Rites d'Eau

Réalisation Aliner

Eau Lustrale et Eau Grégorienne

 

L'eau lustrale a une origine magique dont l'ancienneté est de 6000 ans au moins.

 

C'est à l'origine, une eau de rosée recueillie dans un pré, au matin de nouvelle lune, au lever du soleil.

 

Cette eau, filtrée pour la débarrasser de ses impuretés, puis placée dans un vase de cristal ou de verre.

 

Après avoir été exorcisée et consacrée, on y mêle du sel gemme exorciser. Le sel correspond dans la tradition magique au symbole de la terre.

 

On dépose ensuite, dans cette eau, une pincée d'encens réduite en poudre, l'encens correspond à l'élément air.

 

On éteint dedans un charbon incandescent correspondant à l'élément feu.

 

Comme on le voit, cette Eau lustrale est un résumé symbolique des quatre éléments traditionnels eau-terre-air-feu. 

L'eau lustrale est une des préparations de base des plus usitées en haute sorcellerie et en magie pratique. 

L'eau de rosée, base de la préparation, peut être remplacée par de l'eau de puits ou de source, à condition qu'on la recueille soi-même, à l'endroit où elle jaillit. 

 

L'eau lustrale se prépare traditionnellement en Nouvelle Lune ascendante, attention, l'eau lustrale ne pourra validement être utilisée que le temps d'une lunaison (28 jours maximum). 

 

L'eau lustrale restante ne devra jamais être jetée.

 

C'est une eau consacrée, on la laissera simplement évaporer dans un vase large afin qu'elle se dissolve naturellement. 

Si l’on ne disposerait pas du temps suffisant, il est possible de prononcer dessus une formule d'exécration, laquelle rend à l'eau son caractère profane.

 

Cette Eau Lustrale est de par les composantes qui entre en sa consécration, impropre à la consommation humaine. Aussi une Eau Lustrale dite de " Philtres " se verra consacrée, au soir de Nouvelle Lune. Elle se doit d’être de première pureté, et recueilli à l'endroit même d’où elle jaillit dans la journée du rituel.

 

Embouteillée, en une carafe de transparence blanche dédiée elle sera présentée aux 4 cardinaux et signée des sceaux des Gardiens des Eléments.

 

Recouverte d’une mousseline de lin blanc, elle sera placée à la vibration de la Nouvelle Lune sur la nuit. L’absence de rayon visible n’ôte rien au pouvoir radiant de l’astre. Au matin, avant que le Soleil ne soit trop brûlant, avant sa quatrième heure, rentrer la carafe et en partager le contenu en quelques flacons et vase clos. Son usage se pourra être même que l’Eau Lustrale où sont entrés en composantes les 4 éléments, mais pourra surtout être utilisée en philtre. Réserver au frais le quatrième utile sur le mois, l’Eau, même Lustrale, même dédiée, se corrompt rapidement à l’air libre.

 

Son utilisation ne saurait dépasser le cycle lunaire, soit jusqu’au lendemain de la Nouvelle Lune suivante.

 

L'Eau Grégorienne est le nom chrétien de l'Eau Lustrale des païens qu’ils tiraient du foyer des dieux en un tison ardent qu’ils éteignaient en le plongeant dans de l'eau de source.

 

Par analogie, ce terme d'eau lustrale fut sans doute employé jusqu'à la prescription donnée par le Pape Grégoire Ier (590-604). Le 18 juillet 601, il écrivit à Saint Mellitus, l'un des missionnaires d'Angleterre :

 

« Pour consacrer au culte les Temples païens convertis en églises, il faut les asperger d'eau lustrale, y ériger un Autel et y déposer des Reliques ».

 

L'eau grégorienne est peu utilisée en magie ou en protection par les personnes lambda, car la consécration est faite par un évêque, un abbé mitré ou un prêtre exorciste. Il faut donc avoir affaire à des hommes de religion pour s'en procurer. C'est une eau lustrale qui sert à la consécration des autels et des églises. Elle servait également à la réconciliation des églises profanées.

 

À l’eau on ajoute :

  • Du sel, principe de santé et de fécondité, élément de saveur et de conservation ;
  • De la cendre, en signe de contrition et d’humilité ;
  • Du vin, symbole d'abondance spirituelle, de force, de vie et de joie ;

Rituel de consécration

 

L'évêque exorcise et bénit le sel.

 

Le prêtre exorcise et bénit l'eau, puis le consécrateur va bénir de la cendre de charbon de bois, en traçant dessus une croix par trois fois. La bénédiction de la cendre, symbole d'humilité et de contrition, était de pratique courante dans la tradition judaïque.

 

Ensuite c'est un petit flacon de vin qui est béni. Le vin symbole christique est la représentation du sang, et de la force spirituelle, de la vie.

 

C'est un rappel des rituels de Mithra, dont sont pour la majeure partie issues les traditions chrétiennes.

Ensuite, la cendre et le sel sont mélangés puis l'eau est versée dessus, ensuite on ajoute le vin.

Dans ce rituel on remarque l'absence du feu (le IV ème élément).

 

Pourtant, dans certains rituels il est prescrit d'éteindre un cierge dans le mélange ainsi réalisé.

 

Autrefois, on bénissait de l’eau à diverses occasions, en l’honneur de certains saints.

 

Ces eaux étaient censées apporter certaines protections. Par exemple, on en bénissait en même temps que du pain, du vin, et des fruits pour la fête de saint Blaise, pour protéger contre les maux de gorge ou en l’honneur de saint Hubert, on bénissait de l’eau, du sel et du pain pour se prémunir de la rage canine. 

Utilisation de l'Eau Lustrale

Chez les Hébreux

Les anciens Hébreux avaient de l'eau lustrale qui était composée d'eau vive dans laquelle on jetait de la cendre d’os provenant d'une vache rousse, offerte en sacrifice, suivant le rite indiqué au Livre des Nombres, chapitre XIX.

 

19.1

L'Éternel parla à Moïse et à Aaron, et dit:

19.2

Voici ce qui est ordonné par la loi que l'Éternel a prescrite, en disant: Parle aux enfants d'Israël, et qu'ils t'amènent une vache rousse, sans tache, sans défaut corporel, et qui n'ait point porté le joug.

19.3

Vous la remettrez au prêtre Éléazar, qui la fera sortir du camp, et on l'égorgera devant lui.

19.4

Le prêtre Éléazar prendra du sang de la vache avec le doigt, et il en fera sept fois l'aspersion sur le devant de la tente d'assignation.

19.5

On brûlera la vache sous ses yeux; on brûlera sa peau, sa chair et son sang, avec ses excréments.

19.6

Le prêtre prendra du bois de cèdre, de l'hysope et du cramoisi, et il les jettera au milieu des flammes qui consumeront la vache.

19.7

Le prêtre lavera ses vêtements, et lavera son corps dans l'eau; puis il rentrera dans le camp, et sera impur jusqu'au soir.

19.8

Celui qui aura brûlé la vache lavera ses vêtements dans l'eau, et lavera son corps dans l'eau; et il sera impur jusqu'au soir.

19.9

Un homme pur recueillera la cendre de la vache, et la déposera hors du camp, dans un lieu pur; on la conservera pour l'assemblée des enfants d'Israël, afin d'en faire l'eau de purification. C'est une eau expiatoire.

19.10

Celui qui aura recueilli la cendre de la vache lavera ses vêtements, et sera impur jusqu'au soir. Ce sera une loi perpétuelle pour les enfants d'Israël et pour l'étranger en séjour au milieu d'eux.

19.11

Celui qui touchera un mort, un corps humain quelconque, sera impur pendant sept jours.

19.12

Il se purifiera avec cette eau le troisième jour et le septième jour, et il sera pur; mais, s'il ne se purifie pas le troisième jour et le septième jour, il ne sera pas pur.

19.13

Celui qui touchera un mort, le corps d'un homme qui sera mort, et qui ne se purifiera pas, souille le tabernacle de l'Éternel; celui-là sera retranché d'Israël. Comme l'eau de purification n'a pas été répandue sur lui, il est impur, et son impureté est encore sur lui.

19.14

Voici la loi. Lorsqu'un homme mourra dans une tente, quiconque entrera dans la tente, et quiconque se trouvera dans la tente, sera impur pendant sept jours.

19.15

Tout vase découvert, sur lequel il n'y aura point de couvercle attaché, sera impur.

19.16

Quiconque touchera, dans les champs, un homme tué par l'épée, ou un mort, ou des ossements humains, ou un sépulcre, sera impur pendant sept jours.

19.17

On prendra, pour celui qui est impur, de la cendre de la victime expiatoire qui a été brûlée, et on mettra dessus de l'eau vive dans un vase.

19.18

Un homme pur prendra de l'hysope, et la trempera dans l'eau; puis il en fera l'aspersion sur la tente, sur tous les ustensiles, sur les personnes qui sont là, sur celui qui a touché des ossements, ou un homme tué, ou un mort, ou un sépulcre.

19.19

Celui qui est pur fera l'aspersion sur celui qui est impur, le troisième jour et le septième jour, et il le purifiera le septième jour. Il lavera ses vêtements, et se lavera dans l'eau; et le soir, il sera pur.

19.20

Un homme qui sera impur, et qui ne se purifiera pas, sera retranché du milieu de l'assemblée, car il a souillé le sanctuaire de l'Éternel; comme l'eau de purification n'a pas été répandue sur lui, il est impur.

19.21

Ce sera pour eux une loi perpétuelle. Celui qui fera l'aspersion de l'eau de purification lavera ses vêtements, et celui qui touchera l'eau de purification sera impur jusqu'au soir.

19.22

Tout ce que touchera celui qui est impur sera souillé, et la personne qui le touchera sera impure jusqu'au soir.

 

On se servait de cette Eau Lustrale pour purifier ceux qui avaient contracté quelque impureté, par l'attouchement d'un cadavre, d'un sépulcre. On purifiait les maisons ou les tentes dans lesquelles s'était trouvé un corps mort. Il n’y avait pas besoin pour cela de l'intervention des prêtres ou des lévites, tout homme pur prenait de l'hysope, la trempait dans l’Eau Lustrale, et en aspergeait les objets et les personnes. Chose singulière, celui qui portait l'eau lustrale et celui qui faisait l'aspersion devenaient impurs, tandis que ceux qui en étaient aspergés recouvraient la pureté.

 

Chez les Grecs

Les Grecs employaient pour les purifications de l'eau de mer, quand on pouvait s'en procurer, mais le plus souvent on se servait d'eau lustrale. Elle était composée d’eau commune dans laquelle était plongé un tison ardent, chauffé à blanc et pris sur l'autel où une victime d’un sacrifice était brûlée.

 

On en remplissait des vases dans les vestibules des temples, dans les lieux où se tenait l'assemblée générale, et autour des cercueils où les morts étaient exposés à la vue des passants. Cette eau servait à purifier les enfants d'abord après leur naissance, ceux qui entraient dans les temples, ceux qui avaient commis un meurtre, même involontaire, ceux qui étaient affligés de certains maux regardés comme des signes de la colère céleste, telle que la peste, la frénésie, etc. En fait tous ceux enfin qui voulaient se rendre agréables aux dieux. Cette cérémonie fut insensiblement appliquée aux temples, aux autels, à tous les lieux que la Divinité devait honorer de sa présence. Puis cela s’étendit aux villes, aux rues, aux maisons, aux champs, à tous les endroits profanés par le crime, ou sur lesquels ou voulait attirer les faveurs du ciel.

 

Chez les Hindous

Seul les brahmanes procèdent à la confection de l'eau lustrale. Après avoir préalablement purifié avec de la fiente de vache un lieu quelconque, on l'arrose avec de l'eau, puis le Pourohita, qui préside à la cérémonie, s'assied le visage tourné vers l'orient. On place devant lui une feuille de bananier, dans laquelle on place une mesure de riz. A côté on place un vase de cuivre plein d'eau, et dont les parois extérieures ont été blanchies à la chaux. On couvre de feuilles de manguier l'orifice du vase, et on le pose sur le riz. On place auprès du vase un petit tas de safran pour représenter le dieu Ganesh, auquel on offre des adorations, du sucre brut et du bétel. On jette ensuite dans le vase, en récitant des formules sacrées, de la poudre de sandal et des grains de riz teints de safran, et, par cette opération, l'eau contenue dans le vase devient l'eau sacrée du Gange. Enfin, on offre au même vase un sacrifice, des bananes et du bétel. L'eau lustrale ainsi fabriquée purifie les lieux et les personnes qui ont contracté des souillures.

 

Mais quelle que soit la vertu de cette eau lustrale, elle n'approche pas de la sainte efficacité de la mixtion appelée Pantcha-Karya, c'est-à-dire les cinq substances qui sortent du corps de la vache, à savoir :

  • Le lait ;
  • Le caillé ;
  • Le beurre liquéfié ;
  • La fiente ;
  • L'urine ;

Ce précieux mélange, pris soit à l'extérieur, soit à l'intérieur, purifie toute sorte de péchés.

 

Rituel à l’Eau

L’eau est le fluide vital de la terre. Comme le sang de notre organisme, l’eau est cet élément tellement précieux, indispensable, qui apporte la vie et qui alimente toutes les créatures. Celui qui veut entrer dans les secrets de la nature doit s’efforcer de comprendre l’importance de l’eau, méditer sur son origine, ses propriétés, sa puissance, tout ce qui est caché en elle. C’est dans leur conscience que l’eau doit prendre une valeur nouvelle, afin de devenir un facteur puissant pour leur vie psychique, leur vie affective et mentale.

 

Une autre caractéristique de l’eau est sa faculté d’imprégnation.

 

Le soleil et les étoiles l’imprègnent de leurs rayons, la terre de ses substances.

 

C’est ainsi que toutes les pierres, les plantes, les animaux, les hommes, et même les esprits du monde invisible qui entrent en contact avec elle, lui communiquent leurs propriétés et leurs influences et peuvent en retour s’en charger.

 

C’est pourquoi, d’après certaines traditions :

  • L’on purifie ou l’on recharge certaine pierre par l’Eau ;
  • Qu’il est déconseillé de laisser des récipients d’eau sans couvercle pendant la nuit, car des esprits malfaisants qui rôdent autour y déposent, en passant, des émanations capables de rendre malades ceux qui pourraient la boire ;

Une eau exposée à la lune ne produit pas les mêmes effets que l’eau exposée au soleil, parce que la lune et le soleil n’exercent pas du tout les mêmes influences.

 

Il ne vaut mieux pas boire de l’eau puisée près des lavoirs, des abattoirs ou des cimetières.

 

Si une dispute éclate à côté d’un récipient d’eau, il n’est pas non plus recommandé de l’utiliser pour des usages interne (s’en désaltérer, la cuisiner, en faire lavement interne). En effet elle a absorbé les vibrations négatives produites par la violence qui s’est déchaînée auprès d’elle.

 

Les créatures, les conditions modifient ce milieu universel qu’est l’eau, et c’est ainsi que l’homme peut lui communiquer ses maladies physiques et même psychiques qu’elle ira porter ailleurs.

 

L’eau est également un excellent transmetteur d’ondes.

 

Qui ne s’est pas amusé à jeter des cailloux dans l’eau et tous ont vu se former, autour du point de chute, des cercles concentriques qui se propagent à la surface.

 

Mais qu’ont-ils compris ? Outre que l’interprétation de ces cercles est un moyen de divination (dès plus ancien) il faut prendre conscience qu’elle est un transmetteur d’ondes parmi les meilleurs.

 

Ainsi l’on peut fort bien en plongeant un doigt ou la main dans l’eau, faire un travail par la pensée pour envoyer à travers l’espace des ondes de lumière, d’amour et de paix, tout comme toutes formes d’ondes négatives.

 

On introduire de bonnes influences dans l’eau que l’on va boire. Après s’être bien lavé les mains, prendre un verre d’eau pure, de préférence de l’eau de source, le tenir verre dans la main gauche et y plonger un ou plusieurs doigts de la main droite en se concentrant sur une qualité que l’on aimerait acquérir, un progrès que l’on voudrait réaliser. Ensuite, il suffit de boire l’eau.

 

Des mages ont pu rendre la santé à des malades en leur donnant à boire de l’eau qu’ils avaient ainsi magnétisée.

 

Même si l’on s’est exercé à magnétiser de l’eau, il serait très présomptueux ne s’imaginez d’être à même de guérir des malades que par ce moyen tout de suite.

 

En gardant les mains en contact l’eau, l’on peut former des images.

 

Et puisque l’eau possède un tel pouvoir d’absorption et de conservation, elle est le dépositaire d’innombrables secrets.

 

En Prenant de l’eau dans ses mains, si l’on sait l’écouter, elle parlera de la terre, de la mer et du ciel, mais surtout elle révélera ses pouvoirs. 

Rites en l'honneur de la Lune 

A force d’observations climatiques, les paysans et les marins ont été les premiers à constater que le temps changeait souvent selon les phases de la lune, c’est ainsi qu’ils constatèrent que les rites de pluie sont liés généralement à la lune. La Lune est en lien direct avec l’élément Eau, l’influence directement.

 

Les rites qui honorent les déités de la Lune s’adressent tout autant à la maîtresse de la pluie, en même temps qu’ils l’incitent à dispenser ses bienfaits. A commencer par les pays où il pleut rarement.

 

En Afrique, l’on répand un peu d’eau en espérant que la déesse des « Eaux » enverra la pluie. Les femmes souvent sont les officiantes de ces traditions.

 

Dans la Rome antique, six vestales, gardiennes du feu sacré de Vesta, accomplissent un rite de pleine lune, pendant les ides de mai, pour l’invocation de l’eau. Ce rituel implique le lancement de vingt-quatre mannequins dans le Tibre, en simulacre de sacrifices humains. Comment ne pas voir un frère, en Europe, avec les effigies de la Mort et du Carnaval lancées à la rivière.

 

Une part du symbolisme chrétien des eaux est à rapprocher du culte lunaire d’Isis et d’Osiris en ancienne Egypte. Ce culte s’est ensuite répandu dans tout l’Empire romain. L’union du couple divin est célébrée chaque année dans une procession. On associe la déesse Lune babylonienne, Ishtar, aux sources et à la rosée, symboles de sa fertilité. Dans un pays écrasé de soleil, cela ne laisse pas d’être significatif. Ses temples sont souvent rupestres, ou prennent place dans des oasis. Tout comme Ishtar, d’autres déesses Lune, ailleurs, sont gardiennes des puits, des rivières et des sources. Leurs temples sont dans les éléments naturels de la pierre et de l’eau, avec un cérémonial bien approprié. 

 

Rites pour faire venir la pluie

en l'honneur de la Lune

Rites d’Algérie

 

La Tarenja des sédentaires Belbala en Algérie, semblable pour l’essentiel aux idoles d’appel à la pluie de tout le pourtour méditerranéen, appelle aussi à la fécondation de la terre, mais cette fois par l’eau du ciel. Représentant une jeune femme, elle est bâtie autour d’un pilon central, image mâle de la pluie. Deux cuillères ou louches en bois symbolisent les bras et les mains tournées vers le ciel pour demander et recueillir l’eau. Il existe aussi autour de la Méditerranée d’autres jeux rituels liés à l’obtention de la pluie comme cette sorte de polo, la koura pratiquée en Afrique du Nord en période de sécheresse pour attirer les nuages, ou le lendemain d’un jour de pluie.

 

Rites français

 

Beaucoup de cérémonies d’appel à la pluie mettent également en scène une grande profusion de feuillages, de fleurs, de fruits et de légumes. En France, lors des rogations, les croix et les oratoires sont fleuris. En Provence, des charrettes entières de végétaux, véritables cornes d’abondance, gaspillages propitiatoires, sont promenées à date fixe dans les rues de certains villages.

 

Rites grecs

 

Chez les Grecs de Thessalie et de Macédonie, une procession d’enfants, conduite par une jeune fille parée de fleurs, se rend aux sources et aux puits pour implorer qu’il pleuve. A chaque arrêt, les enfants aspergent d’eau la jeune fille en chantant. La communauté entière, enfants inclus, est appelée à participer aux rites qui peuvent durer des heures ou des jours ; à la fin, le chant et la danse débouchent, en rythme, sur une sorte de transe. A travers l’exaltation collective, les participants atteignent les sources de la pluie. On appelle les chefs religieux, dont le rôle intermédiaire entre les dieux et les hommes est d’obtenir la pluie, les faiseurs de pluie – figures éminentes et puissantes de leur communauté. Les invocations reposent généralement sur la magie par imitation. Celles-ci s’attachent à mimer le résultat espéré. Dans diverses civilisations, grenouilles, serpents, salamandres et tortues d’eau sont les protégés du dieu de la pluie et les gardiens de celle-ci. D’autres animaux la prévoient. Il en va de même du mouvement qui hâte les fourmis vers leur fourmilière, des corbeaux, des oies sauvages, hirondelles, moucherons, ou du vol des lucioles.

 

Rites hébreux

 

Pour les anciens Hébreux, la pluie est une bénédiction que le ciel accorde en retour à l’observation de la Loi. Sa source est comme une citerne au ciel, inépuisable. Bien que le péché entraîne la sécheresse, le pardon reste possible on le voit avec l’histoire de la famine du pays d’Achab (I, Rois, 18), où Dieu promet la pluie au prophète Elie si le peuple se détourne du culte de Baal. Le peuple s’incline, un nuage apparaît, il pleut. Et comme la pluie est un don du ciel, les peuples imaginent toutes les façons de complaire aux divinités célestes. Par-delà la déconcertante variété des rites à travers le monde, le but reste toujours le même : attirer le regard des dieux, les remercier, susciter leur compassion et les persuader de maintenir l’abondance des eaux. Pour être couronnés de succès, les rituels de pluie font ainsi très souvent appel à la musique et à la danse.

 

Rites turcs

 

En Turquie, pour obtenir la pluie, on fait promener un enfant ou un adolescent couvert de feuillage qui va quêter de porte en porte en chantant.

 

Rites d’ablution et de purification

Rites Celtes

 

Chez les populations celtiques du Moyen Age, la purification prenait déjà la forme d’un saut dans l’eau froide. La veille d’être fait chevalier, l’écuyer se rendait en escorte chez le barbier, qui le rasait, lui arrangeait sa coiffure. Puis, au bain, il était aspergé d’eau froide. Après quoi les chevaliers le conduisaient à la chapelle, où on lui servait un vin parfumé et où la nuit se passait en chants. Au lever du soleil, il pouvait enfin être fait chevalier.

 

Rites Chrétiens

 

Les origines du baptême chrétien ont des parallèles en Egypte, en Grèce et dans l’Orient anciens (le bain dans le Gange). Symétriquement, l’Eglise a incorporé certains rites païens, comme à la Saint-Jean où l’eau joue un si grand rôle, en les plaçant sous l’égide de Saint Jean Baptise. D’anciens aspects judaïques se retrouvent également dans le baptême chrétien. L’idée qui sous-tend ce dernier rite, est que nul ne peut entrer autrement dans le royaume des Cieux. Bien que les premiers baptêmes soient effectués dans la nature, les sources et les rivières, des lieux sont ensuite bâtis spécialement pour les fonts baptismaux.

 

Notons enfin que ce vieux mot de « fonts » vient du latin « fons » qui désigne, en même temps que la source, le dieu qui habite celle-ci.

 

Rites Égyptiens

 

La toilette des morts symbolise, universellement, la purification de l’âme avant son voyage dans l’au-delà. C’est encore l’eau qui est utilisée pour la purification par les desservants d’Isis : ils ont le visage et les mains trempés d’eau dès avant le rituel ; la foule fait de même.

 

Rites Grecs

 

Les mystères d’Eleusis de la Grèce ancienne sont un bon exemple de purification par ablution.

 

Rites Japonais

 

On se souviendra du rituel du premier bain de l’enfant impérial à la cour du Japon, qui est peut-être la première ablution à être codifiée dans les annales japonaises. Agrémenté d’une cérémonie et de lectures sacrées, ce rite peut faire penser au baptême, à l’usage uniquement de la famille impériale.

 

Dans le shinto, l’importance de la vie et sa perpétuation sont vénérées. La conscience collective résulte du désir de communication du corps communautaire. Cette vision perpétuelle de l’existence peut être comparée à l’eau qui coule sans cesse. La fin de l’écoulement de l’eau pourrait être la fin de la vie. Il existe de nombreux festivals qui se tiennent en l’honneur de la pluie et du kami (divinité) de l’eau. Ainsi le rituel shinto, nommé misogi (rite de purification), implique l’eau. La pollution accumulée par un individu ou une communauté et les péchés commis intentionnellement par des individus ou un groupe sont purifiés par la spiritualité de l’eau. Ce rituel n’est pas pratiqué quotidiennement et n’est pas non plus une forme d’exercice religieux. Misogi est pratiqué avec ferveur en relation avec le kami ou lors de festivals. Il consiste à laver les mains et la bouche en signe de purification symbolique à l’eau propre. On pense qu’avec ce rite on peut offrir des prières en état de pureté.

 

Osaka, avec son mausolée de l’empereur Nintoko, qui date du Vème siècle a été longtemps le centre fonctionnel du Japon vers lequel convergeaient les cultures venant de la Chine et de Corée. Elle a longtemps été appelée Cité de l’eau. Au XVIème siècle. Hidegoshi Togotami avait fait construire un égout, le Triko Sewerage dans la zone proche du château qu’il avait érigé. Les habitants de la ville vivaient de l’eau et en symbiose avec le réseau des canaux. La rivière Doutonbori, qui traverse le centre de la ville, était l’objet de festivités permanentes le long de ses rives avec des théâtres et des lieux de plaisir. Aujourd’hui encore, le Tenjin festival, un des plus importants du Japon, qui fête la fin des épidémies de l’été d’autrefois, se déroule sur le Yodogawa avec plus de 100 bateaux.

 

La religion shinto a préservé cette conception de l’eau à travers les ages en répétant les rituels. C’est cette conscience des pouvoirs spirituels de l’eau qui revivifiera la spiritualité profonde dans l’humanité. On ne doit pas tirer profit de l’eau. Il faut nous en tenir à l’interprétation qui fait que nous sommes simplement autorisés à utiliser cette précieuse ressource. Cela pourrait être la clé des nombreux problèmes auxquels nous sommes confrontés.

 

Au Japon depuis l'époque Jomon, la riziculture est à la base de la vie et de l'agriculture. Et comme la riziculture dépend beaucoup de l'eau, la vie quotidienne aussi bien que les croyances y ont toujours donné une place centrale à cette dernière. Dans certains villages, l'eau était la divinité bienveillante de la moisson et, en tant que telle, est très respectée. Mais, dans certaines grandes villes, victimes de crues, l'eau était considérée comme une divinité malfaisante, et par conséquent chassée vers la rivière ou la mer.

 

L'eau offerte à l'occasion du 1er janvier est appelée Wakamizu, ou bien Hatsumizu, littéralement Eau primaire. On en fait l'offrande au dieu de l'année. Puis on peut soit se rincer la bouche avec, soit l'utiliser pour préparer le thé.

 

Les Bains & la Toilettes

Bains Égyptiens

 

Les fouilles de Tell-el-Amarna, en Egypte ont révélé l’existence de salles de bain raffinées avec tuyauterie et douches très perfectionnées. De telles innovations visaient plus loin que le simple confort, elles aidaient à lutter contre les maladies favorisées par la densité de la population urbaine et faisaient partie du cérémonial de la communauté religieuse. Les prêtres de Tell-el-Amarna, par exemple, se lavaient des pieds à la tête deux fois par jour.

 

Les Égyptiens fortunés savouraient eux aussi le luxe des salles de bain particulières. Ils installaient des baignoires peu profondes avec des sortes de douches et agrémentaient l’eau d’huiles et de parfums.

 

Bains Juifs

  

Il y a plus de 3 000 ans, les Hébreux considéraient la régénération spirituelle comme une responsabilité fondamentale de la société. Ils réduisirent le bain à une activité presque ascétique, excluant plaisir ou détente. Pour eux, celui-ci avait pour seule fonction la propreté, même si des valeurs religieuses et sociales demeuraient sous-jacentes. Le rituel du bain juif, né d’un désir de purification associé à une conception puritaine de la nudité, a été inclus dans le code de la Loi de Moïse, conçue en principe pour des populations nomades.

 

Par leur contact avec les Babyloniens, les Hébreux se trouvèrent familiarisés avec les usages du bain plus évolués pratiqués par les Sumériens qui avaient développé une brillante civilisation entre le Tigre et l’Euphrate au IIIe millénaire avant notre ère.

 

En – 1 055 lorsque les peuples juifs se sédentarisèrent, le roi David entreprit la construction de grands ouvrages de bains publics et de distribution d’eau qui furent terminés sous le règne du roi Salomon. Désormais, le bain n’était plus réservé à la seule propreté physique ; il devait également permettre la purification spirituelle, s’appuyant sur le Talmud selon lequel un juif ne peut vivre dans une ville qui ne dispose pas de bains publics. En plus de la recherche habituelle de propreté, la loi mosaïque préconisait le lavement de parties précises du corps et en précisait les circonstances, conformément aux prescriptions de la Bible et du Talmud. La création du mikvah, ou bain communautaire, fut sans doute due au fait que les vertus de propreté étaient liées à des valeurs spirituelles, le code de conduite du peuple juif étant à la fois pratique et éthique. Le mikvah avait une surface de six mètres carrés environ, et il était construit en dessous du niveau du sol, suggérant ainsi que l’on utilisait l’eau de sources naturelles ou de puits. Sans ornements, construits en pierre grossière d’après un plan affiné par la pratique, le mikvah mettait en application d’attitude juive vis-à-vis du bain, lequel devait être à la fois fonctionnel, ascétique et ritualiste.

 

Bains Grecs

 

Dès – 1 800, les Minoens utilisèrent des baignoires de terre cuite très semblables aux nôtres. Le palais du roi Minos à Cnossos disposait d’un réseau bien conçu de tuyaux de céramique pour distribuer les eaux, chaude et froide. Les Minoens prenaient leurs ablutions très au sérieux et connaissaient bien l’exploitation de l’eau. En plus des baignoires, ils disposaient de toilettes à chasse d’eau.

 

Dans l’Antiquité, les Grecs furent parmi les premiers à créer des bains publics. A Delphes même, au pied du mont Parnasse, il existait un centre balnéaire important. Le bain était le meilleur antidote contre la sueur provoquée par les exercices physiques, aussi bien que contre la poussière et le soleil. L’utilisation thérapeutique de l’eau avait un rôle important dans l’enseignement du gymnase, cœur du système éducatif de la société grecque. Les Grecs se conformaient à un emploi du temps rigoureux qui englobait un bain dans une piscine ronde, entre un effort physique intense dans la palæstra, l’enceinte de lutte et une discussion philosophique dans l’exedra, la salle de réunion. Hippocrate, le père de la médecine occidentale, utilisait beaucoup l’hydrothérapie pour combattre certaines maladies, physiques ou mentales. Ainsi, les effets calmants de l’eau chaude furent très tôt reconnus et utilisés pour le traitement des maladies mentales. Mais l’objet principal des bains publics était de fournir de l’eau à la population et d’encourager la propreté. Au début, les Grecs trouvaient que l’immersion dans un bain chaud était amollissante et efféminée, mais, dès – 500, ils se mirent à construire des établissements de bains fonctionnels pour hommes et pour femmes.

 

Longtemps auparavant, Homère avait fréquemment évoqué la baignade, comme dans cet extrait de l’Iliade, Quand le cœur a fraîchi jusqu’au profond repos, ils entrent dans les cuves polies et s’y baignent, puis, après l’eau et l’onction des huiles, ils s’assoient pour dîner.

 

Bains Romains

 

Les Romains méritent leur réputation d’avoir réussi à combiner les valeurs spirituelles, thérapeutiques et sociales du bain, et d’avoir élevé celui-ci au rang d’un véritable art. Dans le climat chaud de Rome, passer un moment de la journée aux thermes était bienvenu, aller aux bains devint un plaisir social. Les établissements de bains étaient au cœur de la vie urbaine, offrant des lieux de détente, de réunion et de culte.

 

Les historiens expliquent le développement des bains publics par l’accroissement de la prospérité de l’Empire romain. Dès - 300, les Romains fortunés avaient des salles de bain dans leurs maisons de ville comme dans leurs villas à la campagne. Le bain se rattachait à la vie privée et nécessitait beaucoup de pudeur. Graduellement cependant, l’obsession des Romains pour la propreté les amena à créer des bains publics. En - 33, Agrippa construisit à Rome l’aqueduc Julia et créa des établissements gratuits où l’on pouvait trouver des bains chauds, tièdes ou froids, ainsi que des salles de massage. Ces établissements étaient partagés en balneæ, ou bains publics, et belneum, ou bain privé. Le réseau d’aqueducs et le système de distribution d’eau et d’assainissement de Rome est aujourd’hui encore l’une des merveilles de l’Antiquité.

 

En - 312, pour alimenter la ville de Rome, Appius Claudius Caecus construisit le premier aqueduc sur la voie Appienne, il avait 18 kilomètres de long et était en partie enterré. Il connut un tel succès que les aqueducs proliférèrent dans tout le pays. Il y eut tout à coup suffisamment d’eau pour satisfaire aux plaisirs superflus bien au-delà des besoins indispensables. Les canalisations en fer étant inconnues à l’époque, le plomb était le seul matériau capable de supporter la pression de l’eau. Etrange anticipation de nos problèmes actuels d’environnement, le plomb fut à l’origine de cas d’empoisonnement et de stérilité parmi la population. Ce n’est que beaucoup plus tard que l’on comprit que le mal était dû au plomb.

 

Dans la Rome antique 13 aqueducs déversaient déjà chaque jour sept cent cinquante millions de litres d’eau, énorme quantité nécessaire à l’alimentation des 1 350 fontaines publiques, des 11 thermes impériaux et des 926 établissements de bain. Chaque citoyen utilisait environ 1 000 litres d’eau par jour, ce qui représente de nos jours la consommation moyenne d’une famille de quatre personnes. Les dirigeants, qui ont toujours tendance à satisfaire les désirs de leurs sujets, furent amenés à créer de nombreux bains publics.

 

Les empereurs romains construisirent des thermes pour se rendre populaires, et les philanthropes à leur suite firent construire pour leur propre compte des établissements très raffinés. C’est ainsi que les bains passèrent d’une petite unité clôturée de bois à fonctionnement précis, limité et quasi austère à un type d’établissement à usages multiples, plus ambitieux, luxueux et complexes. La dévotion des Romains pour l’eau conduisit à la construction de thermes monumentaux et de fontaines richement sculptées, véritables autels qui lui étaient consacrés et où s’harmonisaient activités physiques, culturelles et intellectuelles.

 

Sanitas per aquam, la santé par l’eau. Réunissant de nombreux éléments parmi ceux qui contribuent à rendre la vie agréable, certains établissements de bains romains ont été des réussites spectaculaires, même si l’on en juge d’après les normes modernes. Les ruines des thermes de Dioclétien et de Caracalla, pour ne citer qu’eux, sont encore impressionnantes. Les bains de Dioclétien couvraient une surface de treize hectares et pouvaient recevoir jusqu’à 6 000 occupants. Les sols étaient pavés de mosaïques, les murs revêtus de marbre égyptien, de pierres sculptées, de glaces et de belles fresques. Ils bénéficiaient d’une bibliothèque, de galeries et de gymnases, et se prêtaient à des divertissements variés. Le stade occupait un grand espace couvert et disposait de sièges de marbre. Il pouvait contenir près de 1 600 personnes. Un portique longeait tout le bâtiment et s’ouvrait sur l’exèdre, vaste espace réservé aux poètes et philosophes. Détendus et rafraîchis, les baigneurs pouvaient pratiquer la conversation, accéder aux bibliothèques ou recourir aux autres ressources qui leur étaient offertes. Les thermes étaient des lieux publics où les amis pouvaient se retrouver pour discuter, tenir des réunions d’affaires ou assister à des spectacles. Acteurs, jongleurs, esclaves et esthéticiens tourbillonnaient à l’entour, veillant aux besoins de leurs maîtres et de leurs clients.

 

Ceux qui avaient les moyens d’avoir des esclaves les emmenaient aux bains et se faisaient frictionner, masser et oindre par eux. On a dit que Rome était tombée en décadence parce que trop de gens y passaient trop de temps dans les bains publics. Les bains de Caracalla abritaient un temple à chaque extrémité, dont l’un était dédié à Apollon et l’autre à Asculape, dieux responsables respectivement de la nourriture de l’âme et de celle du corps. Au dehors, dans les jardins des philosophes, on pouvait admirer des grottes, des nymphées, des fontaines et des sources jaillissantes, des portiques ombragés où s’exposaient des chefs-d’œuvre de sculpture, un odéon destiné aux concerts et, enfin, des allées bordées d’arbres pour la promenade.

 

Cet ensemble architectural remarquable était entouré d’une esplanade que rafraîchissait l’ombre des arbres et l’eau frémissante des fontaines. Le bain était un intermède très animé, considéré comme indispensable au bien-être. Les Romains avaient beaucoup appris des Égyptiens, qui leur avaient révélé le caractère sybaritique du bain. Ces derniers trouvaient à la fois calmant et voluptueux de se baigner dans le lait d’ânesse, les fraises écrasées ou l’eau parfumée aux épices aromatiques, les plus recherchées étant le safran et la cannelle. Ils dépensaient des fortunes pour se procurer ces agréments importés d’Orient.

 

La complication de l’architecture intérieure des thermes donna lieu à un rituel complexe. Le cérémonial variait d’un établissement à l’autre, mais il est possible de reconstituer un déroulement assez général. La remise en forme quotidienne, appuyée sur la détente et le plaisir, constituait un véritable devoir social.

 

Ayant conquis l’Europe, les Romains ne voulaient pas renoncer aux plaisirs de l’eau. C’est pourquoi ils bâtirent des établissements au travers tout l’Empire, s’appropriant les eaux thermales des lieux pour leur remise en forme et leur délassement. Le guerrier comme le colon romain adorait plonger dans un bain, pratique qui fit école. Les premiers bains publics ouverts dans les provinces romaines furent fréquentés surtout par des soldats. Les établissements de bains impériaux, autant que des monuments à la gloire de l’eau et de Rome, étaient de véritables palais pour le peuple. Sans méconnaître leurs aspects critiquables sur le plan de la morale et du civisme, ces bains apportaient à la vie sociale une contribution majeure. Ils encourageaient la propreté, la pratique des sports et le respect de la culture. La prédominance du nu dans la sculpture de Grèce et de Rome, répondant à des canons indissociables de toute représentation humaine, traduit clairement le désir de ces peuples de glorifier la beauté du corps, immortalisée par de grands artistes. Dans les premiers temps, les hommes et les femmes avaient des installations séparées, mais le bain mixte fut accepté. Ceux qui tenaient à leur intimité pouvaient s’isoler dans le balneum, mais la plupart des utilisateurs préféraient participer aux plaisirs d’une compagnie mixte. Quand l’Empereur se transporta à Constantinople, en 330, les thermes et les aqueducs de Rome tombèrent en ruine. En 527, Justin 1er, souverain chrétien de l’Empire byzantin, n’autorisa plus les bains mixtes qu’aux couples mariés.

 

Bains Nordiques

 

Les peuples nordiques conféraient un rôle spirituel et social au sauna. Celui-ci n’était pas simplement un endroit où transpirer et s’asperger d’eau, mais aussi un lieu de guérison. Pour exorciser le démon, les possédés y étaient battus avec une vihta, verge faite de brindilles de bouleau, jusqu’à ce que les esprits mauvais prennent la fuite. 

 

La magie de l’Eau

 

Connue également sous le nom de magie bleue c’est l’un des nombreux embranchements de la magie blanche qui, regroupe tout ce qui a trait aux rituels de protection et aux envoûtements en lien avec l’Eau.

 

Lorsqu’un rituel de magie blanche requiert l’utilisation de l’eau et qu’il vise la purification d’un lieu ou simplement la guérison d’une personne, certains parlent de magie bleue, ce qui reste assez ridicule en soi, de vouloir ainsi donner des couleurs aux intention de pratiques des Arts.

 

Il faut d’ailleurs souligner le fait que l’eau est l’un des ingrédients essentiels de toute préparation magique, peu importe qu’elle soit d’un fleuve, d’un ruisseau, de la mer ou du robinet. Presque tous les courants religieux se servent de cet élément pour la purification. Chez les chrétiens catholiques en l’occurrence, l’eau bénite est toujours présente au sein des églises. Chez les Hindous, 100 millions de personnes se purifient chaque année dans l’eau du Gange à la faveur de la Kumbh Mela qui est une célébration annuelle de 55 jours.

 

Les magies de l’eau sont synonymes de patience et d’inspiration. Dans la conscience collective, elles sont étroitement liées aux rituels de purification et de désenvoûtent. De par ses caractéristiques et ses qualités premières, l’eau est purificatrice, ce qui lui vaut d’être principalement utilisée lors des rituels de guérison.

 

La magie de l’Eau est sollicitée pour des protections préventives, voire anticipées. Les vertus immunisantes de cette pratique bienfaisante sont destinées aux personnes s’exposant à de potentielles attaques de magie ou à des fins de purification d’un lieu aux vibrations plutôt négatives.

 

On recourt également à cette pratique bénéfique en cas de difficultés financières ou pour éloigner la malchance de son chemin de vie. La magie bleue est réputée attirer de l’argent à celui qui la pratique. Seulement, tout l’argent acquis par ce moyen doit absolument être dépensé. C’est d’ailleurs la règle générale pour les magies dites « positives ».

 

La réussite d’un rituel de magie de l’eau, dépend de différents facteurs clés qu’il est bon de prendre en considération. Il s’agit entre autres des jours de la semaine, du calendrier lunaire.

 

Il est également indispensable, au début et à l’issue d’un rituel de magie de l’Eau, de se laver les mains dans un récipient contenant de l’eau, puis de vider l’eau souillée à la Terre.

 

De même, les rituels ne doivent en aucun cas être pratiqués dans le lieu de résidence, la réussite de l’incantation magique en dépend. Il existe tout de même une alternative pour contourner cette contrainte, effectuer l’incantation dans un local dédié exclusivement à cette fin.

 

En outre, les rituels doivent être sous-tendus par de bonnes intentions. La magie de l’Eau n’a pas vocation à porter préjudice ou à nuire à autrui dans le dessein de se venger.

 

Ceci reste valable pour tous actes des Arts, il est interdit de pousser une personne à agir contre son bon vouloir de quelque manière que ce soit. Lorsque le praticien enfreint l’une de ces lois, il reçoit en retour un choc que ce soit au cours de l’existence présente ou dans une prochaine vie.

 

L'Eau et les Rituels 

 

Pour l’homme pieux, une goutte suffit. Mais l’océan lui-même et ses fleuves ne peuvent purifier le méchant.

 

C’est en ces termes que l’on présentait à l’apprenti les bains préalables au commencement de l’initiation aux mystères d’Eleusis. Cette assertion est particulièrement révélatrice des attributs symboliques et universels auxquels l’eau est dévolue depuis la nuit des temps, à savoir la purification et l’initiation.

 

Pour comprendre ce qui fait de l’eau un symbole si essentiel dans tous les rites de l’humanité et un objet de culte si vénéré dans la plupart des traditions du monde, il convient d’en revenir à des considérations tout à fait basiques. L’eau est indispensable à la manifestation de la vie en Abred, terme druidique se référant au monde manifesté dans lequel nous évoluons lorsque nous sommes incarnés. Sans eau, la vie ne peut se manifester dans la matière. Ce n’est pas pour rien que les astronomes concentrent leurs travaux sur la recherche de l’eau à la surface des autres planètes, ils considèrent qu’à partir du moment où elle est présente, la vie pourrait se manifester. L’eau est source de vie.

 

On ne parle d’ailleurs pas de source d’eau par hasard, ni de sourcier, si proche du terme sorcier, qui suggère un lien particulièrement étroit entre les pratiques cultuelles ou rituelles et les sources d’eau.

 

Depuis la nuit des temps, les pèlerinages, troménies et pardons consistent à suivre les énergies telluriques de la Wouivre, les Eaux Souterraines, pour se rendre à une source particulièrement vénérée qui fera l’objet d’offrandes et d’attentions particulières. Le pèlerinage, qui n’est que la mise en pratique dans le monde de la matière de la quête initiatique ésotérique, est ainsi par définition un retour aux sources. Un retour à l’origine, un retour au point d’eau.

 

Partir en pèlerinage, c’est faire le point. Et le point d’eau se rapporte à la conscience du centre du cercle qui est retrouvée, la conscience du centre de l’Etre, c’est à dire de ce qui est essentiel en nous. Les rituels et les célébrations qui rythment le cycle ne sont-elles pas toutes des rayons orientées vers ce centre, qui n’est autre que le Gwenved, terme druidique se référant au monde auquel accède l’Etre lorsqu’il est pleinement éveillé.

 

Où se trouve la Fontaine Sacrée en ton Etre ?

Et où se situe la Source qui l’alimente ?

Et où est l’Origine de cette Source ?

Extrait des Paroles du Druide sans nom et sans visage

 

On objectera aisément que c’est au titre d’élément originel, aux côtés du feu, de l’air et de la terre, que l’eau est indispensable à toute vie. L’eau est incontestablement nécessaire à la vie, mais pas suffisante à celle-ci. En effet, les philosophies traditionnelles, enseignent que pour voir se manifester la vie dans le monde de la matière, celui de la chair et du quaternaire, il faut la synergie des quatre éléments statiques pour composer le carré et délimiter ainsi le terrain d’expérience. Le cinquième élément Nwyre, l’éther, sert d’agent liant pour la cohésion harmonieuse de ces forces primitives, et instaure la vibration, le cinq, génère la dynamique, le pulsant et autorise la vie à ne pas en rester à l’état de potentialité. Si l’un de ces éléments vient à manquer, pas de vie possible.

 

Pourquoi donc attacher d’avantage d’importance à l’eau en tant que source de vie, de toute évidence parce nous sommes constitués à plus de 80% de cette Eau. La vieillesse entraîne d’ailleurs une diminution du pourcentage corporel en eau, faisant rimer vieillesse avec sécheresse et jeunesse avec vitalité. La fontaine de jouvence en est l’exemple le plus criant, Quand l’arbre et la source apparaissent dans le rêve, c’est que le rêveur se rapproche d’une vie plus sereine, car il s’agit d’une fontaine de jouvence.

 

Comment ne pas entretenir un lien privilégié avec l’élément qui nous est quasi-intégralement constitutif.

 

Comment ne pas imaginer que le retour aux Sources d’Eaux ne soit pas le rituel visant à retourner au plus profond de notre Être, à en retrouver l’Essence Sacré et originelle.

 

D’autant plus que les travaux récents du japonais Nasaru Emoto sur la cristallisation de l’eau tendent à confirmer des propriétés inédites de l’eau, en particulier concernant la faculté d’imprégnation des états mentaux qui l’entourent. L’eau, qu’elle soit utilisée pour l’alimentation ou bien comme symbole dans les rituels, doit donc faire l’objet d’une attention minutieuse.

 

Sa provenance, sa pureté et l’environnement auquel elle a été soumise sont des facteurs déterminants qui conditionnent sa qualité et ces données expliquent certainement pourquoi elle est souvent consacrée ou chargée par les prêtres de nombreuses traditions alors que les autres éléments ne font pas l’objet de ces pratiques.

 

La matière la plus féconde, n’est-elle pas le terreau (terre-eau), il est de coutume de procéder à l’appel aux éléments lors de l’ouverture du cercle. Air et feu, Terre et Eau, sont alors placés aux quatre points cardinaux, rappelant ainsi que la délimitation de l’espace sacré, mais terrestre, dans lequel nous évoluons est constitué de ces éléments et c’est leur association, en proportions et en teneurs variables, qui permet de générer toutes les manifestations qui peuvent exister sur terre.

 

Que tous ceux qui ont le souci de la Vérité s’inquiètent peu des mots et des paroles et se préoccupent plus du sens que de l’expression.

 

L’eau prête en effet à la souplesse, à l’échange et à la tolérance. Ne dit-on pas qu’il faut savoir mettre de l’eau dans son vin. C’est entre autre le message de l’arcane de la tempérance. Cela coule de source.

 

L’eau est omniprésente lorsqu’il s’agit de représenter le voyage intérieur. C’est le cas, par exemple, du praticien, qui traverse les mers lustrales sur son coracle, à la rencontre des différentes épreuves symboliques et initiatiques jusqu’à retrouver l’harmonie et à abandonner toute idée de vengeance ou de colère.

 

L’eau de mer, à la fois origine et aboutissement du cycle de l’eau, est l’eau de laquelle tout provient et à laquelle tout retourne. Impossible de ne pas voir dans la mer, l’image de la Mère, la Terre-Mère. L’océan aux profondeurs abyssales est à la fois source de richesses infinies et de prospérité mais c’est aussi la source de toutes les peurs et de tous les fantasmes. Nul n’y plonge sans la peur viscérale de l’engloutissement, de la noyade et de la dissipation et c’est à la mer que l’on confie les défunts dans l’Antiquité.

 

En psychanalyse, l’eau a une importance déterminante et est aussi dispensatrice de vie, dans les rêves, les enfants viennent des étangs ou des puits. Elle représente les énergies inconscientes et il faudra passer par l’étape de l’analyse pour les comprendre et les réintégrer consciemment afin de lever les symptômes.

 

Comment ne pas y voir une analogie manifeste avec les processus de la méditation. Les eaux claires et printanières renvoient à la figure de la jeune fille. Elle correspond à l’anima décrite par Jung comme principe féminin présent dans tout homme qu’on ne peut que rapprocher au premier visage de Kerridwen, celui de la jeune femme de l'Équinoxe de Printemps ou fête du Sommet de Vitalité durant laquelle on célèbre le renouveau de la nature et des forces de vie.

 

La jeune Kerridwen trouve sa correspondance avec la déesse grecque Perséphone, déesse de l’agriculture et de l’initiation. C’est la fille unique de Déméter, vierge du printemps, aimable, douce, et souvent représentée cueillant des narcisses. Ces eaux printanières sont aussi celles de la rosée si chère aux alchimistes, un vrai remède, un don du ciel pour les yeux, les abcès et les viscères selon Pline.

 

La rosée céleste, recueillie dans des linges, est un élément essentiel dans les opérations alchimiques. Elle rend à l’être sa pureté. « Soucieuse de coquetterie, elle [La servante de la ferme] lave chaque matin son visage de son mouchoir trempé dans la rosée de la prairie, et sait ajuster sa coiffe blanche pour mettre son visage en valeur. » Yann Brekilien, La vie quotidienne des paysans de Bretagne au XIXe siècle.

 

Les eaux noires des marais renvoient quant à elles plutôt à une anima non intégrée, c'est-à-dire à un féminin menaçant, encore très lié à l’image de la Mère. Ce sont les marais de Samain dans lesquels les corps putréfiés se dissocient peu à peu pour se fondre dans le réservoir de toutes les énergies et de toutes les capacités de création, autrement dit la matéria prima, le chaudron de Kerridwen, mais se présentant cette fois sous l’image de la vieille femme qui reprend le vieux dieu couronné en son sein.

 

Les eaux d’Imbolc, rite annuel dédié à la purification et à la lustration, se rattachent quant à elles principalement à l’enfantement. Le petit enfant, dont la naissance sera bientôt annoncée avec Ostara.

 

Mais l’émerveillement est mère de dispersion, et il est important, au cœur de l’hiver, alors que la rudesse du froid et du dépouillement peut prêter l’être à se détourner de sa quête existentielle pour satisfaire à des plaisirs éphémères, qu’Imbolc apparaisse comme un Rappel du sens de notre présence, formulé au travers d’un rituel de purification dont l’eau initiatrice de Brigantia, déesse des accouchements, en est la médiatrice.

 

Brigantia, à la fois fille et mère du Dagda, aussi habile intellectuellement que techniquement, fut christianisée au Ve siècle au travers de Sainte Brigitte, abbesse de Kildare en Irlande et sa fête est évidemment célébrée le 1er février. Eaux de mer, de rivière, de source, de marais, elles possèdent chacune leurs attributs spécifiques, faisant parfois l’objet d’une attention particulière lors de certains rites.

 

Les sources ont cette particularité que leurs eaux viennent des profondeurs, et sont donc patronnées par des divinités souterraines. Toujours liées à la purification ou à la guérison, les sources ont chacune leurs spécificités et font l’objet de cultes bien déterminés. Ce sont des lieux magiques où les êtres mythiques côtoient les nymphes et les fées qui peuvent aider le héros moyennant certaines conditions. Les questions de fécondité y sont particulièrement présentes.

 

La magie élémentale de l'eau est une magie aussi difficile à contrôler que les autres magies élémentale, mais moins dangereuse. C'est une magie qu’il est conseillé de maîtriser en premier. Bien que la magie de l'eau soit bien moins dangereuse pour l'entourage, elle demande un minimum de concentration.

 

Exercices pour manipuler l'Eau

 

Premier exercice l'absorption.

Prendre une douche, ensuite arrêter l'eau et se concentrer. Imaginer que l'eau pénètre dans la peau, que le corps aspire l'eau. Tout le corps devra devenir sec seul les cheveux resteront un peu humide. Il se peut que pendant l'exercice une difficulté à respirer apparaisse, c’est normal.

 

Second exercice la méditation.

Allongé dans un lit l’on imagine que la pièce commence à se remplir d'eau. Quand le niveau arrive à hauteur des oreilles, l'eau s’arrête de monter.

 

L’on imagine puiser l’énergie de l'Eau que l’on aspire complètement, tant et si bien que vous l’on aspire l’énergie, la respiration devient de plus en plus molle, de plus en plus de mal à respirer, mais ceci est tout à fait normal, ne pas en avoir de crainte. Quand l’on a aspiré toute l’énergie de l'Eau, l'Eau dans laquelle l’ont été mentalement baigné doit prendre une teinte d’un bleu très clair, similaire au flammes lors du tracé de Cercle Sacré.

 

Ceci fait, comme l’on a imprégné de toute l’énergie de l'Eau, il se faut le répartir dans tous les membres du corps, cela au niveau mental bien entendu. Cette énergie circule extrêmement rapidement, et l’on devrait en percevoir la douce chaleur envahir, submerger, tout l’être.

 

Une fois l’énergie répartie dans tout le corps, l’on imagine que l'Eau redescend, disparaît jusqu’à qu'il n'y est plus une goutte d'Eau.

 

Troisième niveau le bain.

Enlever ses vêtements et entrer dans une piscine ou un bain d'Eau très fraîche. Si l’on a accès à une rivière ou un lac c'est encore mieux. Se submerger dans l'eau autant que possible. S’y relaxer tous les muscles du corps. Inspirer lentement puis expirer tout aussi doucement. Prendre conscience du rythme de la respiration. Elle se devrait de diminuer peu à peu. Prendre la conscience de l'Air qui entre en soi, qui descend dans la gorge et qui emplit les poumons. La ressentir qui remonte ensuite la gorge et qui s’échappe par la bouche.

 

S’imaginer devenir un grand système respiratoire, que chaque partie du corps n'a qu'une fonction, celle de respirer. Sentir la peau devenir elle aussi un organe respiratoire. Lorsque l’on inspire, visualiser chaque pore de la peau qui s'ouvre et qui respire l'élément Eau. Sentir l’élément Eau entrer et sortir et nettoyer toutes les impuretés du corps. Ne pas confondre l'eau avec l'élément Eau ou l’on suffoquerait par manque d'Air. Si cela arrive, sortir immédiatement de l'eau et recommencer un autre jour.

 

Quatrième niveau transmutation.

À chaque jour, prendre 3 minutes et imaginer que l’on est l'élément Eau. Ressentir la fluidité, la froideur et l'humidité rafraîchissante de l'élément Eau. Devenir Eau.

 

Il convient de se transmuter de devenir familier avec l'eau en toutes ses apparences. Savoir en soi ce qu'est l'Eau, ce que l'Eau fait ressentir.