de paradigme sociétal restituant à l'humain sa pleine liberté et responsabilité consciente et sa dignité.

 

J'ai eu l'honneur dans les années soixante-dix d'être l'un des amis de François Baroin Grand Maître à l'époque du G O D F.

 

Nous avons longuement échangé sur nos Traditions respectives dans son fief de Nogent sur Marne et apprécié l'un et l'autre la qualité d'ouverture, d'écoute et d'attention de chacun.

 

Hélas une fin tragique survenue peu après allait me séparer de cette belle et franche amitié.

 

Ce visionnaire et grand humaniste expérimentait en sa ville des concepts nés de ses réflexions et inspirés par les apports de communautés pensantes s'impliquant dans la mise en pratique de changements à effectuer pour le meilleur devenir de notre humanité et le meilleur entendement entre les peuples.

 

Je reste lucidement persuadé, convaincu, que nos deux fraternités sont appelées à dialoguer davantage dans le respect de nos singularités et spécificités loin de ce qui porte atteinte à la dignité humaine, mais qui au contraire s'évertue à lui redonner sens et Essence.

 

Lors de mes trente-sept années de cheminement au sein de la mouvance Druidique, j'ai été très proche de nos sœurs et frères Francs-Maçons.

 

J'aurai pu à plusieurs reprises m'engager au sein de cette Fraternité, mais je n'en ai jamais eu ni le désir ni le besoin ayant, au sein de ma druidité, tout ce que à quoi un homme ou une femme peut espérer dans la plénitude de son existence et pour l'épanouissement de celle-ci et le service du vivant sous toutes ses formes.

 

Toute en respectant grandement cette Fraternité, je n'avais et je n'ai pas de « complément » à attendre au sein de Celle-ci pour y adhérer en plus de ma fonction sacerdotale Druidique laquelle m'offre la complétude fonctionnelle à laquelle j'aspire de tous mes vœux et ce, au sein de l'ensemble de l'activité humaine.

 

Il est vrai également que la dimension spirituelle, sacrée et divine et les cultes et pratiques qui s'y rapportent me conviennent parfaitement et que je ne saurais trouver ailleurs un supplément d'âme qui ici me comble de don, de joie, de bienveillance et de bienfaisance, de confiance et d'espérance.

 

C'est d'ailleurs ce supplément d'âme que m'ont dit et redit venir chercher et trouver la très grande majorité des Francs-Maçons et Franc-Maçonnes qui se sont engagés au sein de notre Tradition.

 

Ma druidité, synthétise, concentre, unifie, équilibre, harmonise, concélèbre, toutes mes plus légitimes aspirations.

 

Ce qui ne l'empêche pas de rechercher, d'instaurer, de mettre en relation et communication tout ce que l 'humain sous une forme ou une autre, peut apporter de ses connaissances, expériences, pratiques, compétences pour le meilleur service possible de la Vie et de tout ce qui la compose aujourd'hui et la composera demain.

 

Connexions entre le néo-chamanisme et le néo-druidisme contemporains

 

Étude en anthropologie/ethnologie comparée

Article de la fraternité du soleil celtique

 

Basé sur des recherches de terrain sur le chamanisme des Amérindiens, des analyses d’écrits de néo-chamanes, new agers et néo-druides, de textes médiévaux et d’ouvrages de spécialistes des mondes celtes, cet article montre que New Age et néo-paganisme reprennent à leur compte maintes idées des sociétés animistes et chamaniques. Des auteurs Sioux Lakotas ont adopté les croyances holistiques de la mouvance magico-ésotérique, avec des emprunts à des connaissances spirituelles des anciens Celtes et de leurs druides. Chamanes et druides modernes cherchent à traduire en termes modernes des notions étrangères pour les transmettre aux générations futures. Ils innovent en réactualisant les connaissances ancestrales pour en développer les aspects psychothérapeutiques. Leurs activités spirituelles démontrent le dynamisme des traditions chamaniques et païennes dans le monde moderne.

 

Inspirés par les traditions des anciens Celtes, les nouveaux druides bretons continuent de pratiquer un culte ésotérique de la nature.

 

Le ciel est lourd et chargé de nuages. Mais les rayons du soleil qui faseillent au gré du vent illuminent les bois alentours. La forêt bretonne de Brocéliande est splendide et fidèle à sa légende.

 

Partout où porte le regard, le paysage semble empreint de mystère et de beauté. À une cinquantaine de mètres dans les épais taillis, un épagneul est à l'arrêt. En arrière, prêt à tirer, son maître attend qu'il lève la bécasse qu'il a sentie. Mais l'oiseau choisit de décoller dans le dos du chasseur et s'enfuit à tire d'aile en zigzagant au-dessus des arbres comme un ¬esprit courroucé. Dépité, l'homme ne lève même pas son fusil. La bécasse est souvent surnommée la sorcière et nous sommes à Brocéliande. Tout est donc possible. Et quand apparaît soudain une procession de druides, la réalité bascule.

 

À pas lents, Tan Gwerh, Liamm en Hengoun, Myrdhin et Derwenn rejoignent solennellement L'Hotié de Viviane, ou Tombeau des Druides, au sommet d'une petite colline boisée. Un site néolithique qui, selon la tradition, aurait servi de demeure à la Dame du Lac de la légende arthurienne. À leur cos pend le triban, trois lignes sculptées dans le bois qui symbolisent les trois rayons de la lumière. Vêtus de tuniques de toile blanche, ils marchent pieds nus. Myrdhin, un des pionniers de la harpe celtique dans les années 70, vient d'installer son instrument à proximité des pierres dressées et commence à jouer une prophétie druidide. La mélodie est à la fois douce et entêtante. Liamm en Hengoun, plus connu sous le nom de Pascal Lamour, compositeur et musicien breton surnommé l'électro shaman, dirige maintenant la procession au son de son biniou kozh, la cornemuse traditionnelle bretonne. Derrière, en habit bleu, marche le barde Tan Gwerh, érudit à l'origine de nombreux spectacles et passionné par la culture et l'histoire bretonne. A ses côtés, se tient Derwenn, nouvelle venue dans le druidisme.

 

Druides, bardes ou nouveaux initiés, ils viennent souvent ici, au milieu de la forêt de Brocéliande, pour communier avec la nature qui les entoure. Nous sommes les héritiers d'une tradition millénaire, explique le druide sacerdotal Myrdhin. Notre approche est avant tout culturelle, spirituelle et ésotérique. Elle n'a rien d'occulte. C'est une pensée qui abolit les frontières entre le réel et le merveilleux, entre l'histoire et la légende, le sacré et le profane, les rois et les dieux, le bien et le mal. Dans des lieux forts et telluriques, historiques et enracinés, ils viennent célébrer les grandes fêtes du calendrier druidique : Samain, le 1° novembre, le passage d'une année à l'autre et la fête la plus importante du calendrier celtique. Imbolc, le 1° février, l'équivalent de notre printemps. Beltaine, le 1° mai. Et enfin Lugnasad, l'assemblée de Lug, le 1° août. On distingue généralement trois ordres : les bardes, poètes et hommes ou femmes de culture, les vates ou ovates, dépositaires des savoirs et les druides, ceux qui ont poussé le plus loin le processus initiatique.

 

Médecins et guérisseurs, juristes et magistrats

 

C'est Jules César qui, le premier, évoque l'origine bretonne du druidisme dans le livre VI de ses Commentaires sur la Guerre des Gaules. Mais les archéologues et les historiens explorent d'autres pistes en Irlande, en Grande-Bretagne, dans l'Europe entière et sur le pourtour méditerranéen

 

Seule certitude, chez les anciens Celtes, les druides procédaient à tous les rites cultuels et étaient chargés de la transmission du savoir. Ils étaient peut-être aussi médecins et guérisseurs, astronomes, diplomates, -juristes, juges et magistrats.

 

Si l'on en croit César, leur prestige était tel qu'ils étaient les seuls capables d'apaiser les tensions et les rivalités qui déchiraient les clans gaulois. Au point d'incarner la résistance à l'occupation romaine. Une position qui explique peut-être la volonté des Romains de les écarter et de les mettre à mort.

 

De fait, dans la tradition celtique, le druide parle avant le roi. Si le seigneur exerce la souveraineté politique, il le fait sous l'inspiration du druide qui le conseille sur le plan spirituel.

 

« Les druides n'ont jamais totalement disparu, assure Liamm en Hengoun. Ni les Romains ni la christianisation ni même la modernité n'ont réussi à venir à bout de cette tradition. Et le culte des saints en Bretagne, souvent issus des anciens dieux du panthéon celtique, est là pour le rappeler. La science actuelle ne cesse de découvrir l'immensité des connaissances des druides. Leur savoir s'est perpétué à travers les âges ».

 

Si le souvenir de ces prêtres et de leurs croyances a pu se mélanger au christianisme et survivre pendant des siècles, c'est dans l'Angleterre du XVIIIe siècle que le druidisme revient véritablement à la mode. Dans le sillage des traditions maçonniques et marqué par le courant romantique, le néo-druidisme puise dans les résultats empiriques des premières fouilles archéologiques celtes et les descriptions historiques et souvent fantaisistes des druides de l'âge du fer.

 

Ni une religion ni une philosophie

 

Renaissent ainsi les Gorsedd, des assemblées fraternelles de druides, de bardes et d'ovates en Angleterre, au pays de Galles, en Écosse, en Cornouailles, mais aussi en Irlande, qui connaissent leur apogée au milieu du XIXe siècle et constituent encore aujourd'hui le socle de nombreuses obédiences druidiques. En Bretagne, c'est le Congrès celtique international de Saint-Brieuc, en 1867, qui pose les premières pierres du retour officiel du druidisme. Mais il faut attendre l'année 1900 pour qu'une véritable Gorsedd bretonne se réinstalle, raconte Myrdhin. Depuis, le druidisme ne cesse de se structurer et d'explorer la culture celtique, mais aussi les autres approches panthéistes et chamaniques du monde entier.

 

Si certains néo druides affirment qu'une continuité historique avec les anciens a pu exister de manière formelle, d'autres pensent que la transmission actuelle est surtout d'ordre symbolique.

 

Nous ne faisons ni du théâtre ni de la reconstitution historique, précise Liamm en Hengoun. Il n'y a pas de dogme ou de système de croyances auxquels tout le monde souscrit. Le druidisme n'est ni une religion ni une philosophie, mais une spiritualité qui promeut l'harmonie avec la nature, souvent au travers d'une forme de culte de la nature ouvert sur le monde qui nous entoure.

 

Conclusion

 

Avant d’entrer en Druidisme pour le respect de la Terre et de la Nature, faite un passage par la Franc-Maçonnerie pour y apprendre les règles du profit et de la politique. Après votre notion écologique de respect de l’univers sera bien plus en phase avec les profits recherchés par le druide moderne. Tout n’est qu’histoire, non pas de Tradition, mais simplement d’Argent …