Festives de Sabbat

Réalisation Belfégor


Outre les rituels particuliers et propres à chacune des célébrations de sabbat, qui se verront traités en d’autres dossiers, des rites plus festifs (même s’ils restent importants et incontournables) viennent émailler la suite de la célébration sabbatique. 

 

La Spirale danse

 

Issue des anciens rites cérémoniaux tel que :

 

Chez les Amérindiens, les danses traditionnelles racontent leurs légendes et leurs croyances. Quand les guerriers revenaient à leurs villages pour raconter en dansant l'histoire de leurs combats, et où les chasseurs mimaient la poursuite du gibier après une chasse fructueuse. Les costumes des danseurs sont souvent décorés de perles ou de piquants de porc-épic et comprennent une queue décorative en plumes d'aigle. Les danseurs peuvent aussi porter des objets symbolisant leur qualité de guerriers, tels que des boucliers, des armes, des bâtons ou des roues-médecines, qui leur rappellent l'exercice de la sagesse dans les quatre directions, l'unité et le cycle des choses. Ils sont jugés à leurs aptitudes à suivre la mesure, à garder le rythme du tambour et à s'arrêter avec la musique, les deux pieds au sol.

 

On retrouve en ces danses plus particulièrement : 

  • Danse de l’herbe ;
  • Danse des esprits ;
  • Danse de la pluie ;

En Afrique, toutes les tribus, de tous temps pratiquent plusieurs sortes de danses. Ces danses ont toutes un contexte géographique, historique et social différent. Elles servent à exprimer chaque étape dans la vie d'un homme africain. Elles sont pratiquées par des hommes, des femmes ou même des enfants qui dansent au rythme, le plus souvent de percussions. Traditionnellement, ces danses sont effectuées lors des mariages, des fêtes, etc. Elles sont un moyen d'expression c'est-à-dire qu'elles servent à exprimer des émotions car le corps entier est suscité. Il faut donc beaucoup d’énergie. Les ethno chorégraphes et les folkloristes distinguent plusieurs angles d'analyse des danses traditionnelles :

  • L’analyse fonctionnelle examine le contenu de la danse, sa fonction et son rôle dans la société.
  • L’analyse musicale étudie les données rythmiques, le tempo, les accents de la musique et des appuis.
  • L’analyse morphologique étudie les règles de construction, les rapports entre la musique et la danse, les composantes du mouvement, sa dynamique, l'occupation spatiale de la danse et des danseurs.
  • L’analyse structurelle étudie les éléments cinétiques qui composent une danse, une figure, une suite de pas, un pas. Elle tente de décomposer une danse en unités indivisibles, comme le phonème en linguistique.

Plus avant, dans la lointaine préhistoire, l’homme a toujours évoqué ses sentiments et ressentiments, ses affects et certitudes au travers de son percutés et par des mouvements rythmiques. De là à nommer cela danse serait sans doute présomptueux, mais s’en avoisine étrangement.

 

C’est ainsi que la spirale dance prend toute sa place en la célébration. Vestige d’un lointain passé où la nécessité d’évoquer ses doutes et ces certitudes s’exprime tant au travers des sons bruts (percussions) que des expressions corporelles. De plus, dans le concept même de la Spirale danse (en son cheminement de pas) se retrouve la course des astres et des constellations. Cette constante inversion des sens (rotations) et des sens (ressentis).

 

Dans le concept de la danse de la poursuite, c’est au travers des mots et des symboles que se place l’importance. Puisqu’elle permet de préfigurer un poursuivit (qui fuit certains aspects de la vie présente (fondé sur le thématique des temps du sabbat) en expliquant à la fois ses craintes et ses espérances). Lui fait écho, son prédateur (idéalisé) qui ne le poursuit plus pour l’exterminer mais pour le conduire au-delà de ses craintes vers ses plus vives espérances. Reflétant, peut-être aussi que le prédateur a besoin de ses proies pour s’en nourrir et que la crainte n’évite nullement les dangers, que la solution à la vie, passe aussi parfois par la mort pour une plus vaillante renaissance.

 

Cette activité peut tout aussi bien se réaliser en des chants, en des textes composés, ou en des danses effrénées où chaque participants en chantant ou énonçant son texte, mime l’animal, tantôt poursuivant, tantôt poursuivi …

 

Les Cantiques

 

Si l'on s'en réfère à la culture chrétienne (que l'on retrouve tout autant dans les traditions Juives et Musulmanes) un cantique est un chant donné à la louange d'un sentiment. Son nom provient du latin canticum qui signifie chant. Le terme recouvre donc tous les chants dans la bible, à l'exception des psaumes (qui seront les poèmes) qui y forment un livre à eux seuls. Aussi le cantique se distingue-t-il notamment de l'hymne ayant la même fonction, mais qui est un texte non biblique, et composé plus récemment.

 

L'origine du cantique est cependant plus ancienne que celle du psaume. Le cantique de Moïse après le passage de la mer Rouge (Bible Segond 1910/Exode (complet) 15,1), chanté ou récité au vigile pascale, est de nos jours considéré en tant que prototype du psaume. Il s'agit du Te Deum hébreuz.

 

Dans la tradition chrétienne, le cantique le plus solennel et le plus connu est le cantique Magnificat. Au regard des textes, ceux du Livre d'Isaïe sont surtout importants dans le contexte liturgiquea.

 

 

L'origine du mot latin canticum est celui de cantus, qui signifie simplement un chant. Le terme canticum était particulièrement employé pour la partie d'une comédie ainsi qu'un chant religieux.

 

L'usage dans la langue française apparut vers 1130 avec cantike au sens de chant d'action de grâces. En tant que titre d'un livre de la bible, le Cantique des Cantiques est employé dès 1614 selon les premiers mots de texte, au lieu de la traduction du mot hébraïque le grand poème ou le chant suprême.

 

Le cantique peut signifier également chant en langue vulgaire chanté dans les offices religieux. Ainsi, le jeune compositeur Gabriel Fauré sélectionna le titre Cantique de Jean Racine en 1865, pour une hymne dans le bréviaire et traduite en français par Jean Racine au XVIIe siècle. De même, une hymne célèbre de saint François d'Assise est intitulée le Cantique de frère soleil en raison de son texte italien, plus précisément ombrien.

 

Par ailleurs, à partir de 1532, on l'emploie parfois comme titre de poèmes exaltant une chose ou une personne, par métaphore. Donc aujourd'hui, le mot cantique est utilisé pour les œuvres dans plusieurs genres littéraires. Par exemple, Victor Hugo écrivit un poème le Cantique de Bethphagé. Plus récemment, Arto Paasilinna donna à l'un de ses romans, le Cantique de l'Apocalypse joyeuse. Alors, le cantique s'accompagne toujours d'un sentiment de joie, notamment celle de la foi, mais sauf ceux du Carême, textes concernant Ézéchiel et Jérémie.

 

L'ambiguïté reste même dans le domaine de la musique. Au XVIIe siècle, Marc-Antoine Charpentier composa un certain nombre de cantiques. Cependant, il y a peu de cantiques propres. Ses cantica sont essentiellement synonyme de motet ou d'oratoriob.

 

Ceci démontrant que les chants, les odes, les vocalises se tournant vers la Nature, les Eléments, les Divinités ont toujours existé, même si les Eglise monothéistes les ont codifiés et réglementés. 

 

Ainsi est-il plus que normal en ces célébrations anciennes et traditionnelles d'utiliser le chant pour exprimer ses dédicaces, ses remerciements et sa joie envers les forces, qu'elles soient élémentaires, telluriques ou cosmiques.

 

Les poèmes

 

L'art poétique est en général un ensemble de règles dont la finalité serait de produire la beauté, dans une œuvre d'art, principalement dans les ouvrages littéraires, particulièrement en poésie. On appelle également, par métonymie, les ouvrages formulant de tels ensembles de règles des arts poétiques. La Poétique d'Aristote, L'Art poétique d'Horace et L'Art poétique de Boileau, sont de célèbres exemples d'arts poétiques.

 

 

Histoire des arts poétiques

 

Du Moyen Âge à l'époque dite « classique », la poésie a toujours été soumise à un art de dire qui avait pour objet de trouver le beau mesuré selon la rigueur de la soumission à la règle poétique, mais aussi à la règle sociale. C'est la grande époque des arts poétiques. Le poète fut tour à tour le protégé du seigneur, du prince ou du roi.

 

Quelques auteurs d'arts poétiques (en latin uniquement) au Moyen Âge :

  • Bède le Vénérable Ars metrica ;
  • Mathieu de Vendôme ;
  • Geoffroy de Vinsauf ;
  • Jean de Garlande ;

Au XVIIIe siècle, l'art poétique est concurrencé par les réflexions sur l'esthétique. Cette mutation se fait sous l'influence d'un changement de perspective dans la réflexion sur les arts qui, au lieu de se concentrer sur la production des œuvres, en considère également la réception par un être humain doué autant de rationalité que de sensibilité. L'abbé Jean-Baptiste Dubos, avec ses Réflexions critiques sur la peinture et la poésie de 1719 est un représentant de cette tendance. L'abbé Charles Batteux est l'auteur d'un traité sur Les Beaux-arts réduits à un même principe, de 1746, qui définit comme principe commun à tous les beaux-arts l'imitation de la belle nature, mais concède à chaque art des moyens spécifiques d'imiter. Cependant, l'intérêt pour les arts poétiques de l'âge classique persiste, même s'il doit être considéré comme quelque peu retardataire. Cela se manifeste par exemple dans ce que Géraud Valet de Réganhac publia une traduction en prose et en vers français de l'Art poétique d'Horace et dans la traduction et publication, par l'abbé Charles Batteux, d'un ensemble de quatre poétiques classiques : Les Quatre Poétiques d'Aristote, d'Horace, de Vida, de Despréaux (1771). La publication de L'Essai sur le récit, en 1776, de Bérardier de Bataut relève de ce même intérêt tardif pour les poétiques classiques.

 

Les bouleversements politiques et sociaux qui eurent lieu à la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, l'avènement de la société industrielle ont suscité une mise en question radicale de l'homme, qui éprouva soudain un doute vis-à-vis du monde et de lui-même. Le principe de l'unité éclata et la poésie rendit compte de cet éclatement. Les romantiques ont lancé le premier cri d'alarme pour dénoncer la contrainte d'un art qui ne pouvait plus satisfaire l'expression de la multiplicité des apparences découvertes. Mais ils restèrent encore soumis à la loi du vers, au régime du genre.

 

Dans la seconde partie du XIXe siècle, un phénomène nouveau se fait jour, le vers régulier disparaît. Lautréamont, qui se dit à la recherche d'une « poétique future », donne une œuvre inclassable qu'il intitule Chants. Paul Verlaine publie un poème intitulé « Art poétique » dans le recueil Jadis et Naguère (1884). Rimbaud écrit une série de textes qu'il rassemble sous le titre de Une saison en enfer. C'est tout à la fois un poème, une confession, une contestation, une réflexion, une critique. Désormais, les poètes ne recherchent plus les thèmes dits « poétiques » (l'amour, la mer, la mort, etc.) ou bien encore à correspondre à une règle formelle. « Il faut être absolument moderne », déclare Rimbaud. Un demi-siècle plus tôt, Charles Baudelaire, qu'on peut considérer comme leur précurseur, réfléchissait déjà sur cet art poétique nouveau, dont il aura été l'un des premiers théoriciens : « La modernité c'est le transitoire, le fugitif, le contingent ». D'une part, le laid peut être beau et tout devient passible de poésie. D'autre part, le poète n'est plus rivé à un savoir-faire immuable ; il est tout à la fois producteur et produit du monde qui l'entoure.

 

Le XXe siècle poétique va principalement se construire sur cette donnée. « Écrire, c'est plus que connaître analytiquement : c'est refaire », peut avancer Francis Ponge. Le poète s'efforce de trouver un « langage qui coupe la respiration, qui racle, raille, tranche. Une armée de sabres. Un langage de lames exactes poignards infatigables, éclatants, méthodiques » (Octavio Paz). Pour l'acquérir, il reconsidère en premier lieu les mots. Il ne peut, en effet, promouvoir un monde nouveau avec des mots usés qui ont perdu toute signification. Le sens premier de ces mots doit être retrouvé pour produire ce que Pierre Reverdy appelle un effet effervescent, provoquant sur le lecteur un choc. Le poète doit oublier le sens commun déformé par l'usage pour retrouver celui qui s'écarte le moins possible de ce qu'il nomme.

 

 

Vers les images

 

Mais le poète n'est pas toujours attaché à la difficulté d'écrire. Il la résout dans l'oubli des mots, qui alors se forment et s'assemblent d'eux-mêmes ; ils produisent des images dans lesquelles ils proposent une réalité jamais vue, toutes les combinaisons étant possibles depuis que Lautréamont a pu dire : « Beau comme la rencontre fortuite, sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie ». Dans l'image, il n'est plus de contraintes ; la liberté peut s'exercer sans entraves.

 

 

Pour André Breton, l'écriture automatique (dictée intérieure, automatisme de l'inconscient) reste une exigence : elle doit fonctionner comme machine de guerre contre l'esthétique bourgeoise, contre le travail volontaire et réglé du poète. Au cours de l'évolution historique du mouvement surréaliste, certains (Louis Aragon, Paul Éluard), nostalgiques des formes traditionnelles du travail poétique, se sont écartés de la pratique stricte de l'écriture automatique.

 

Dans le monde occidental, l'art poétique a connu une évolution semblable à celle de la peinture. Jusqu'au XIXe siècle, la fonction de la peinture était principalement de représenter le monde, en conformité avec la théorie de la mimésis, inspirée d'Aristote. L'invention de la photographie a retiré à la peinture son rôle utilitaire. Les peintres abandonnent alors peu à peu la référence à une réalité extérieure : les impressionnistes décomposent la lumière ; les cubistes déconstruisent l'espace ; les abstraits représentent l'acte même de peindre, faisant de la peinture le seul sujet. Ainsi de la poésie : à l'époque romantique, elle cesse peu à peu de chercher son but ailleurs qu'en elle-même jusqu'à devenir poésie pure. Dès lors, elle n'a plus d'autre visée que celle de constituer un langage poétique. Paul Valéry, en commentant le travail de Stéphane Mallarmé, explique cette évolution : « Il avait compris de fort bonne heure que le Fait poétique n'est autre que le langage même, et se confond avec lui …» .

 

Est-il utile de venir repréciser que tant les poèmes que les représentations figuratives orales (comédies, contes, histoires) font partie du narratif ancestral. Depuis la nuit des temps l'on conte, raconte, images et poétise sur ce qui nous entoure, ce qui nous anime, nous fait vivre.

 

C'est ainsi, et souhaitons que cela le reste encore longtemps ...

La Collation de Sabbat

 

La collation de sabbat peut tout aussi bien, cela reste du choix des célébrants s’effectuer dans le cercle cérémonial, en extérieur neutre, en un second cercle, plus poreux et sensible aux énergies externes.

 

Durant ces instants de restauration, qu’ils soient frugaux ou plus gargantuesques ce sera l’occasion de multiples actions, non sans un sens cérémonial.

 

L’occasion, en premier lieu de restaurer (corps et esprit) des fatigues et des éventuelles dépressions dues aux émanations vibratoires et cosmiques reçues durant la célébration sabbatique.

 

Ce sera aussi, la notion de convivialité que symbolise le partage, ne serait-ce que du coup de l’étrier marquant le vieil adage : « Il n’est de bonne compagnie qui ne se quittent ». Laissant ainsi le temps au temps de dissoudre doucement la fratrie.

 

C’est aussi l’occasion de poursuivre les réflexions sur les temps de sabbat, en des cantiques (chantés ou récités) qui se verront commentés, ritualisés ou joués. La poésie, de chacun et de tous prendra sa place, en laissant s’exprimer chacun en ses intuitions et ressentis personnels sur le temps accomplit du sabbat.

 

Enfin, ce sera la faculté de poursuivre la course du temps jusqu’en son éveil … En accompagnant le père solaire en sa course, en restant présent à son retour.