Art Préhistorique

Réalisation Icona

 

 

 

 

 

 

La Vénus de Laussel

(L'une des plus célèbres Vénus paléolithiques)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Vénus de Hohle Fels

(Première manifestation attestée de l'art figuratif)

 

Si les premières manifestations discrètes de l'art préhistorique datent de la fin du Paléolithique moyen, celui-ci ne prend une réelle ampleur qu'au début du Paléolithique supérieur, entre - 45 000 et - 12 000 ans, avec l'Aurignacien qui marque la première manifestation de l'art figuratif. Il est alors très diversifié dans ses thématiques, ses techniques et ses supports. Il inclut des représentations figuratives animales, des représentations anthropomorphes souvent schématiques, ainsi que de nombreux signes.

 

Au Mésolithique de - 12 000 à - 8 000 ans, les manifestations artistiques figuratives sont rares. De cette époque sont connus des galets peints ou gravés de figures géométriques.

 

Au Néolithique de - 8 000 à - 3 000 ans, l'art figuratif se développe à nouveau, en incluant notamment des animaux domestiques. De nouveaux supports commencent à être utilisés, par exemple lors du décor de poteries en céramique.

 

 

L'art préhistorique est le fait d'hommes modernes, les Homo sapiens mais aussi de Néandertaliens démontré par les découvertes de la Grotte de Gorham.

Les mains se fondant dans la roche

Art  indigène australien

Ceci établirait une liaison avec le monde des esprits

Théorie du chamanisme pariétal Jean Clottes

Mains négatives réalisées au pochoir

Certaines ont des doigts tronqués

Grottes de Gargas

Commune d'Aventignan -  Hautes-Pyrénées


 

 

 

 

 

 

Les préhistoriens ont longtemps considéré que l'art préhistorique avait un berceau unique et avait évolué progressivement pour devenir de plus en plus raffiné.

 

La découverte de la grotte de Chauvet en 1994 a totalement remis en cause cette conception.

 

Différentes théories sur les origines de l'art préhistorique sont proposées pour expliquer le grand boom artistique du Paléolithique :

  • L'art pour l'art : L'Homme préhistorique qui manifeste un pur plaisir de dessiner et de peindre, a des préoccupations artistiques. Cette théorie, dont un des premiers défenseurs est Gabriel de Mortillet ne fonctionne pas pour l'art pariétal qui est souvent dans des grottes sombres ou inaccessibles.
  • L'art comme rituel de la chasse magique : Henri Breuil imagine que les représentations d'animaux ou de scènes de chasse leur donnent le pouvoir magique de possession et de domination sur la bête, leur assurant ainsi une chasse fructueuse. Cette théorie ne fonctionne pas pour les représentations d'animaux ou d'éléments qui n'ont aucun rapport avec la chasse. En outre, les animaux le plus souvent chassés, d'après les ossements retrouvés par les archéologues, ne sont pas les animaux les plus représentés.
  • L'art comme témoignage de préoccupations religieuses ou mythologiques : Les hommes préhistoriques se réfèrent à une puissance divine représentée par les animaux, dont le cas particulier est le totémisme, les esprits surnaturels. Ces représentations auraient été des récits initiatiques ou cosmogoniques censés provoquer un éveil de la conscience, une autre vision du monde ou la survie du clan. Cette théorie littéraire a été très critiquée, à la fin du siècle dernier, par les spécialistes, préhistoriens et ethnologues. Elle présentait une vision, très réductrice et extrapolée, du chamanisme et ne correspondait pas à la réalité archéologique, seules quelques images pouvant être interprétées en ces termes.
  • L'art comme témoignage d'une hiérarchie sociale : Permettant à une caste de se prévaloir de ses origines mythiques, cette hiérarchie pouvant être une conséquence d'un début de division du travail, avec notamment des individus désignés soumis à un apprentissage spécifique, se spécialisant dans la peinture, le travail de la pierre ou de l'ivoire, d'œuvres d'art ayant une fonction de prestige et d'accumulation des ressources. Les inégalités sociales ne seraient pas nées, comme on le croit ordinairement, avec la révolution néolithique et l’apparition de l’agriculture, mais dès le Paléolithique récent, en lien avec l’émergence d’un système économique fondé sur le stockage des ressources sauvage.
  • L'art comme une volonté de la part de l'homme moderne d'exprimer une prise de possession de l'espace : Face aux Néandertaliens en affirmant graphiquement ses sentiments, ses croyances. Cette hypothèse est contredite par la découverte de productions artistiques chez l'homme de Neandertal voire chez Homo erectus.
  • L'art paléolithique non considéré comme de l'art : Cette conception des préhistoriens anglo-saxons suppose que les hommes préhistoriques ont des préoccupations non esthétiques mais fonctionnelles. Agir sur les esprits, revivifier les animaux selon les saisons par exemple.
  • La découverte de l'image en lien avec la chasse : L'homme est le seul animal à pratiquer la chasse à l'épuisement ; perdre de vue sa proie ne serait-ce qu'un instant peut anéantir des heures d'effort. La capacité de suivre une piste composée d'empreintes aurait représenté un avantage sélectif. Les chasseurs paléolithiques ont étudié la décomposition du mouvement aux différentes allures afin de mieux pouvoir décrire le comportement de l'animal traqué. Le premier contact de l'homme avec l'image a été d'emblée en lien avec le temps et le mouvement. La piste animale, en tant que succession d'images, répond aux quatre niveaux d'exigence de la narration iconique définis par Philippe Sohet. La narration graphique n'est pas une invention de l'homme. Ce dernier a appris à s'approprier ses codes et à s'essayer lui-même à la mettre en œuvre. Ces facultés ont accru les chances de survie des individus. En dehors d'un contexte de chasse, elles ont permis certaines expressions artistiques.

L'approche structuraliste d'André Leroi-Gourhan a de son côté, avec prudence, écarté toute volonté d'interprétation mais a considéré que les peintures s'organisaient en fonction d'un système binaire faisant appel aux principes mâle et femelle et qu'elles visaient à une reproduction du monde.

 

Certains chercheurs, comme Denis Vialou, pensent que croire à un art paléolithique chamanique c'est nier l'hétérogénéité des cultures préhistoriques. Ils insistent sur les différences et les spécificités régionales et locales, en soulignant que chaque grotte correspond d'abord à des systèmes symboliques identitaires qui lui sont propres, et en mettant en évidence de grands centres d'art rupestre préhistorique.

 

Charue et bétail gravés à Asberget

Gravures rupestres de Tanum en Suède

Typiques de la phase de l'économie complexe

Le martien des gravures rupestres du Tassili en Algérie

Typique de la phase des cueilleurs archaïques


 

Les différents supports

 

Art immobilier

Art rupestre, art pariétal, pétroglyphes, peinture à base de pigments minéraux les terres d'ocres, argiles rouges et jaunes, oxyde de fer, craie, les pigments organiques les noir d'os calcinés, noir de charbon de bois. Le plus ancien atelier de fabrication de pigments date d'il y a 100 000 ans au Middle Stone Age.

 

Art mobilier

Outils et armes, les bâton percé, propulseur à crochet, spatule, lampe à graisse, harpon, pointe de sagaie, parures et bijoux suspendus sur le corps ou attachés à un vêtement, le plus fréquent sont les perles, pendeloque, contour découpé, rondelle en os percé, bracelet, diadème ; colliers formés de coquillages, les plus anciens datés à ce jour sont une parure de coquillages à Taforalt (Maroc) vers - 82 000 ans, dents, craches de cerfs, plaquettes gravées, sculptures, les figurines, Vénus paléolithique, poteries.

 

5 grandes thématiques spécifiques peuvent être distinguées :

  • Chasseurs archaïques - Les grands animaux et les symboliques associées ;
  • Cueilleurs archaïques - Les êtres fantastiques ;
  • Chasseurs évolués - Les scènes de chasse avec arcs et flèches ;
  • Pasteurs - Les troupeaux ;
  • Economique complexe - Les scènes diverses, élevage et agriculture ;

Les représentations peuvent présenter 3 types de signes, associés ou non, en proportions variables.

  • Pictogramme - Les représentations du réel ;
  • Idéogramme - Les signes conventionnels ;
  • Psychogramme - Les signes émotionnels ;

 

Émergence de l'art au Paléolithique

Perles en coquilles de Nassarius

Datées du paléolithique moyen

  • a) ouverture réalisée à l'aide d'un outil en os ;
  • b) facette plane produite par l'usure, probablement lors du frottement avec d'autres perles ou avec un lien ;
  • c) traces d'ocre à l'intérieur du coquillage, peut-être transférées depuis le corps de la personne portant la parure ;
  • d) vue générale des perles ;

 

 

Si les origines de l'espèce Homo Sapiens sont sans doute africaines et sont estimées remonter à environ 200 000 ans. La découverte de parures réalisées sur coquilles marines de Nassarius gibbosulus, datant du Paléolithique moyen entre − 100 000 et − 50 000 ans, démontre que très tôt l'art tenait un rôle important chez les premiers humains. 

 

Selon certains auteurs, les préoccupations esthétiques auraient pu se manifester dès le Paléolithique inférieur et ce de plusieurs manières :

  • Collecte d'objets naturels, un galet de jaspillite rouge a été retrouvé sur un site fréquenté par les Australopithèques il y a près de 3 millions d'années. Des motifs géométriques gravés sur des coquillages il y a 500 000 ans par des Homo erectus. Un biface, daté de 300 000 ans et retrouvé à Swanscombe en Angleterre, a été façonné dans une roche comportant un oursin fossile.
  • Travaux de chromatique par l'utilisation d'hématite ou d'ocre est attestée dans différents endroits du globe à partir de 100 000 ans.
  • Utilisation de pierres remarquables dans la production d'outils telque le jaspe retrouvé en Corrèze, le cristal de roche dans différents sites, l'obsidienne lors du Paléolithique moyen en Éthiopie.
  • Fabrication d'objets dont la forme n'a pas d'explication fonctionnelle évidente, des bolas, des boules de pierre façonnées et plus ou moins régulières, manifestement trop lourdes pour servir de projectiles, ont été retrouvées notamment à Sidi Abderrhamane au Maroc.

 

 

 

À la fin du Paléolithique moyen, apparaissent les premières incisions dépourvues de rôle fonctionnel, sur des os ou des pierres. En Afrique du Sud, le site de Blombos a livré des pierres gravées et colorées de motifs géométriques complexes, associées à des objets de parure en coquillage. Cette découverte, datée de - 75 000 ans, est l'une des plus anciennes formes d'expression artistique humaine. Elle traduit les capacités d'abstraction des Homo sapiens de l'époque.

 

Certains sites moustériens ont également livré des minéraux insolites ou des fossiles collectés par les Néandertaliens lors de leurs déplacements. C'est le cas notamment des grottes d'Arcy-sur-Cure.

 

De plus, certaines œuvres du Moustérien pourraient être attribuées à l'homme de Néandertal, comme le masque de la Roche-Cotard, les peintures pariétales des grottes de Nerja, de La Pasiega, de Maltravieso.

 

 

 

 

 

 

 

Le masque de la Roche-Cotard

Légende


 

L'explosion des formes d'art est caractéristique du Paléolithique supérieur. L’Homo sapiens est le principal acteur de cette révolution, même si des chercheurs pensent aujourd'hui que certaines œuvres peuvent être attribuées à l'homme de Néandertal.

 

Les premières représentations figuratives connues sont les peintures rupestres de l'est de Bornéo, datées entre - 52 000 et - 40 000 ans.

 

Il y a environ - 32 000 ans, l'art est déjà très diversifié et abouti, tant au niveau des thématiques que des techniques. Dans la Grotte Chauvet, l'une des plus anciennes grottes ornées connues, un grand nombre de techniques, gravure, peinture, tracés digitaux, empreintes, a été employé pour réaliser des figurations animales parfois très réalistes, certaines représentations étant parfois doublées voire triplées, ce qui a donné naissance à la théorie du préhistorien Marc Azéma selon laquelle les hommes préhistoriques traduisaient le mouvement, étirement des corps comme dans le Galop volant, artifice de la synecdoque pour représenter dynamiquement un animal par ses pattes en extension, décomposition du mouvement par superposition ou juxtaposition d'images successives (pattes, queues, encolures), plaquettes ou rondelles d'os qui tournent sur leurs deux faces comme dans des thaumatropes.

 

À la même époque, des statuettes en ivoire sont également connues, l'homme lion de Hohlenstein-Stadel. Aucune évolution, depuis des formes simples vers des formes plus complexes, n'est véritablement perceptible. Même si l'art du Paléolithique supérieur couvre près de vingt mille ans, il est possible de dégager un certain nombre de caractéristiques générales sans entrer dans le détail de la chronologie.

 

L'art du Paléolithique supérieur se présente sous forme de peintures pariétales et rupestres, mais aussi de sculptures et de gravures en argile, en pierre, en ivoire ou en os. Les œuvres conçues avec des matériaux périssables, comme le bois ou les tissus, ont malheureusement disparu. On ne peut qu'imaginer ce qu'elles devaient être, et il est certain que notre connaissance reste très partielle.

 

Le métal n'est pas encore connu. Certains objets, très fins et fragiles, ne semblent pas exclusivement utilitaires, et peuvent avoir une fonction d'apparat. De nombreux témoins d'art apparaissent sur des éléments de la vie quotidienne qui ont sans doute eu un rôle non artistique, comme les propulseurs.

 

La vallée du Côa

Dubale et personnage

R'cheg Dirhem

 Algérie

Abri de Chimiachas - Espagne

Tajo de las Figuras

Benalup

 Casas Viejas province de Cadix


Les différents types d’art préhistorique

Art Pariétal

Grotte de Lascaux

Art Rupestre

Vallée de Côa

Art Mobilier

Dame de Brassempouy


 

Art Pariétal

 

Dans le cadre de l'étude de l'art préhistorique, l'expression art pariétal du latin parietalis, relatif aux murs au sens de paroi, désigne l'ensemble des œuvres d'art au sens large réalisées par l'Homme sur des parois de grottes et abris sous roche.

 

La plupart des auteurs l'opposent à l'art rupestre l'art sur rocher à l'air libre, mais aussi à l'art mobilier, que l'on peut déplacer et à l'art sur bloc.

 

Carte de la région franco-cantabrique

Montrant les principaux sites d'art pariétal du Paléolithique supérieur européen

 

Premier relevé du plafond aux polychromes d'Altamira publié en 1880

 

Marcelino Sanz de Sautuola, un gentilhomme espagnol revenant de l’Exposition universelle de Paris, décide d'explorer la grotte d'Altamira découverte sur son territoire par un chasseur. Alors qu'il effectue des fouilles dans cette grotte, sa fillette Maria, alors âgée de huit ans, remarque la première la présence de toros dessinés au plafond et découvre ainsi l'art pariétal paléolithique entre 1875 et 1879. M. Sanz de Sautuola publie ses conclusions et son hypothèse sur l'existence d'un art préhistorique dans un opuscule intitulé Breves apuntes sobre algunos objetos prehistóricos de la Provincia de Santander en 1880.

 

À la suite des découvertes d'autres grottes ornées, en particulier la grotte des Combarelles et la grotte de Font-de-Gaume en 1901, le préhistorien Émile Cartailhac publie l'article « Mea culpa d'un sceptique » en 1902, réhabilitant ainsi les travaux de l'archéologue espagnol. Cette polémique contribue à la reconnaissance scientifique de l'art pariétal paléolithique comme une forme d'art à part entière.

 

Les premières datations au carbone 14 de la grotte Chauvet avec ses peintures âgées de 36 000 ans font littéralement voler en éclat l'idée d'une évolution linéaire de l'art préhistorique et d'un art primitif balbutiant, au style fruste et grossier dont aurait progressivement émergé l'apothéose créatrice de Lascaux.

 

La première grande culture spécifiquement européenne est celle qui a donné naissance à l'art pariétal de l'Arc franco-cantabrique (Charente, Dordogne, Lot, Pyrénées, Pays basque, Cantabrie, Asturies) où 90 % des grottes ornées découvertes le sont dans cette région au début du XXIe siècle.

 

Actuellement, l'art pariétal du Paléolithique supérieur européen remonte à plus de 40 000 ans.

 

 

Les principales techniques utilisées sont le dessin, la peinture au tampon, au soufflé, la gravure par piquetage, incision ou raclage et la sculpture par modelage en argile ou autre matière ou encore, taille en bas-relief.

 

 

Les peintures ont été réalisées au pinceau. Les poils du pinceau pouvaient être fabriqués avec du crin d'animal, des poils et même des matières végétales telles que des feuilles ou des tiges. Les peintures peuvent être monochromes, bichromes ou polychromes (grotte de Lascaux).

 

Des peintures ont été faites au doigt enduit de peinture, comme dans la grotte de Covalanas (Cantabrie).

 

La technique du soufflé ou crachis était utilisée pour tracer des contours (chevaux ponctués de la grotte du Pech Merle), remplir une surface (grotte de Lascaux) ou faire des mains négatives (grottes de Gargas). Un pochoir délimitait la zone à remplir puis avec un outil creux (os, roseau) ou la bouche, la peinture était expulsée- sur le support.

 

Les gravures par incision de la paroi, plus ou moins profondes, sont effectuées avec un outil en silex. C'est la technique de gravure la plus répandue.

 

Des gravures sont également réalisées par piquetage. La roche est martelée avec un morceau de roche dure.

 

Des gravures au doigt sur l'argile molle des parois sont aussi connues dans certaines grottes, plafond des hiéroglyphes de la grotte du Pech Merle par exemple.

 

 

Art des ténèbres lorsqu'il est pratiqué dans des grottes profondes, l'art pariétal nécessite un éclairage adapté : torche enduite de résine enflammée, lampe à graisse.

 

De nombreuses traces charbonneuses sur les parois sont des mouchures ou mouchetures résultant du ravivage de la flamme des torche en retirant leur partie carbonisée qui asphyxie la flamme. Deux techniques de mouchage sont proposées :

  • Mouchage classique par écrasement ponctuel et ou étiré avec ou sans chute de charbons ;
  • Mouchage par frottement (détachement des mouchures), soit naturellement lors de mouvements, soit volontairement par choc avec un objet tenu de la main libre ou par contre-coup.

Les représentations sont symboliques ou figuratives. La figuration peut être statique ou dynamique, stéréotypée ou naturaliste. Elle n'est jamais de dos ou par-dessus mais de profil, profil absolu typiquement pour les représentations humaines, perspective tordue ou semi-tordue, vraie perspective des Magdaléniens ou de face. Elle peut être totale ou par segments anatomiques. Les figurations céphaliques sont fréquentes, souvent prolongées par les encolures pour les animaux, rarement par les poitrails pour les humains.

 

D'autres grottes ont été ornées à des époques postérieures, Épipaléolithique, Néolithique, âge du Bronze. Tel est le cas de la grotte de Magoura à Belogradchik en Bulgarie - 10 000 ans.

 

L'art pariétal comporte des œuvres peintes, gravées ou sculptées. Ces dernières sont souvent associées aux abris-sous-roches (Roc-aux-Sorciers à Angles-sur-l'Anglin).

 

La grotte de Lascaux comporte plus de gravures que de peintures. Selon la dureté de la paroi, l'artiste utilisait ses mains seules (parois argileuses) ou des outils de pierre et de bois pour inciser la paroi. Certaines créations modelées sont de véritables chefs-d'œuvre, tels les bisons de la grotte du Tuc d'Audoubert.

 

Pour la peinture, différents pigments étaient utilisés :

  • L'ocre, jaune, rouge ou brune ;
  • Le charbon ;
  • L'oxyde de manganèse pour le noir ;

Les analyses de pigment ont montré dans certains cas la réalisation de recettes complexes incluant des charges minérales non colorées.

 

Dans certains cas, l'artiste traçait un contour avec un pinceau ou directement grâce à un bout de charbon et remplissait ensuite selon divers procédés :

  • Au pinceau ;
  • Application à la main ;
  • Soufflage dans un tube ;

Ce dernier procédé mouchetait finement la paroi, permettant des effets subtils de dégradés.

 

Les artistes du Paléolithique ont su utiliser et jouer avec les formes naturelles des parois pour créer des figures. Ainsi, il arrive que seulement quelques contours de la figure soient représentés, le reste étant suggéré par la forme de la paroi.

 

Art Rupestre

 

L'expression art rupestre du latin rupes, roche désigne l'ensemble des œuvres d'art au sens large, sans appréciation esthétique, réalisées par l'Homme sur des rochers, le plus souvent en plein air.

 

 

Cette forme d'art occupe une part majeure dans l'art préhistorique. Sa pratique est restée continue jusqu'à nos jours. Elle n'est pas le fruit d'une ethnie ou d'une culture particulière, mais est relativement universelle. Emmanuel Anati estime qu'il existe 45 millions de peintures rupestres sur des rochers et dans des grottes, sur 170 000 sites de 160 pays.

  

L'art rupestre est caractérisé par l'utilisation de plusieurs techniques :

  • La gravure : les artistes martelaient un support rocheux avec une pierre dure. Cette technique était très répandue. Dans ce cas, on parle de pétroglyphe.
  • La peinture : les poudres de couleur utilisées étaient des minéraux broyés. Grâce à un roseau ou un os creux, ils soufflaient les poudres de couleur pour représenter les crinières, les poils, les pelages d'animaux.

Les sujets sont divers selon les périodes et les régions. On retrouve essentiellement des représentations animales au Paléolithique supérieur (les plus anciennes, sur l'île de Bornéo, datent d'au moins 40 000 ans) puis, à partir du Néolithique des humains, des représentations humaines de grandes tailles les bras levés, des orants, des armes primitives, des chars, des habitations, des arbres. Les représentations de scènes sont extrêmement rares au Paléolithique, plus fréquentes à partir du Néolithique (scènes de chasse, de guerre ou de pastoralisme).

 

L'étude des motifs met en évidence une organisation spatiale et un programme iconographique ou décoratif.

 

Art mobilier

 

L'art mobilier est l'art des objets, que ceux-ci soient utilitaires ou non. On trouve dans cette catégorie des rondes bosses, comme les Vénus, mais aussi des armes sculptées comme des propulseurs, et des objets de la vie quotidienne, comme des lampes en terre gravées de signes.

 

On remarque souvent une correspondance entre art mobilier et art pariétal par la même iconographie, le même style.

 

Les hommes du Paléolithique savaient déjà décorer leurs armes. Ils possédaient un art mobilier composé de pendeloques et de plaquettes décorées.

 

Dans le cadre de l'étude de l'art préhistorique, l'expression art mobilier ou art des objets désigne l'ensemble de la production par l'homme d'œuvres d'art, soit les artefact qui peuvent aujourd'hui être considérés comme tels sur objets de dimensions limitées, donc mobiles ou déplaçables. Ce domaine est équivalent au Kleinkunst allemand, littéralement le petit art et au portable art anglais.

 

De manière générale, le mobilier se distingue de la statuaire monumentale et de l'architecture, quoiqu'il concerne la petite plastique et la décoration.

 

L'art mobilier est très diversifié et comprend des objets sans fonction d'utilité évidente, comme les rondes bosses représentant des Vénus, ainsi que des objets utilitaires décorés. Pour ces derniers, de façon schématique, le décor est d'autant plus élaboré que les objets étaient destinés à durer lampes en terre gravées de signes, propulseurs, bâtons percés. Les objets à durée de vie brève, pointes de sagaies ne portaient le plus souvent que des décorations simples, composées de motifs géométriques.

 

Propulseur sculpté du Mas d'Azil

 

Iconographie de l'art préhistorique général

 

Trois types de figurations peuvent être distinguées :

  • Des signes ;
  • Des animaux ;
  • Des représentations humaines ;

 

Grotte du Pech Merle - Main négative et ponctuations

 

Les Signes

 

Les signes sont de loin les éléments les plus fréquents, les plus divers et les plus difficiles à interpréter. On les trouve autant dans l'art pariétal que dans l'art mobilier. Généralement, ils accompagnent des animaux, mais il existe aussi des panneaux de signes, comme dans la grotte de Niaux.

 

Ces signes sont des points, des flèches, des mains négatives et positives, avec un nombre de doigts variables, des tectiformes, des quadrillages colorés de différentes teintes, des sortes de feuilles, etc. La liste est quasiment impossible à établir, tant ils sont divers. La couleur semble toujours avoir une grande importance.

 

Ces signes sont souvent interpréter comme se pouvant être des symboles sexuels. Sur le panneau de signes de la grotte de Niaux, les signes fléchés seraient à associer à la femme et les points à l'homme. D'autres préhistoriens pensent qu'il s'agit d'une sorte de système numérique.

 

 

La Faune

Cerf gravé de Lascaux

 

Les animaux sont le deuxième thème de prédilection des artistes préhistoriques. Ceux-ci s'inspiraient visiblement des espèces animales visibles dans leur environnement, mais pas particulièrement des espèces qu'ils avaient l'habitude de chasser. Les figurations évoquant l'environnement végétal sont extrêmement rares.

 

Le bestiaire varie selon les régions et selon les époques. Toutefois, on trouve en majorité de grands herbivores (chevaux, bisons, aurochs), comme dans la grotte de Lascaux.

 

D'autres espèces sont plus rarement représentées, parfois avec de fortes dominantes géographiques ou chronologiques :

  • Lions et rhinocéros dans la grotte Chauvet, en Ardèche ;
  • Biches dans les grottes de la région des Cantabres en Espagne ;
  • Mammouths à Rouffignac, en Dordogne.

Il arrive aussi que soient représentés des animaux indéterminables ou fantastiques, une figure de la salle des taureaux de Lascaux est parfois qualifiée de licorne.

 

Certains animaux sont parfois représentés selon des conventions stylistiques plus ou moins uniformes à l'échelle d'une région. Pour les chevaux du sud-ouest de la France, par exemple, on note un ventre rond, large, alors que les jambes sont à peine ébauchées.

 

Les animaux sont quelquefois regroupés, inclus dans une scénographie. Ainsi, on trouve à la grotte Chauvet la représentation d'un rhinocéros surmonté de plusieurs lignes dorsales, ce qui donne une impression de profondeur et de multitude évoquant un troupeau. Les groupes peuvent comporter des animaux d'une même espèce, mais associent souvent plusieurs espèces différentes. Les superpositions et raclages sont aussi courants. Parfois, un individu est écarté, comme le cheval dans le passage, à Lascaux.

 

L'art mobilier comporte aussi nombre de représentations animales, notamment au bout de propulseurs. Le propulseur du faon à l'oiseau est l'un des plus délicats. Élément de prestige de par sa fragilité, il est le chef-d'œuvre d'une importante série d'objets du même type. Des chevaux en ronde-bosse sont également fréquents.

 

 

Représentations humaines

 

 

 

Vénus de Willendorf vers - 25 000 ans

 

Les représentations humaines symbolisent une très faible partie du répertoire.

 

On peut distinguer trois principaux types de représentation :

  • Représentations humaines asexuées, personnage sans sexe identifiable.
  • Représentations Anthropomorphiques, personnages mi-humains mi-animaux, parfois réduits à de simples masques comme dans la grotte d'Altamiraen Espagne ou en pied, comme dans la Grotte des Trois-Frères.
  • Représentations humaines avec un sexe féminin ou masculin identifiable. On peut noté la surreprésentation des sexes féminins par rapport aux sexes masculins.

Certaines représentation humaines avec un sexe féminin semble être un symbole de fécondité, comme le montrent les statuettes de Vénus, dont les hanches et le ventre sont hypertrophiés et la tête et les membres réduits à leur plus simple expression.

 

La Vénus de Willendorf en est un des exemples les plus célèbres. L'hypertrophie ou l'atrophie pouvant jouer le rôle de figure de style pour mettre en évidence certaine partie du corps pour exprimer une idée. Les vulves stylisées et les gravures présentes dans l'art pariétal renforcent cette hypothèse.

 

Les humains en situation de faiblesse face à un animal. On en trouve un exemple dans le puits de Lascaux, au Roc de Sers et sur une plaquette provenant du Mas d'Azil conservée au musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye. L'humain est couché face un animal chargeant, ou combat contre lui.

 

L'art de l'Épipaléolithique et du Mésolithique

 

Cette période de transition est relativement pauvre en manifestations artistiques, limitées à des galets peints (Azilien) et quelques silhouettes animales en France et en Italie. Des gravures sur rocher (phoques, baleines, poissons, etc.) sont connues en Norvège.

 

Carte avec statue-menhirs en Europe

 

Le mégalithisme constitue la plus ancienne forme d'architecture monumentale dans l'histoire de l'humanité.

 

À ce titre, il relève également de l'art préhistorique. Même si sa fonction première n'était pas directement artistique, mais religieuse, le mégalithe est parfois le support privilégié de l'art de son époque. Les orthostats des dolmens peuvent être ornés de gravures très complexes dont la symbolique nous échappe encore. Ils peuvent également avoir été sculptés et présenter une forme anthropomorphe, s'apparentant ainsi à de véritables statues préhistoriques, dont certaines sont caractérisées au point d'avoir des seins démontrant des divinités tutélaires féminines, des rangs de colliers.

 

De même, les statues-menhirs sont des mégalithes dont les gravures parfois fort évoluées et nombreuses sont les témoins de l'activité artistique des hommes de la Préhistoire, l'art s'associant au sacré.

 

L’art mobilier néolithique

 

Outre de nombreux éléments ornementaux et cérémonials, l’art mobilier néolithique comprend une large gamme de formes de poteries et autres objets quotidiens. La sculpture connaît un développement précoce et original : pratiquement dans toutes les cultures néolithiques d'Europe orientale apparaissent, dès les phases anciennes, des figurines féminines de terre cuite mais aussi de pierre, supposées représenter une hypothétique « Déesse Mère » symbolisant la fertilité.

 

Vénus paléolithique

 

Les Vénus paléolithiques sont des statuettes féminines caractéristiques du Paléolithique supérieur eurasiatique, réalisées en ivoire, en pierre tendre du type stéatite, calcite, calcaire ou en terre cuite. Il en a été découvert plus de deux cents, toujours de dimensions relativement modestes, comprises entre environ 4 et 25 centimètres.

 

 

La première statuette féminine découverte fut la Vénus impudique de Laugerie-Basse, mise au jour par le marquis de Vibraye en 1864.

 

Dans les années suivantes furent mis au jour la femme au renne de Specia Laugerie-Basse, par l'abbé Landesque, et le buste minuscule de femme du Mas d'Azil, par Édouard Piette.

 

Ce dernier est également le découvreur de la Dame de Brassempouy, mise au jour en 1894. Quatre années plus tard, les statuettes de stéatite des grottes des Balzi Rossi étaient publiées par Salomon Reinach, une douzaine d'années après leur découverte par Jullien. La Vénus de Willendorf fut exhumée en 1908 d’un niveau de lœss de la vallée du Danube, en Autriche.

 

Depuis, plus de 200 sculptures féminines analogues ont été découvertes, des Pyrénées aux plaines sibériennes du Lac Baïkal. Écartant certaines pièces suspectes ou non modifiées, on retient 244 Vénus.

 

 

La plupart des Vénus paléolithiques semblent être des représentations féminines conformes à un certain nombre de conventions figuratives, voire à une stylisation ou à une schématisation. La plupart s’inscrivent dans un losange, avec deux extrémités effilées symétriques autour d’un élargissement correspondant au ventre. Il est vrai que chez certaines Vénus stéatopyges, plusieurs parties du corps sont exagérément développées :

  • Abdomen ;
  • Hanches ;
  • Seins ;
  • Fesses ;
  • Vulve ;

C'est ce qu'on appelle le privilège abdomino-pelvien.

 

Les parties périphériques ne sont souvent qu’ébauchées ou absentes :

  • Les bras ;
  • Les pieds ;

La tête est souvent réduite et dépourvue de détails anatomiques.

 

La posture des corps et la gestuelle du membre supérieur, souvent abdominale, rarement mammaire et jamais sexuelle.

 

 

  • Les Vénus du groupe pyrénéo-aquitain (82 Vénus dont les Vénus de Lespugue, de Laussel, du Mas d'Azil et la Dame de Brassempouy) ;
  • Les Vénus du groupe méditerranéen (17 Vénus dont les Vénus de Savignano et des Balzi Rossi) ;
  • Les Vénus du groupe rhéno-danubienne (60 Vénus dont les Vénus de Willendorf et de Dolní Věstonice) ;
  • Les Vénus du groupe russe (54 Vénus dont les Vénus de Kostienki en Russie et de Gagarino en Ukraine) ;
  • Les Vénus du groupe sibérien (31 Vénus dont les Vénus de Malta et Boure’) ;

Il existe une certaine relation culturelle entre tous ces gisements. Certains détails anatomiques suggérent une origine commune orientale, suivie d’une diffusion vers l’ouest. Les ressemblances tiennent moins à une culture commune, improbable sur une telle étendue spatio-temporelle, qu'à des raisons morphologiques, le corps féminin subissant d'identiques modifications sous l'influence de l'âge.

 

 

L’absence de Vénus paléolithique dans la péninsule Ibérique est curieuse.

 

 

Récemment, deux objets de pierre très anciens de  - 200 à - 300 000 ans ont été interprétés comme des tentatives de représentation féminine.

  • L’une a été découverte sur le plateau du Golan, la Vénus de Berekhat Ram ;
  • L’autre au Maroc, la Vénus de Tan-Tan ;

Toutefois, ces pièces sont au mieux très sommairement et très marginalement modifiées, au pire entièrement naturelles et fortuitement anthropomorphes.

 

Les seules statuettes féminines paléolithiques incontestables datent du Paléolithique supérieur.

 

Anciennement considérées comme aurignaciennes, elles sont aujourd’hui pour la plupart associées au Gravettien et au Magdalénien.

 

La Vénus de Galgenberg a longtemps été la plus ancienne des figurines anthropomorphes connues - 30 000 ans.

La découverte de la Vénus de Hohle Fels dans le Jura Souabe, datée entre - 35 000 & - 40 000 ans en 2008, reporte de près de 10 000 ans en arrière la date d'apparition de l'art figuratif, gravettienne jusque-là.

 

 

Les interprétations des Vénus paléolithiques sont nombreuses et parfois fantasques. En l’absence de témoignages écrits, les théories concernant un éventuel culte de la fécondité ou de la Déesse-Mère sont purement spéculatives et ne peuvent être évaluées scientifiquement.

 

Elles furent surnommées Vénus par analogie avec la déesse de la beauté de la mythologie romaine et parce que les préhistoriens du début du XXe siècle estimaient qu’elles correspondaient à un idéal de beauté préhistorique.

 

Les figurations féminines de l’art mobilier du Paléolithique supérieur n’avaient aucune utilité pratique dans le cadre des activités de subsistance. Elles ont le plus souvent été découvertes dans le cadre d’habitat, en plein air comme en grotte, plutôt que dans des sépultures. À Gagarino en Russie, sept Vénus ont été découvertes à l’intérieur d’une cabane ovale de plus de cinq mètres de large. Elles ont été interprétées comme des amulettes apotropaïques correspondant aux occupants du lieu. À Malta, près du lac Baïkal, les figurines n’étaient présentes que du côté gauche de la hutte.

 

Les Vénus n’étaient donc probablement pas des amulettes cachées ou secrètes, mais plutôt exposées à la vue de tous, ce qui expliquerait leur grande diffusion géographique. Certaines statuettes sont porteuses d'une perforation, permettant de les porter en pendeloque (Femme au cou perforé de Grimaldi), voire d'un anneau de suspension (Vénus de Hohle Fels) avec traces d'usure, prouvant qu'elles ont été portées.

 

Certaines statuettes sont très schématiques, et de sexe difficile à préciser. On a parlé à leur propos d'indéterminés sexuels, mais aussi de poupées. Ce pourrait être le cas :

  • De la Fillette, de l'Ébauche de poupée (gravettiennes) ;
  • De la Navette ;
  • De la Pendeloque et du Stylet (magdaléniens) ;
  • De Brassempouy ;
  • Du Stylet magdalénien de Fontalès ;

Cette hypothèse est renforcée par une découverte faite à Brassempouy, dans un horizon périgordien V, contemporain des Vénus, de deux objets en étroite association, une épiphyse de bovidé fendue en deux et abritant dans sa concavité un fragment d'os long ayant la forme d'une silhouette humaine, interprété comme l'évocation d'un berceau et d'une poupée.

 

Les figurines féminines en forme de losange ont été sculptées par les femmes elles-mêmes au moment où elles étaient enceintes. Elles se seraient représentées telles qu'elles se percevaient en baissant la tête, évidemment sans miroir. Ce qu'elles voyaient de plus gros, tout d'abord, c'était leur poitrine qui occultait presque entièrement le reste du corps ; puis le ventre et les hanches qui dépassaient un peu ; et enfin des jambes très courtes. Cette auto-vision de leurs corps explique également que la taille de la tête et des bras soit réduite.

 

Vénus de Lespugue

Vénus de Savignano

Vénus de Dolní Věstonice

Vénus de Bouret

Vénus de Vogelherd

Vénus de Parabita